‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 4)Chapitre 295 sur 357 · Festus Aviénus, Ora maritiina · texte numérisé non relu

Festus Aviénus, Ora maritiina

Et litterarum gempor in studio luba.

Voir encore Ampelius, 38 : « rex litteratissimus ».

«n Italie', où sa jeunesse de prince exilé n'avait pas trouvé de meilleurs passe-temps; il n'y renonça pas quand il eut ceint le diadème.

Il se piquait d'avoir de l'esprit. Nous connaissons même un de ses bons mots, qui n'est pas trop bon. Un jour qu'il se promenait à cheval, sa monture éclaboussa un passant, qui eut l'impertinence de s'en plaindre au cavalier : « Que me veux'-tu? lui répondit Juba ; me prends-tu donc pour un centaure?- » Il cultivait à l'occasion la poésie. On nous a conservé quelques vers qu'il adressa à l'acteur Leonteus ^ Celui-ci avait mal joué son rôle dans une tragédie, Hi/psipyle, parce qu'il avait commis la faute de trop bien dîner auparavant. Juba le railla assez lourdement de sa goinfrerie.

C'étaient là menus divertissements, où le roi se délassait de ses études austères. Car il fut surtout un érudit, qui meubla sa mémoire et ses dossiers de connaissances très étendues. Histoire, géographie, histoire naturelle, histoire des arts, poésie sous toutes ses formes, grammaire, rien, semble-t-il, n'échappait à sa curiosité gloutonne.

Il avait une véritable passion pour la philologie. Persuadé que le latin avait été d'abord du grec, altéré peu à peu par son mélange avec une langue italique, il s'évertuait à découvrir des étymologies grecques pour une foule de mots latins : ce qui lui faisait dire bien des sottises, peut-être plus encore qu'à d'autres*, aussi obstinés dans cette opinion téméraire. Il aimait à collectionner des mots appartenant, ou qu'on prétendait appartenir à des langues barbares, à des idiomes de l'Inde % de l'Arabie*, de l'Asie Mineure', de l'Ethiopie*; c'est à lui,

\. Plutarque, César, 5.i.

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