C. /. L., VIII
Des inscriptions mentionnent ses gardes du corps ; d'autres sont des épitaphes de gens de sa domesticité', qui ..'evait être très nombreuse, comme le fut celle de son fils PtoléIJ.3e^ Amateur de spectacles, il avait à son service des acteu'-s et des actrices ^, avec leurs habilleuses " ; il engagea un certain Leonteus d'Argos pour jouer la tragédie ^ Il eut comme médecin Euphorbos, frère de l'affranchi Antonius Musa, qui sauva Auguste d'une maladie fort grave; ces deux Grecs se rendirent célèbres pour avoir introduit l'usage de la douche froide après le bain chaud \
La cour de Juba offrait certainement un aspect très cosmopolite. Lui-même était l'héritier ou le disciple des civilisations les plus diverses : numide par sa naissance, punique par la force d'attraction que, pendant des siècles, Carthage avait exercée sur sa race, romain par ses années d'enfance et de jeunesse passées dans la capitale du monde, parles attaches d'intérêt et de reconnaissance qui le liaient à Auguste, grec par son éducation et ses goûts artistiques et littéraires, égyptien grécisé par son mariage.
Il ne renia ni ses ancêtres, ni son pays natal. La colonie de Carthagène, qui élut duumvir ce citoyen romain, pensa lui être agréable en énumérant ses ascendants, jusqu'à Masinissa, sur
1. Stèle funéraire trouvée à Cherchel en 1927 : « lacentus [= Hyacinthus], corpore qustos (sic). » C. I. L., VIII, 21068 : « Grestus, décurie corpor(e) c(ustodum) », d'après l'interprétation de Mowat, que confirme la stèle précédente (conf. Bang, dans Klio, XI, 11)11, p. 497-8). Les deux inscriptions ne sont pas datées. Mais l'aspect des pierres, le style des images qui y sont tracées, la forme des lettres permettent de les attribuer approximativement aux environs de notre ère. D'ailleurs, ces gardes du corps ne peuvent avoir été qu'au service d'un roi, Juba II ou Ptoléraée (conf., pour Juba I", César, Bell, civ., II, 40, 1).
2. Aiïranchis et alîranchies de Juba : C. I. L., 9344, 9346, 9348, 9319, 9350. 20977, 21085-21090, 21097 (?).