Conf. t. IV, p. 130, n
Que, parmi les Afri^ ils aient compté les Carthaginois, c'est ce qu'on pourrait inférer du surnom Africanus, donné au vainqueur d'Hannibal*. Mais le terme Afri ne désignait pas seulement les habitants de Carthage, et même il est presque certain qu'il ne s'était pas d'abord appliqué à eux^. Les Afri que mentionnent Tite-Live et Justin, abréviateur de Trogue Pompée', que le premier oppose aux Poeni'', aux Carthaginie7ises^, étaient ceux que les Grecs appelaient Aiêueç, au sens restreint de ce mot^ : les indigènes qui vivaient sur le territoire punique. VAfrica terra était donc ce territoire', qui, annexé par Rome, devint la provincia Africa.
Dans l'antiquité et de nos jours, on a donné du mot Africa diverses étymologies : on y a reconnu soit un terme latin*, soit un terme sémitique'^; on l'a expliqué par des noms de peuples berb&res ou étrangers"^, ou par le nom d'un homme
1. Lequel est qualifié dM/er par Horace, Odes, IV, 4, 42. Mais il s'agit d'un poète, qui n'était pas tenu à une précision rigoureuse. — Terentius Afer, qui dut naître vers 190, était originaire de Carthage, selon Suétone (édit. Roth, p. 292); on peut d'ailleurs, si l'on veut, supposer que ses parents étaient des indigènes, domiciliés dans cette ville.
2. Suidas (s. v. 'Acppixavôç) prétend que la ville de Carthage fut aussi appelée 'Acpptxvi, mais cette assertion, isolée, paraît être dénuée de toute valeur.