‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nordChapitre 19 sur 142 · Date de sa mort à Utique : ibid., LXXXVI · texte numérisé non relu

Date de sa mort à Utique : ibid., LXXXVI

5. Tel fol le cas pour L. Licinius LucuUus, en 77 : Cicéron, Academ. prior., II, 1, 1 (« praetor, post in Africain •); — pour Catiiina, en 67 : Asconius, In orat. in toga cand., édit. Kiessling et ScliôU, p. 75 (« Catiiina ex praetura Africam provinciam obtinuit ») ; — pour Atlius Varus, peu d'années avant 49 : César, Bell, civ., 1, 31, 2 (« paucis ante annis ex praetura provinciam [l'Afrique] obtinuerat •).

6. Cicéron, Ad Quintum fralr., I, 1,9, 27 (lettre écrite en 60 ou 59) : " Quodsi te sors Afris praefecisset.... >• Le même, Pro Ligario, 1, 3 : <• P. Attius Varus, qui praetor Africam optinuerat. »

7. Il semble bien, en effet, que la lex Cornelia ait étendu ce titre à tous les gouverneurs prétoriens et qu'il n'ait pas été conféré spécialement à quelques-uns d'entre eux, dans la période de trente ans qui suivit cette loi : voir Willems, Le Sénat de la République romaine, 2» édit., II, p. 571, n. 5. — Q. Pompcius Rufus, qui fut préteur en 63 et qui, par conséquent, gouverna l'Afrique en 62, qualifié de pro consule par Cicéron {Pro Caelio, 30, 73). Lettre écrite par Cicéron à Orca, qui avait été préteur en 57 et qui, alors [en 56], gouvernait l'Afrique {Ad famil.,

praelore) : ce qui indiquait sans doute qu'ils étaient investis de Vimperium consulaire, avec le droit de se faire précéder de douze licteurs (au lieu de six). IMais, comme le nombre des provinces surpassa bientôt celui des préteurs, il fut nécessaire de recourir à des prorogations. Du reste, conformément à la vieille règle, le proconsul était tenu de ne pas partir avant l'arrivée de son successeur.

D'ordinaire, le nouveau gouverneur ne se rendait pas dans sa province dès le commencement de l'année, car il avait des préparatifs à faire à Rome, et, de plus, l'hiver était une saison où l'on ne faisait pas volontiers des voyages par mer. Son gouvernement était donc à cheval sur deux années '.

Une loi {lex Pompeia), votée sous le troisième consulat de Pompée, en 52, dépouilla du titre de pro consule les anciens préteurs misa la tête d'une province : ils durent se contenter du titre de pro praetore jusqu'à, ce que César leur eût rendu celui de proconsul. La même loi décida que la durée de leurs fonctions n'excéderait pas une année, comptée depuis le jour de leur arrivée dans la province. Cette année révolue, ils étaient tenus de partir, sans attendre leur remplaçant, mais ils devaient laisser un suppléant, pour faire l'intérim. Un intervalle de cinq ans s'écoulerait désormais entre la magistrature urbaine et le gouvernement provincial. Mais cette prescription ne fut pas immédiatement appliquée et, trois ans plus tard, éclata la guerre civile, qui plaça l'Afrique dans des conditions exceptionnelles^.

XIII, 6) : « M. Gicero Q. Valerio, Q. f ilio), Orcae pro co(a)s(uIe). » Le gouverneur de la province n'en était pas moins un ancien préteur, non un ancien consul, et, dans le langage courant, on le qualifiait parfois de praetor, comme par le passé. Cicéron, Pro Caelio, 4, 10 : (Gatilina) - Africam tum [en 66] praetor optinebat. » De viris illuslr., 74 : (LucuUus) « praetor Africam iustissime rexit. »

1. Gatilina, qui était gouverneur de l'Afrique en 66 (Gicéron, Pro Caelio, 4, 10), quitta cette province au milieu de l'année, au plus tard, car il était à Rome avant les élections consulaires (celles-ci se faisaient alors en juillet) : Asconius, édit. Kiessling et SchôU, p. 58, 79-80. Son gouvernement chevaucha donc les années 67-66.

