Dion, XLIII
132 JULES CÉSAIl ET L'AFHIQUE.
leur vie de cette manière fastueuse'. IMais les gens de Zama ne se souciaient pas de jouer le rôle que Juba leur réservait.
Il attendit longtemps devant les portes; ses menaces, puis ses prières furent vaines. Il finit par demander qu'on lui rendît au moins ses femmes et ses enfants, pour qu'il pût les emmener, mais il n'obtint pas même une réponse. Il s'éloigna et se rendit dans une de ses fermes, avec Pétréius et quelques cavaliers^.
Aucune autre de ses villes ne se montrait disposée à le recevoir. Il jugea, et Pétréius Jugea aussi, qu'il était temps de mourir. La légende veut qu'ils aient pris congé de la vie après un magnifique repas ^; il est peu probable que, là oii ils se trouvaient, ils eussent pu s'accorder cette satisfaction suprême. Mais il est sans doute exact qu'ils décidèrent de se battre en duel et de s'entre-tuer : au temps de Sylla, Marins le Jeune et Pontius Télésinus avaient, dit-on, déjà fait choix de ce mode de suicide'. Les récits diffèrent sur la manière dont les choses se passèrent pour Juba et Pétréius \ Selon la version la plus vraisemblable, l'un des deux combattants, — on ne sait si ce fut le Romain ou le Numide, — tua sans peine l'autre, qui était moins vigoureux; le survivant chercha ensuite à se percer de son épée, mais, n'y réussissant pas, se fit donner la mort par un esclave, qui consentit à lui rendre ce service".
Après avoir refusé d'accueillir leur souverain, les habitants
1. Saracus, Crésus, sans parler de la légende de Surdanapale.