Nihil enim ûrmius esse dicunt, nihil paratius
Si l'on attendait, sans trop la redouter, l'attaque du dictateur, on ne se refusait pas à d'autres projets. A la défensive, on se flattait de pouvoir substituer l'offensive. Déjà, de petites escadres se montraient sur les côtes de Sicile et de Sardaigne, répandant l'inquiétude dans les villes, capturant des vaisseaux, ramassant du butin \ parfois recevant bon accueil^
On parlait même de passer en Italie^, où ce grand dessein n'était pas ignoré^. On en parla encore quand César fut en Afrique : Gaton aurait alors proposé, pour attirer sur lui le dictateur, de se rendre dans la péninsule avec les troupes qu'il avait amenées de Grèce \ Mais, quelques mois plus tôt, tandis que César s'attardait en Orient, il s'agissait d'aller conquérir l'Italie, et non pas de dégager l'Afrique par une diversion ressemblant à un sacrifice.
Du Sud de l'Espagne, venaient vers Scipion des émissaires, envoyés secrètement par des troupes, par des cités, qui, dans les derniers troubles, avaient donné à César des motifs très graves de mécontentement et qui craignaient un châtiment. Ces hommes sollicitaient une intervention qui déchaînerait la révolte ^ On fit des ofTres aux anciens légats de Pompée en Espagne, Afranius et Pétréius, mais ils se récusèrent ^
On s'adressa alors à Gnaeus Pompée. Selon le récit du Bellum Africum^, ce fut Gaton qui, par ses exhortations énergiques, le décida, en un temps oii César se trouvait déjà en Afrique, au commencement de l'année 46. D'autres auteurs indiquent des