‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 4)Chapitre 24 sur 357 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

,3. Frontin, Slralag., II, 5, 40 : « Curio, dum tainquam fugientem Sabboram l'egium praefeclum persequitur, pervenit in patentes campos. » Lucain, IV, 741-3 :

Cum procul c summis conspecti collibus hostes Fraude sua cessore parum, dum, colle relicto, Eflusam patulis aciem committeret arvis.

4. B. c, 40, 3. Gonf. Lucain, l. c. Appien (II, 45) commet ici des erreurs, probablement parce qu'il brouille des faits se rapportant, d'une part, à la marche des Romains, d'autre part, à la bataille. Il dit que Curion, s'étant avancé, trouva le

(24 kilomètres) depuis les Castra Cornelia, il doit s'arrêter, -afin de donner quelque repos aux siens *. Il est dans la plaine, large de 5-6 kilomètres, qui s'étend entre la îMedjerda et les collines de Chaouat, au Nord-Est du lieu appelé aujourd'hui Djedeïda-.

Alors Saburra range sa petite armée en bataille. Il n'engage pourtant que la cavalerie. Les soldats de Curion, quoique fatigués, se montrent disposés à faire leur devoir. 31ais les cavaliers ne sont plus que deux cents. Partout où ils chargent, ils font reculer les assaillants; malheureusement, ils ne sont pas capables de les poursuivre, leurs montures étant trop lasses pour donner l'effort nécessaire. La cavalerie ennemie commence à envelopper les Césariens. Quand, pour essayer de rompre ce cercle, des cohortes se détachent du gros des troupes et se portent en avant, les Numides esquivent rapidement leur attaque, puis ils se reforment et viennent les cerner.

Ils ne cessent de recevoir des renforts, envoyés par Juba, tandis que les Romains s'épuisent. Curion, voyant que les siens, affolés, n'écoutent plus ni ordres, ni prières, juge que l'unique chance de salut est de se réfugier sur des collines voisines (celles de Chaouat'). Mais la cavalerie de Sciburra occupe avant lui ces hauteurs.

Tout est désormais perdu. Les uns s'enfuient et se font tuer par les Numides qui les rejoignent; les autres tombent à leur rang. Le commandant de la cavalerie propose au général de s'échapper, avec quelques hommes qui les entourent encore. Mais Curion répond qu'il n'oserait jamais reparaître devant César, après avoir perdu l'armée que celui-ci lui a confiée. Il

fleuve occupé par Saburra et Juba, et que, déçu, il gagna des collines; il en redescendit ensuite, puis, pendant la bataille, il s'y retira de nouveau.

2. La Blanchère, Bull, archéol. da Comilé, 1887, p. 444. Veith, /. c, p. 738, 741 et pi. 16.

3. Et non celles par lesquelles Curion était venu des Castra Cornelia et dont, alors, il était loin. Voir, là-dessus, Veith, p. 739; conf. Holmes, p. 428.

L'APUIQUE aux pompéiens. 23

meurt en combattant'. Caninius Rébilus, Asinius Pollion - et très peu de cavaliers réussirent à se tirer d'affaire; d'autres, que l'état de leurs montures avait contraints de s'arrêter en chemin, virent le désastre de loin et retournèrent au camp. De l'infanterie, il ne resta pas un seul homme \ La tête de Curion fut coupée et apportée à Juba*; son corps demeura sans sépulture °.

Le questeur Marcius Rufus, auquel avait été confiée la garde des Castra Cornelia, exhorta les soldats à ne pas se laisser aller au désespoir. Mais tous demandent à grands cris qu'on les embarque et qu'on les ramène en Sicile. Rufus le leur promet et ordonne aux patrons des navires de se tenir prêts pour le commencement de la nuif^. La panique est si grande que toutes les fausses nouvelles trouvent créance : les troupes de Juba approchent, Varus accourt avec ses légions et certains voient même le nuage de poussière qu'elles soulèvent, la flotte ennemie va paraître! Chacun ne pense qu'à son salut. Les vaisseaux de guerre ' se hâtent de prendre le large : ce qui est d'un fâcheux exemple pour les navires marchands. A l'heure fixée, il ne s'en détache qu'un petit nombre de barques. Plusieurs, prises d'assaut par la foule qui se presse sur le rivage,

1. Récit de cette bataille dans B. c, 41-42. Voir aussi Dion, XLI, 42, 3-4; Lucain, IV, 744 et suiv. ; Appien, II, 45. Courtes mentions dans Tite-Live, Epit. l. GX; Frontin, Stratag., II, 5, 40; Scholia Bobiensia in Ciceronein, édit. Hildebrandt, p. 20.

2. Ils revinrent plus lard en Afrique, avec César. — Appien (II, 45) raconte que, quand Asinius Pollion vit que les choses tournaient fort mal, il s'enfuit avec quelques hommes au camp romain [qu'Appien croit avoir été auprès d'Utique]; il voulait empêcher que Varus, apprenant la défaite des Gésariens, n'attaquât ce camp. .\près lui, personne n'y serait retourné. Récit qui ressemble fort à un essai de justification personnelle de Pollion.

3. B. c, 42, 5. Il n'y eut donc pas lieu à poursuite, quoi qu'en dise Dion, XLI, 42, 4.

4. Appien, II, 45. Juba ne semble pas avoir pris part à la bataille, où Dion (/. c.) le fait intervenir.

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