‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nordChapitre 125 sur 142 · Cf. Quintilien, X · texte numérisé non relu

Cf. Quintilien, X

richesses mal acquises permettaient un grand luxe. Comme la conjuration de Catilina, la guerre de Jugurtha était à la mesure de l'homme de lettres amateur que fut Salluste. Là aussi, il trouvait, ramassée dans un court espace de temps, une action d'un intérêt dramatique.

La politique ne fut pas non plus étrangère au choix de ces deux sujets. Salluste avait appartenu au parti démocratique et, bien qu'il n'y eût pas obtenu la place dont il s'était cru digne, il restait dans sa retraite hostile à la noblesse. Dans le Catilina, il avait étalé l'infamie d'une partie de ces nobles. Dans le Jugurtha, il pouvait montrer les maux qu'avaient attirés sur la République l'impéritie, surtout la vénalité de l'aristocratie, maîtresse de l'Etat depuis la chute des Gracques; il pouvait célébrer les premiers succès d'une opposition renaissante. « Je vais raconter, écrit-il dans sa préface', la guerre que le peuple romain soutint contre Jugurtha, roi des Numides, d'abord parce qu'elle fut importante, acharnée, et que la victoire y fut disputée, ensuite parce que, pour la première fois, on résista alors à l'insolence de la noblesse. »

A ces deux motifs, il est peut-être permis d'en ajouter un autre, que Salluste n'indique pas : la connaissance qu'il avait de l'Afrique par le séjour qu'il y avait fait, d'abord comme lieutenant de César-, puis comme premier proconsul de la province d'Africa nova, créée en 46 avant notre ère ^

Il ne faut cependant pas exagérer la familiarité de l'auteur avec les lieux où se déroulèrent les événements qu'il raconte. 11 ne resta guère qu'un an et demi en Afrique \ La province

1. V, 1 : « Bellum scripturus sum, quod poputus Romanus cum lugurtha rege Numidarum gessit, primum quia magnum et atrox variaque Victoria fuit, dehine quia tune primum superbiae nobilitatis obviam itum est. »

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