‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 4)Chapitre 196 sur 357 · Y compris le territoire de Girla · texte numérisé non relu

Y compris le territoire de Girla

2. Voir deux documents qui dérivent de cette carte : 1° Dimensuratio provinciarum. 26, dans Riese, Geogr. Lat. min., p. 13 : • Africa Garthag[iniensis], Numidia flniuntur ab oriente Syrti minore » ; 2° Divisio orbis lerrarum, 25, dans Riese, p. 19 : même indication. Se servant aussi de la carte d'Agrippa, Pline l'Ancien écrit (V, 25) : • ... Syrtim minorera, ad quam Numidiae et Africae ab Ampsaga longitude DLXXX. ■ La petite Syrte est indiquée comme limite occidentale de la Gyrénaique dans la Dimensuratio (27) et par Pline (V, 38), quoique celui-ci brouille les choses dans un autre passage (V, 2.t). Gomme l'a vu Rarthel {Hôm. Limitation in der Provint Africa, p. 123), il s'agit de l'entrée septentrionale de la petite Syrte, en face des lies Kerkenna, et non de l'entrée méridionale, en face de Djerba. La longueur marquée sur la carte d'Agrippa pour les côtes de la Numidia et de VAfrica, entre l'Ampsaga et la petite Syrie, était de 580 milles (Pline, V, 2^; Divisio orbis, l. c; la Dimensuraa'o donne 480 milles). Cette mesure (=858 kilomètres) est presque exacte, si on la compte de l'oued el Kebir (Ampsaga) à l'entrée septentrionale du golfe de Gabès; elle serait beaucoup trop faible si on y comprenait le pourtour du golfe.

3. Ge fossé se terminait tout près de Thaenae, et c'est précisément à Thaenae qu'on plaçait l'entrée de la petite Syrte : Strabon, XVII, 3, 16; Ptolémée, IV, 3, 3, p. 624. édit. Muller.

4. Voir une hypothèse à ce sujet, infra, p. 214. — En l'an 20 av. J.-C., le proconsul Gornélius Balbus fit contre les Garamantes une expédition (Pline, V, 36- 37) qui eût été impossible s'il n'eût pas disposé des ports de la région des Syrtes.

RÈGLEMENT DES AKFAIKES D'APRIQUE. 165

elle appartint pendant un temps plus ou moins long sous le règne d'Auguste. Mais il est certain qu'elle fut de nouveau jointe à VAfrica^ à VAfrica unifiée, avant la mort de ce prince*, peut-être vers l'an 6 de notre ère ^, et qu'elle le fut d'une manière définitive; les Autels des Philènes redevinrent ce qu'ils avaient été pendant des siècles ^ : la limite occidentale de la Cyrénaïque^ Il était, du reste, déraisonnable de rattacher le Sud de la Tunisie au plateau de Barca et il n'était nullement nécessaire d'y rattacher la Tripolitaine. Le gouvernement

On serait tenté d'en conclure que cette région faisait alors partie de la province d'Afrique, dont Balbus aurait été gouverneur. Mais on peut supposer aussi que le gouverneur de la Cyrénaique, ancien préteur, fut subordonné au gouverneur de l'Afrique, ancien consul : ce qui aurait permis à celui-ci d'agir en toute liberté dans une province qui n'aurait pas été la sienne. On pourrait encore se demander si, par excfption, Balbus ne reçut pas à la fois les deux provinces d'Afrique et de Cyrénaique. Ou même s'il ne fut pas seulement proconsul de la Cyrénaique, province qui aurait été confiée extraordinairement à un consulaire. En tout cas, c'est à la description de la Cyrénaique que Pline rattache son récit de l'expédition de Balbus, et c'est de la Cyrénaique que l'on compta la distance jusqu'au pays des Garamantes, visité par ce proconsul (Pline, V. 38, et VI, 209). En 2 de notre ère, quelques années après l'achèvement de la carte d'Agrippa, la région des Syrtes était vraisemblablement encore rattachée à la Cyrénaique, quand l'ancien consul Sulpicius Quirinius fut chargé d'un commandement militaire dans cette province et vainquit, d'une part, lesMarmarides (entre la Cyrénaique et l'Égyple), d'autre part, les Garamantes (au Sud de la Tripolitaine) : Florus, II, 31 ; inscription récemment découverte à Cyrène et signalée par M. Ferri, dans la Rivista délia Tripolilania, II, 1925-6, p. 366.

