Plutarque, 68. Appien, II
5. Florus (II, 13, 71) dit par erreur que Caton se tua vers le commencement de la nuit, « circa primam vigiliam ».
deux de ses affranchis, gens de confiance. Il charge l'un, Boutas, d'aller au rivage et de s'assurer si tout le monde est parti. Il se fait panser la main par l'autre, qui est médecin. Boulas rentre bientôt : il annonce que tous sont partis, mais qu'en mer, le vent souffle en tempête. Caton soupire et renvoie Boutas voir si quelqu'un, revenu du large, a besoin d'aide. Il se rendort jusqu'au retour de l'affranchi, qui lui apporte la nouvelle que tout est calme autour des ports. Il lui ordonne de fermer la porte en se retirant.
Il prend son épée et se l'enfonce au haut du ventre*, mais la blessure de sa main affaiblit le coup. Il tombe de son lit et fait du bruit en renversant un objet^. A l'appel de ses esclaves, restés devant la porte, son fils et ses amis se précipitent dans la chambre. Un médecin rentre les entrailles et s'apprête à recoudre la plaie. Reprenant alors connaissance, Caton le repousse, rouvre la blessure et expire ^
La nouvelle se répand aussitôt. Tous accourent, membres du conseil des Trois-Cents et autres Romains, magistrats et peuple d'Utique. On fit à Caton de belles funérailles'', « à cause, dit le compagnon de César % de l'honnêteté singulière par laquelle il se distinguait tant des autres chefs de son parti ». On l'ensevelit sur le rivage. Au-dessus de sa tombe, fut dressée plus tard sa statue, qui le représentait tenant une épée ^ Celte mort
1. Selon Florus {l. c), Caton se serait frappé plusieurs fois de son épée. C'est évidemment une erreur.
2. D'après Appien (II, 99), il poussa un gémissement et donna ainsi l'éveil aux gens qui étaient devant la porte.
3. Plutarqup, 70. Voir aussi B. A., LXXXVIII, 4. Variante dans Appien (II, 99) : Caton revient à lui, après que des médecins ont recousu et bandé la plaie. Il les remercie et dit qu'il a besoin de dormir. On le laisse seul, et c'est alors qu'il arrache le pansement, rouvre la blessure et meurt. Môme version dans Florus yll, 13, 72) et dans Dion (XLIII, 11, 4-5), qui ne l'a probablement pas empruntée à Tite-Live, car on lit dans l'abrégé de l'historien latin {l. CXIV) : « inler ipsam curationem rescisso vulnere exspiravit ».
4. Plutarque, 71. B. A., LXXXVIII, 5. Dion, XLIII, 11, 6. Appien, II, 99.