III, 5, 5. Conf. ici, t. V, p. 18, n
6. Il se peut aussi que Salluste ait trouvé dans Posidouius l'indication de la limite de l'Afrique au Catabathmos {Jag., XVII, 4; XIX, 3) et l'opinion qui rattachait l'Afrique à l'Europe (XVII, 3). Conf. Pomponius Mêla, I, 40; Lucain, IV, 411-3; saint Augustin, Civ. Del, XVI, 17; Paul Orose, Adv. pagan., I, 2, 1 et 85.
7. Jug., XXI, 2-3; XXVI, 3, et Diodore, X.X.\IV-V, 31 : divergences à propos de la guerre entre Jugurtha et Adherbal. Jug., GII et suiv., et Diodore, XXXIV-V, 39 (négociations de Bocchus avec les Romains) : les deux récits ne concordent pas entièrement.
vis-à-vis d'elle cette sévérité qui éclate partout dans le Bellum lugurthinum.
Quoiqu'on ne puisse rien préciser à ce sujet, il est évident que Salluste a eu en main des récits assez détaillés, émanant, directement ou indirectement, de témoins oculaires : par exemple, pour la bataille du Muthul, le siège de Zama, l'expédition de Capsa, la prise du château de la Mulucha. Cependant ses sources n'ont pas dû être nombreuses. On se tromperait fort si on se le figurait absorbé par une besogne pénible d'érudit et de critique, en quête de tous les documents utilisables, les éclairant et les corrigeant les uns par les autres. Sans doute, il savait que le premier devoir de l'historien est d'être exact' et, de fait, nous ne constatons dans le Jugurtha qu'un petit nombre d'erreurs matérielles (nos moyens de contrôle sont, d'ailleurs, très insuffisants). Mais il n'avait nullement la prétention de tout dire. Pour le juger équitablement, il convient de ne pas chercher dans son livre ce qu'il ne voulait pas y mettre^ : un récit complet des événements, suivant strictement leur ordre chronologique, indiquant avec précision les lieux où ils s'étaient passés. Ce récit, qui n'eût pas fait grâce d'opérations secondaires et monotones, qui eût été défiguré par un amas de noms inconnus et barbares, eût noyé les lecteurs dans l'ennui. Salluste entendait autrement sa tâche d'historien.
On a vu qu'il n'avait pas dépouillé ses prétentions d'homme d'État. Il ne s'est pas privé d'exprimer ses idées à cet égard, ou de les mettre dans la bouche du tribun Memmius, du consul Marins; il flétrit le parti que, dans sa vie publique, il avait combattu, et, quoiqu'il proteste de son impartialité, on peut douter que ses condamnations soient toujours très justes.
1. " Sallustius, nobilitatae veritatis historicus », dit saint Augustin, Civ. Dei, I, 5.