i. En 14, année de la mort d'Auguste, le proconsul d'Afrique fit établir une route reliant Tacapes (Gabès) au camp de la légion qu'il commandait : C. I. L., VIII, 10023; Bull, archéol. du Comité, 1899, p. 547; etc. Une inscription néopunique, trouvée en un lieu voisin de Leptis la Grande, atteste que le proconsul d'Afrique exerçait, vers le même temps, son autorité dans Celte région : Bépert. d'épig. sémit., II, 662.

2. V. infra, p. 229. Ce serait alors qu'aurait été entreprise la mensuration de la contrée dont César avait fait VAfrica nova : une des deux lignes maîtresses aboutissait au fond du golfe de Gabès (voir t. VII, p. 15), preuve que le littoral de la petite Syrie n'appartenait pas en ce temps à la Cyrénaique; l'autre ligne maîtresse passait par le camp d'Ammtedara {ibid., p. 16), créé très probablement à une époque assez avancée du règne d'Auguste, pour surveiller les Gétules. WAfrica s'étendait sans doute jusqu'aux Autels des Philènes (voir Pline, Y, 28 et 29) à l'époque où fut rédigé, sous Auguste, et un certain temps avant la fin du règne, un document administratif que Pline l'Ancien a copié (u. infra, p. 168, n. 6).

4. Voir Ptolemée, IV, 3, 4, et IV, 4. 1 (p. 634 et 664, édit. Muller); Table de Peutinger. Paul Orose, Adv. pagan., I, 22, 88 et 90.

romain le comprit et renonça à une erreur qui n'était pas croyons-nous, imputable à César.

Nous ignorons où fut établi le chef-lieu de VAfrica nova : peut-être àZama*, peut-être à Thugga^. En 43, trois légions de vétérans se trouvaient dans la province; elles avaient servi sous César', qui les y avait probablement laissées en 46 : une armée assez forte paraissait nécessaire pour assurer l'ordre parmi les Numides et pour empêcher les pilleries des Gétules.

Les impôts que Juba tirait de ses sujets furent naturellement maintenus, et, semble-t-il, affermés par le dictateur lui-même lors de son court séjour à Zama*. Nous ne savons si une quantité fixe de 1 200000 boisseaux de blé, que cette conquête valut annuellement au peuple romain, représentait des impôts, ou bien des revenus d'anciens domaines royaux^ Autant qu'on en peut juger, les indigènes ne gagnèrent rien à changer de maîtres. Pendant l'année de son gouvernement, Salluste commit les exactions les plus scandaleuses^, et César, loin de lui en tenir rigueur, empêcha ses victimes de le poursuivre en justice; on prétendit même que, pour prix d'une intervention si efficace, il reçut du coupable une forte sommet

Les rois avaient sans doute possédé des propriétés foncières très étendues; elles durent être confisquées après la défaite de Juba. L'annexion de la Numidie aurait donc procuré au peuple romain un vaste domaine, qui aurait été ensuite aliéné. Ainsi se seraient constitués, au profit de sénateurs ou de chevaliers.

1. Gonf. t. VII, p. 126 et 197, n. 8. César ne pouvait qu'être bien disposé pour la capitale du royaume numide, qui s'était soumise à lui avec empressement. Il n'est pas sur qu'elle ait été détruite six ans plus tard, en 40; voir t. V, p. 2b9, n. 6.

2. Un passage de Dion (XLVIII, 21, 3) pourrait permettre de supposer que Sextius, gouverneur de VAfrica nova, résidait à Thugga en l'année 42.

3. Appien, Bell, civ., III, 85. Plancus, apud Gicéron, Ad fam., X, 24, 4.

4. B. A., XGVII, 1, en lisant, avec Schneider : « tributis vectigalibusque regiis locatis ». Gonf. t. V, p. 153, n. 2.

Page 1