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LA STELE ET SA SIGNIFICATION FUNÉRAIRE

prélevât la part de l'homme sur les bonnes choses qu'on prodigue à la divinité et dont elle vit. Grâce à lui, l'âme ou plutôt le double du pain, des

boissons, de la viande, émigrait dans l'autre monde et y réjouissait le double humain. Et cette offrande n'avait pas besoin d'être réelle pour devenir

1. Dessin de Boudier, d'après la photographie de M. de Morgan prise au tombeau de tiirrouka.

effective : le premier venu, répétant à haute voix la formule et le nom inscrits sur la pierre, procurait par cela seul à l'inconnu qu'il évoquait la possession immédiate de tous les objets dont il récitait l'énumération1.

La stèle constitue la partie essentielle de la chapelle et du tombeau. Dans bien des cas elle est gravée seule, car elle suffit seule à entretenir l'identité du mort et à continuer sa survie; mais souvent les parois de la chambre et du

couloir ne restaient pas nues. Toutes les fois que le temps le permettait ou la fortune du maître, on les recouvrait de tableaux où les idées exprimées sommairement par l'inscription et par les figures de la stèle se développaient en scènes et en discours. L'agrément de l'œil ou la fantaisie du moment ne guidaient nullement les artistes dans le choix des motifs : dessins et paroles, tout ce qu'ils composaient avait une intention magique. Chaque particulier qui se bâtissait une maison éternelle, ou bien y attachait un personnel de prêtres du double, d'inspecteurs, de scribes, d'esclaves, ou bien passait un contrat avec les prêtres d'un temple voisin, qui devaient (a desservir à jamais : des terres, prises sur son patrimoine et qui devenaient les domaines

I. Hispiio, Éludes de Mythologie et il' Ai rhéologie Egyptiennes, i. I, (i. 1-31, Guide du vitïleur au Muté* de boutai/, p. Hl huij., cl Archéologie Egypliriiue, p. 135 aqq.

t. Peniit de Faucher-dvdi» d'aprti un estampage pris au tombeau de Ti. Les domaines sonl ligures sous la forme (in Iciumes. Leurs noms sonl écrits devant chacune des figure*, avec le nom du propriétaire, le nabéca de. Ti, let deux tycomorct de Tî. le Vin de Ti; cf. p. 3Î9 de celle Histoire.

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