ILLEÏ ET LE PEUPLE DES CAMPAGNES
"■ - prolongement de la chaîne Libyque forme, entre le
'ayouiii et la pointe du Delta, un vaste plateau légère-
it ondulé, qui court parallèlement au Nil sur une lon-
ueur de près de trente lieues. Le grand Sphinx Har-
makhis en gardait l'extrémité septentrionale depuis le
temps des Suivants d'Horus. Taillé en plein rec, au bord
extrême de la montagne, on dirait qu'il hausse la tête
pour être le premier à découvrir par-dessus la vallée
le lever de son père le Soleil. Son corps effrité ne
retient plus du lion que la coupe générale. Le bas
de la coiffure est tombé et le cou semble trop faible
pour supporter le poids du crâne. Des mamelouks
fanatiques lui ont mutilé le nez et la barbe à coups de
canon; la teinte rouge qui avivait les traits s'est effacée
presque partout. Et pourtant, l'ensemble garde jusque dans sa détresse une
iription de l'Egypte. A.. I
«8 LA CONSTITUTION HMLITIUUE UK L'EGYPTE.
expression souveraine de force et de dignité. Les jeux regardent au loin devant eux avec une intensité de pensée profonde, la bouche sourit encore, la face entière respire le calme et la puissance. L'art qui a conçu et modelé dans la montagne cette statue prodigieuse était un art complet, maître de luimême, sur de ses effets. Combien de siècles ne lui a-t-il pas fallu pour arriver à ce degré de maturité et de perfection ! On construisit plus tard à côté du dieu une chapelle d'albâtre et de granit rose; des temples s'élevèrent cà et là dans les endroits les plus accessibles, et groupèrent autour d'eux les tombes de tout
le pays. Un enfouissait les gens du commun sous le sable, à un mètre à peine de profondeur, nus à l'habitude et sans cercueils. D'autres, qui appartenaient à une classe plus relevée, reposent dans de pauvres chambres rectangulaires, bâties sommairement en briques jaunes et surmontées d'un plafond en voûte ogivale. Aucun ornement, aucun objet précieux n'égayait le mort dans son misérable gîte; mais des vases en poterie grossière contenaient les provisions qu'on lui laissait pour le nourrir pendant la durée de sa deuxième existence*. Uuelques-uns parmi les plus riches se creusaient leur sépulture dans une des parois de la montagne; la plupart préféraient se préparer un tombeau isolé, un mastaba*, comprenant une chapelle extérieure, un puits et des caveaux
cil pleure unes île profession prenaient | drml les funérailles; le poing droit fermé pose a lerre.
taudis <pie la iiiain «anche, répand sur les cheveu v. la poussière qu'elle vient de ramasser. Celle «talue provient du musée de fiixéh (M.vmstte, Album photographique du muter de Raulaq, pi. M).
t . Destin de Faiicher-Gndiu, d'après le croquis de Lrpsius (Vtnkm., II. ïii). La pierre d'angle, au commet du mastaba, à l'extrémité gauche de ta bande d'hiéroglyphes, avait été descellée et jetée sur le sol par quelque Ibuillcur; le dessinateur l'a remise a sa place primitive.
t. MiaiiiTTt, Sur les lombes de l'Ancien Empire que l'on Ironie à Saqqarah, p. î-3 (lltv. Ane»., i'sér., t. XIX, p. (Ml), et les Mastabas de l'Ancien Empire, p. 17-18.
;i. ■ On appelle en arabe mastabah, pi. masatib, la banquette ou l'estrade construite on pierre. qu'on voit dans les rues îles villes égyptiennes en avant de chaque boutique. Ou étend un tapis sur le mastaba et le client s'y assied pour traiter des alTaires. le plus souvent à cûté du marchand. Il existe, dans la nécropole de Saqqarah, un temple qui a. dans ses proportions gigantesques, la forme d'un mtutaba. Les habitants du voisinage le nomment Hattabat-cl-Furâoun, le Siège de l'haraon, croyant qu 'autrefois un Pharaon s'y asseyait pour rendre la justice. Dr les tombes meinphites de l'Ancien hinpiie qui couvrent en si grand nombre le plateau de Saqqarah sont toutes construites djins des proportions plus ou moins réduite- sur le type du Hastabat-el-Fardoun. Do là le nom de Mastabas