Pro Scauro
VILLES LIBRES, SU.IETS, CITOYENS ROMAINS. 4b
la ville n'avait donc pas été modifié depuis 146; il ne le fut qu'en 36, date où elle devint municipe romain'. Auparavant, des Uticains reçurent le droit de cité romaine ^ mais comme faveur personnelle.
L'attitude bienveillante de Rome envers les villes libres d'Afrique ne pouvait lui attirer aucun danger. Sauf Leptis la Grande, elles étaient entourées par la province. Et même, à vrai dire, elles en faisaient partie % bien que leur territoire ne fît pas partie du domaine du peuple romain. Elles étaient soumises à l'autorité supérieure du gouverneur, qui ne craignait pas trop d'en abuser*. C'est dans l'une d'elles, Utique, qu'il résidait^; c'est tout près d'Utique qu'était le gros des troupes mises à sa disposition ^ Ces villes maritimes étaient nécessairement les portes de la province, par lesquelles les Romains devaient entrer et sortir en toute liberté, oîi ils devaient établir des douanes. Il n'est pas vraisemblable que les cités libres et leur territoire aient été des zones franches, ce qui eût trop facilité les fraudes : leur immunité financière ne semble donc pas avoir été complète. On peut se demander si elles n'avaient pas des obligations militaires et navales ^; si, pour la juridiction criminelle, les causes capitales n'étaient pas réservées au gouverneur. Nous verrons^ que les citoyens romains domiciliés dans ces villes formaient, sous le nom de conventus, un groupe bien distinct, ne dépendant probablement que du gouverneur. En tout cas, ils n'étaient pas soumis à