César, l. c
7. Plutarque, César, 52; Calon, 57. Dion, XLII, 57, 5. Sénèque, Ad Lucil,, LXXI, 10. Suétone, Jules César, 59.
auparavant, écrit un pamphlet contre lui '. Mais, oublieux de ses griefs personnels, il s'entremit pour le réconcilier avec Varus^ Lui-même était vivement pressé d'accepter le haut commandement, ou, tout au moins, de le partager avec Scipion. 11 refusa ces deux offres : un partage, comportant des risques de désaccord, lui paraissait fort dangereux dans des circonstances aussi graves, et le respect de la constitution républicaine, pour laquelle on combattait, lui interdisait de devenir le supérieur ou l'égal d'un ancien consul, puisqu'il n'était qu'un ancien préteur. Il demanda donc que Scipion fût reconnu comme chef suprême, et il lui remit les troupes qu'il avait amenées ^
Il fallait encore écarter les prétentions du roi Juba. Ce descendant de Masinissa était un sot, un incapable^, mais aussi un despote vaniteux et féroce ', dont l'orgueil avait été exalté par sa victoire sur Curion, — victoire remportée grâce à son lieutenant Saburra, — et qui, loin d'accepter des ordres, ou même des conseils, humiliait ses alliés par ses allures hautaines*. S'excusant de ne pas être allé en Afrique, Cicéron écrivait^ : « A mon avis, il ne convient pas que, pour défendre la République, on ait recours à un peuple barbare et plein de perfidie, surtout contre une armée qui a été souvent victorieuse, » Parmi les émigrés, beaucoup devaient penser de même, se sentir à la fois honteux et inquiets. Mais, comme ils ne croyaient pas pouvoir se passer de Juba, ils se résignaient à subir son arrogance et même ses volontés*. Devant ce Numide, Scipion semblait