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LA CHAPELLE DES MASTABAS

La chapelle est petite en général, et se perd presque dans la niasse de l'édifice'. Elle ne comporte guère à l'ordinaire qu'une seule chambre oblongue, où l'on accède par un corridor assez court*. Au fond et encastrée dans la paroi

ouest*, se dresse une stèle quadrangulaire de proportions colossales, au pied de laquelle on rencontre une table d'offrandes en albâtre, en granit, en calcaire, posée à plat sur le sol, et quelquefois deux petits obélisques ou deux

d'Antiquité» Égyptienne», 180-1, p. iil-îi: Sur les lombetde CAncien Empire que l'an Iraure à Saqgarah, p. 3-8(IIky. Ascii., f sér.. XIX. p. B-14J; tel Maitabai de l Ancien Empire, p. ÎI-3S. Pour une deseriptimi plus complète fit plus technique des Mastabas de l'époque luemphite, voir Pekhoi-Oupeei, Hilloire de CArt dans l'Antiquité, t. I, p. 160-118, et Maspkho, Arcliéologie Égyptienne, p. 10M-113.

I. Ainsi la chapelle du mastaba de Sabou n'a que 4 m. 35 de long sur environ I mètre de large (M.utiKTTE, Ici Maitabai, p. 1-13), colle du tombeau de l'hlahshopsisou. S m. IS sur 1 m. I0(irf.. p. 131),

t. Le maslaha de Tint! a quatre chambres (Mimette. la Mmtabat, p. 149), comme aussi celui d'Assi-onkhou [id.. p. t!"l), mais ce sont des exceptions, ainsi qu'on s'en »surera en feuilletant l'uuvrap! de Mariette. La plupart des mastabas à plusieurs r h a m tire:, sent d'iiiieie-ns maslihas à une seule chambre qu'on a remaniés ou agrandis postérieurement : ainsi le mastaba de Shopsi (id., p. iOli), celui d'Ankhaftouka (id., p. (MM). Quelques-uns pourtant ont élé construits du premier jet avec toutes leurs pièces, celui de llàdiikhoumai avec ~i\ chambres et plusieurs niches (id., p. 98(1). celui de kiiàhinuplilah mec truis chambres, des niches el un portail décore de deux piliers (id., p. ifl.ij. relui de: Ti avec dciu chambres, une cour bordée de piliers, un portail, de longs couloirs sculptés (id., p. 333-333), eelui de Phtahhuipou avec sept chambres et des niches (il/., p. 351).

3. Deiiinde Faueher-Gndin, iTaprèi la photographie de DPmicukK, Hciultate. t. I. pi. i,

i. M.ibuttk, Sur tei tombei de l'Ancien Empire, p. 8; Ici Mattabai de l'Ancien Empire, p. 33-311, où il faut lire Oueit, au lieu de Éit que porte le telle publié. La règle n'est pas aussi absolue que "ariette le pensait, et j'ai roi fie quelques eveiiqilcs de stèles tournées >ers le Nord ou ver» le Sud.

autels évidés au sommet pour recevoir les dons dont il est parlé dans l'inscription extérieure. L'aspect général est celui d'une porte un peu étroite, un peu basse, dont la baie ne serait point praticable1. La niche qu'elle forme reste presque toujours vide : quelquefois pourtant la piété des parents l'a remplie, et la statue du mort s'y encadre. Debout, le buste bien effacé, tête haute, face souriante, elle s'avance comme pour amener le double, du réduit ténébreux où l'embaumement le confine, aux plaines lumineuses qu'il habita librement pendant sa vie terrestre : encore un pas, et franchissant le seuil, il va descendre le petit escalier qui aboutit à la salle publique. Aux jours de fête et d'offrande, quand le prêtre et la famille présentaient le banquet rituel, cette grande figure peinte et lancée en avant s'animait tout entière à la lueur tremblante des torches ou des lampes fumeuses : c'était l'ancêtre lui-même qui semblait saillir de la muraille et apparaître mystérieusement au milieu des siens pour demander leur hommage. L'inscription du linteau répète une fois de plus son nom et son rang. Les bas-reliefs taillés sur les montants représentent son portrait fidèle et celui des personnes de sa famille. La petite scène du fond nous le montre assis tranquillement devant sa table, et même on a pris soin de graver à côté de lui le menu de son repas, depuis l'instant où on lui apporte à laver jusqu'à celui où, toutes les ressources de l'art culinaire étant épuisées, il ne lui reste plus qu'à regagner son logis, satisfait et béat. La stèle symbolisait en effet pour les visiteurs la porte qui conduit aux appartements privés du défunt : si on la clôt à tout jamais, c'est que nul vivant n'en doit franchir le seuil. L'inscription qui la couvre n'est pas seulement une épitaphe destinée à enseigner aux générations futures que tel ou telle reposaient là. Elle perpétue le nom et la généalogie de l'individu et lui établit un état civil, faute duquel il n'aurait pas conservé de personnalité dans le monde au delà; un mort anonyme, de même qu'un vivant anonyme, était comme s'il n'existait pas. Là toutefois ne s'arrêtaient point les vertus de la stèle : la prière et les images qu'on retraçait sur elle assuraient comme autant de talismans la subsistance de l'ancêtre dont elles rappelaient le souvenir. Elles obligeaient le dieu qu'on y implore, Osiris ou le chacal Anubis, à servir d'intermédiaire entre les survivants et celui qu'ils avaient perdu : elles lui accordaient la jouissance du sacrifice à la condition qu'il

1. La stèle de Shiri, prêtre des Pharaons Sondi et Pirsenou, et l'un des plus anciens monuments connus, fournit un bon exemple de ces stèles en forme de porte; cf. p. 237 de cette Histoire, et Maspero, Guide du Visiteur au Musée de Boulaq, p. 31-32, où la stèle de Khàbiousokari est reproduite, et où la signification des stèles de ce type a été indiquée pour la première fois.

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