‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 4)Chapitre 42 sur 357 · Conf. Bell. Ajric, VUI.o; LVII · texte numérisé non relu

Conf. Bell. Ajric, VUI.o; LVII

oublier qu'il était Vimperalor^ ; on assure qu'il alla jusqu'à lui promettre la province d'Africa pour prix de son aide^.

Caton n'était pas homme à tolérer que la dignité romaine fût ainsi abaissée. Dans la première rencontre qu'il eut avec Juba, le roi prétendit s'asseoir à la place d'honneur, laissant Scipion à sa droite et Caton à sa gauche. Mais ce dernier, prenant son propre siège, alla le porter auprès de celui de Scipion, qu'il mit ainsi au milieu, tandis que cette adroite manœuvre reléguait le roi à la dernière place ^

La population d'Utique était, nous l'avons dit*, favorable à César. Juba demanda qu'on la massacrât et qu'on détruisît la ville : désir bien digne de cette brute et auquel Scipion, affîrmet-on, n'osait pas résister. Caton s'y opposa avec la plus grande •énergie et fit prévaloir son avis ^

Naturellement, le roi s'offensa et s'irrita fort de ces résistances. Il ne renonça pas, il ne pouvait renoncer à être l'ennemi de César, mais il tint à montrer qu'il gardait en face des Pompéiens sa pleine indépendance : nous le verrons, au cours de la guerre, camper et combattre à part, en associé qui n'a pas à obéir au général des Romains.

De leur côté, les républicains restaient, grâce à l'intervention de Caton, les maîtres dans la province. César leur laissa le temps de faire leurs préparatifs : il s'attardait en Orient, à Alexandrie d'abord^ puis en Asie.

Le général en chef, Scipion, était un homme médiocre : il paraît avoir attendu l'heure de sa mort pour faire preuve de •quelque noblesse d'âme ^ Cicéron '' dit qu'il parlait assez bien;

1. Voir l'anecdote racontée Bell. Afric, LVII, 5-6 : Juba invite Scipion à ne pas porter, comme lui-môme, un manteau de pourpre; le général romain se soumet et revêt un manteau blanc.

2. Dion, XLIII, 4, 6 (après la venue de César en .\frique). V. infra, p. 93.

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