V. supra, p. 41, n
A. Voir t. H, p. 303, 310, 312.
avait à la répartir entre les diverses circonscriptions financières qu'il avait fallu constituer (ou maintenir, si elles existaient dès l'époque punique). Elles étaient vraisemblablement appelées pagi^ car, si, vers l'an 60 avant J.-C, les stipendiarii de trois pagi africains élevèrent une statue à un questeur', ce ne put être qu'en reconnaissance de bienfaits qu'il leur avait rendus dans l'exercice de ses fonctions financières^ Dans chaque pagus, la répartition se faisait entre les stipendiarii., en proportion de l'étendue et peut-être de la qualité de leurs terres. L'impôt total pour la province restant le même d'année en année, à moins que le Sénat n'eût des motifs graves de le modifier, et le total des agri stipendiariorum ne se modifiant guère non plus, il en résultait que l'impôt, fixe dans l'ensemble, l'était aussi dans le détail : le vectigal était certum, non seulement pour toute la province, mais encore pour tel espace de terre possédé par un stipendiaire.
Il est possible que l'impôt ait été perçu en nature', dans cette Afrique qui contribuait largement à l'alimentation de Rome. Dans ce cas, on peut se demander s'il était fixé en mesures de blé, dont la valeur pécuniaire variait avec la récolte, ou bien, ce qui eût été plus équitable, en argent, la somme due étant convertible en céréales d'après des cours officiels. Nous ne trouvons pas dans les textes de réponse à cette question.
Le stipendium fut exigé des sujets sous une autre forme.
1. Gagnât et Merlin, Inscr. lat. d'Afrique, 422 : « Q. Numerio, Q. f(ilio), Rufo, q(uaestori), stipendiariei pagorum Muxsi, Gususi, Zeugei. »
2. Un autre pagus d'Afrique, sur lequel il y avait trois civitates stipendiariorum, est mentionné dans une inscription de l'an 12 avant J.-C. (C. /. L., VIII, 68). Mais rien n'indique, dans la teneur de cette inscription, que le pagus en question ait été une circonscription financière : ce qui n'est, du reste, nullement impossible.
3. La province d'Africa nova, créée en 46 avant notre ère, devait, d'après une déclaration de Jules César, rapporter annuellement 1200000 boisseaux de blé au peuple romain. Mais, comme nous ne savons pas au juste de quoi il s'agit (voir t. V, p. 191-2), il serait fort imprudent de vouloir tirer de cette donnée quelque hypothèse concernant le mode de perception des impôts fonciers dans VAfrica vêtus.
Appien' indique que Rome imposa, non seulement la terre, mais encore les personnes, les femmes aussi bien que les hommes. On ne sait rien de plus sur cette capitation, qui ne pouvait se payer qu'en argent, et qui, pour les agriculteurs, devait se superposer au stipendium pesant sur le sol qu'ils exploitaient. Etait-elle uniforme? ou, — ce qu'il est raisonnable d'admettre, — moins élevée sur les cultivateurs que sur les citadins nonpossesseurs de terres? Comportait-elle une échelle, la taxe sur les esclaves étant, par exemple, moins forte que la taxe sur les hommes libres, et ceux-ci étant répartis en plusieurs classes, selon leur fortune? Ce sont là des choses que nous ignorons.
Pour la perception de ces impôts, trois systèmes étaient possibles : 1° la perception directe par des agents de l'Etat; elle eût nécessité un personnel nombreux, une administration compliquée, qui n'était pas dans les habitudes de la République romaine, et qu'eussent mal dirigée des questeurs ne restant qu'un an dans la province ; 2° le recouvrement par les autorités locales ; nous verrons que, pendant longtemps, Rome ne paraît pas leur avoir reconnu une existence officielle; 3° enfin la ferme, qui, à l'époque républicaine, était le mode ordinaire de perception des revenus publics. Une inscription qui n'appartient pas à la période que nous étudions, mais qui n'est guère plus récente, — elle date, au plus tard, des premiers temps de l'Empire, — atteste la ferme des stipendia de la province d'Afrique'. Il est permis de croire que tel avait toujours été le seul système en usage.
On sait que la ferme des revenus de l'Etat était donnée par adjudication. Ces adjudications, dit Cicéron en 63% ne peuvent se faire qu'à Rome. Mais cela n'est pas exact, puisqu'elles se faisaient à Syracuse pour les dîmes de Sicile : ce que Cicéron