2. Au début de cette guerre, en janvier 49, L. ^Elius Tubéron, ancien préteur, obtint régulièrement le gouvernement de l'Afrique, alors vacant. Il fut désigné

A l'époque républicaine, VAfrica^ province de peu d'importance, paraît n'avoir été administrée que par des personnages de rang prétorien. Le Sénat eût pu décider qu'elle serait un des deux départements que les consuls auraient à tirer au sort entre eux. Rien ne prouve qu'il l'ait jamais fait.

Un des consuls de 118, M. Porcins Cato, mourut en Afrique'. Ce fut aussi l'année de la mort du vieux roi de Numidie, Micipsa. La manière dont sa succession se réglerait ne pouvait pas laisser le Sénat indifférent, et il est permis de supposer que Caton avait reçu pour cette raison - une mission temporaire, laquelle n'aurait pas modifié l'administratioii de la province. Car il n'y a pas lieu de croire que VAfrica lui ait été attribuée pour toute la durée de son consulats Depuis une loi que C. Gracchus avait fait voter en 123, les départements consulaires devaient être désignés par le Sénat avant l'élection des consuls auxquels ils seraient confiés : donc vers l'automne de 119 pour les consuls de 118; à cette époque, la succession de Micipsa ne pouvait inquiéter les Romains, puisqu'elle n'était pas ouverte.

Quelques années plus tard, des consuls exercèrent leur autorité dans la province. L. Calpurnius Bestia, Sp. Postumius Albinus, Q. Caecilius Métellus, C. Marins, consuls en 111, 110, 109 et 107, furent successivement chargés de conduire la guerre contre Jugurtha : les deux derniers, non seulement pendant l'année de leur consulat, mais aussi après, comme proconsuls *. Le département qui leur fut confié fut la Numidia ^^

par le Sénat parmi ceux qui durent tirer au sort les provinces prétoriennes à pourvoir: Gicéron, Pro Ligario, 7, 21; 8, 23; 9, 27; César, Bell, civ., I, 30, 2.

1. Aulu-Gelle, XIII, 20 (19), 10 : « in eo consulatu in Africain profectus, in ea provincia mortem obit ».

2. Fallu de Lessert, Fastes, I, p. 5. Voir une autre hypothèse à ce sujet, infra, p. C(j.

3. Du reste, les termes dont Aulu-Gelle se sert {supra, à la note 1) paraissent s'opposer à cette hypothèse.

4. Après son consulat, Métellus avait été prorogé par le Sénat. Peut-être la loi spéciale qui chargea le consul Marius de la guerre contre Jugurtha ne flxa-t-elle pas de date pour la fin de son commandement : à l'expiration de son consulat, il

'serait devenu proconsul sans avoir besoin d'une prorogation : v. infra, p. 223.

5. Salluste, /U3.,XXVII.3;XXXV, 3;XLni, 1; LXII, 10;LXXXII,2; LXXXIV, 1.

pays ennemi, et non pas r^/Wc« romaine. Leur commandement ne s'en étendit pas moins sur cette province, où les troupes débarquaient' et qu'elles avaient à traverser, où, pendant les premières années de la guerre, elles prenaient leurs quartiers d'hiver^ et d'où elles tiraient sans doute une partie de leurs approvisionnements. Pourtant VAfrica gardait son gouverneur de rang prétorien, subordonné, il est vrai, au consul ou proconsul qui conduisait les opérations militaires ^

Le cas fut différent en 81, lorsque Pompée vint combattre le Romain Domitius Ahénobarbus, alors maître de la province, et le roi numide Hiarbas. Ce jeune homme n'avait pas encore été magistrat, mais le Sénat lui avait conféré Vimperium^ qui lui permettait de commander une armée \ Il s'acquitta de sa tâche dans une rapide campagne. De retour à Utique, il reçut de Sylla l'ordre d'y attendre le préteur [plus exactement l'ancien préteur^] qui le remplacerait''. On voit que, dans cette province qu'il avait reconquise. Pompée faisait fonctions de gouverneur ; la paix rétablie, VAfrica retrouva son administration régulière.

Au cours de son éclatante carrière, Pompée eut, deux fois encore, à intervenir dans la province.

En 67, au début de l'année, le tribun Gabinius fit voter par le peuple une loi qui créait, pour trois ans, un commandement extraordinaire contre les pirates, devenus un fléau intolérable'. Le personnage consulaire qui en serait chargé l'exercerait, non seulement sur la Méditerranée, mais aussi sur toutes les régions

Page 1