‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 4)Chapitre 177 sur 357 · Plutarque · texte numérisé non relu

Plutarque

valut à Utique plus de renommée qu'un passé historique de dix siècles*, et Gaton devint pour la postérité Caton d'Utique^. On fut d'accord pour juger qu'il était sorti de la vie d'une manière glorieuse \ Cicéron écrivit son éloge, qui eut un grand retentissement^ et qui fut suivi d'autres apologies^.

César aurait voulu s'emparer de Caton et, sans doute, il aurait eu l'habileté, plus encore que la générosité, de lui faire g^râce. En apprenant ce suicide, tandis qu'il se hâtait vers Utique, il se serait écrié : « Caton, j'envie ta mort, car tu m'as envié de te sauver la vie^! » Mot qui a tout l'air d'avoir été forgé après coup, mais qui exprime peut-être un sentiment vrai. En tout cas, le dictateur fit grâce au fils de Caton et lui laissa la fortune paternelle'. Cependant, quelques mois plus tard, quand le panégyrique composé par Cicéron eut paru, il s'en montra fort irrité. Alors en Espagne, où il combattait les derniers Pompéiens, il chargea son lieutenant Hirtius de faire une première réponse^; puis lui-même écrivit un Anticato, en ■deux livres^, pamphlet des plus violents. Il ne réussit pas à

1. Pomponius Mêla, I, 34 : « Utica ... fato Catonis insignis ». Pline l'Ancien, V, 24 : « Utica ... Catonis morte nobilis ».

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