‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient classiqueChapitre 115 sur 374 · LES NOMS D* HO RU S DANS LE PROTOCOLE ROYAL · texte numérisé non relu

LES NOMS D* HO RU S DANS LE PROTOCOLE ROYAL

parcelle de son âme, puis une épithète simple ou composée, spécifiant celle des qualités d'Horus que le Pharaon souhaitait le plus posséder, llorou nîb-mâil l'Horus maître de Vérité, llorou miri-tooui l'Horus ami des deux terres, Horou nîb-khàouou l'Horus maître des levers, llorou mazîli l'Horus qui écrase les ennemis. La partie variable de ces termes s'inscrit d'ordinaire dans un rectangle oblong, terminé à la partie inférieure par un ensemble de lignes qui représentent en abrégé une façade monumentale, au milieu de laquelle on dis tinguequelquefois une porte fermée au verrou : c'est l'image de la chapelle où le double ira reposer un jour, et la porte close est la porte du tombeau'. La partie commune, la figure du dieu, se place en dehors,

quelquefois à côté du rec- u' "'" " "" s"':"'

t angle, quelquefois sur le rectangle même : l'épervier est en effet libre par nature et ne saurait demeurer emprisonné nulle part contre sa volonté.

Ce protocole naïf ne suffit pas à contenter le besoin de précision qui fait le fond du caractère égyptien. A montrer le double dans l'hypogée, on laissait

I. C'est ce qu'on appelle ordinairement le nom de bannière; on a cru longtemps en effet que le signe représente une piere delof!e, garnie de broderies ou de franges par en ha», et portant »ur la nappe nrënte un litre de roi. Wilkinaon avait eu l'idée que ce titre carré, eomme il l'appelait, figurait une maison (Eitract front teeeral Hierogtyphical Subjcrti, p. 7, n. 14). Le véritable sens de l'expression ■ été établi par M. Flinden Pétrie (Tn-nw, I" part, p. 5, n.. et A Seaton in Egypt, 18B", p. it-tt, et pi. XX) et par moi (Revue Critique, 1888, t. Il, p. M8-I20, Ètudei Egyptienne*, t. II. p. Îli-ÎTS).

ï, Deisin de Fauther-Gudin, d'aprèi ari'.'iiiil.i-Botoiii-Bïrck, Gallery o( Anliquitïcs from the Rritiih Huteum, pi. 31. Le roi ainsi représenté est Thoutmosis II de la XVIII* dynastie; la hastc. surmontée d'un masque d'homme, que le double tient k la main, rappelle probablement les victimes humaines qu'on sacrifiait jadis au moment dea funérailles d'un chef (LtftWJlB, Rites Egyptien», p. 5-fl).

de côté le moment de son existence pendant lequel il présidait aux destinées mondaines du souverain pour les rendre semblables à celles de l'Horus dont il procédait. On le tira donc de son caveau anticipé, on substitua à l'épervier ordinaire un des groupes qui symbolisaient la suzeraineté sur les deux terres du Nil, l'urseus lovée du Nord et le vautour du Sud, Jfe,puis on ajouta en finale un second épervier, l'épervier doré *W, l'épervier triomphant qui avait délivré l'Egypte de Typhon V L'âme de Snofroui qui s'appelle j^,^ YHorut maître de la Vérité comme double survivant, s'intitule comme double vivant 3I*©.^T Ie Seigneur du Vautour et de l'Urseut maitre de la Vérité et Ilorus triomphant*. D'autre part le prince royal, lorsqu'il ceignait le diadème, recevait de son avancement au rang suprême un surcroit de dignité tel que son seul nom de naissance, même entouré du cartouche, même rehaussé d'épithètes éclatantes, ne parvenait plus à le couvrir. On voulut marquer d'un terme nouveau cette exaltation de sa personne. Comme il est la chair vivante du soleil, son surnom fait toujours allusion a quelque point de ses relations avec son père, et proclame l'amour qu'il ressent pour celui-ci Miriri, ou que celui-ci ressent pour lui Mirniri, la stabilité des doubles de Râ Tatkeri, leur bonté Nnfirkerî, ou l'une de leurs vertus souveraines. Plusieurs Pharaons de la IV* dynastie s'en parent déjà, mais ceux de la VIe furent les premiers à l'incorporer régulièrement au protocole royal. On hésita d'abord sur la place qu'on devait lui attribuer, et on le mit tantôt derrière le nom de naissance (HU (0lUj ^"P1 Nofirkerî, tantôt devant f° JUJ (aHj ^ofirkerî Papi*. On se décida enfin à l'établir en tète,

1 . Le sens de ce groupe qu'on a traduit longtemps par féprrvter d'or, Cêpenier élincelant, » été ili'leniiiiic |>our la première fois avec certitude par Dru (lie h, d'après un passage d'une inscription démotique île Philto (Bbucsi'.k, Uebereintlinimung einer hieroglyphitehen Imehrifl von Philm. mit dtm griechitchen uni! demotisrhen Anfnngt-Tcste de* tiekretei t<on Roiettr, p. 13-14). Adoptée par E. de Houga (Étude tur une tlrle égyptienne appartenant à la Bibliothèque Impériale, p. il-ii), l'interprétation de Gru^sch a prévalu depuis daim toute l'école (Bmiisf.n, DU sKgyptologic, p. ÏUÏ), bien qu'on emploie souvent encore par habilude la traduction littérale des signes, CHorus d'or. "^fct,

t. I.a lecture du groupe n'eut pas encore niée avec certitude (cf. Enis, lier Kônigitîte l ^5 ÎS dans la Zcittchrift, t. XXIX, p. ST-:i8, et P.ehl, \otet de Philologie Égyptienne, g 4U, dans les Proteeding* of the Society of Biblicat Arc/irology, t. XIII, IH9IMBWI, p. Mil). La transcription littérale serait Maitre du Vautour et de t'Vrxui; le sens est maitre det couronnée, par suite maître de» payi du Xord el du Midi (BrBgKN, Uebereimtimmung einer hieroglyphitchrn Inachrift von l'hilr, p. IO-I I).

3. Le nom de double représenté dans la vignette est celui du Pharaon Khéphrèn, le constructeur d,la seconde des grandes Pyramides ; il se lit llorou outir-Miti, l'Horus puissant par le eœur.

i. On trouvera de bons exemples de cette indécision dans les textes de la pyramide de Papi II. où le cartouche prénom est placé une fois eu léte du cartouche nom (flerueil de Traraur, I. XII, p. Sti) et presque partout ailleurs après ce même carlniiche («/., p. T,t\, 38. Ûfl, S", etc.).

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