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LE HAREM ROYAL : LA REINE

l'obligation d'accomplir pour lui toutes les fonctions dont les déesses doivent s'acquitter à côté des dieux. Elles étaient importantes et variées. La femme passait en effet pour réunir plus complètement que l'homme les qualités

nécessaires à l'exercice de la magie légitime ou non : ses yeux voyaient, ses oreilles entendaient ou les yeux et les oreilles de l'homme ne voyaient et n'entendaient rien, sa voix plus flexible et plus perçante portait à des

(E. «t J. de Rocr.K. Iutcriplioii' hiéroglyphiques copiée» en Egypte, pi. LXI1). de la reine MirisAnkhou (Nariktte, lei Maitabat, p. IH3. Lkfsii's, Denkm., Il, 14), de In reine Khoutt (omette. te» Mailabat, p. MT-SOS), d'une reine au nom incertain encore (Makirtte, le* Maiiabat, p. tiH), et de la reine Mlrirtûnthna» (E. et J. de Rodais, Inicripliom hiéroglyphiques copiée» en Egypte, pi. CLIN). 1. Deninde Faurher-Giirlin. d'aprt» I.KPHir*. Denkm.. III. "". Leri "

distances plus grandes, elle était par nature maîtresse en l'art d'appeler ou d'éloigner les invisibles. Tandis que Pharaon sacrifie, la reine le protège par ses incantations contre les dieux malins, intéressés à détourner des choses saintes l'attention du célébrant : elle les met en fuite au bruit de la prière et du sistre1, elle verse les libations, elle présente les parfums et les fleurs. Elle marche derrière l'époux dans les processions, donne audience avec lui, gouverne pour lui pendant qu'il guerroie au dehors ou qu'il parcourt son royaume : telle Isis, au temps où son frère Osiris conquérait le monde*. Le veuvage ne la disqualifiait pas toujours entièrement. Si elle appartenait à la race solaire et que le souverain nouveau fût mineur, elle exerçait la régence par droit héréditaire et retenait l'autorité quelques années encore3. Il pouvait arriver d'ailleurs qu'elle n'eût point de postérité ou que l'enfant d'une autre femme héritât la couronne. Rien alors dans les lois ni dans les coutumes n'empêchait une veuve jeune et belle de reprendre au lit du fils la place qu'elle avait obtenue au lit du père, et de recouvrer son rang de reine par un mariage avec le successeur de son époux défunt : c'est ainsi qu'aux premiers temps de la IVe dynastie la princesse Mirtîttefsi se perpétua successivement dans les bonnes grâces de Snofroui et de Khéops4. Le cas ne se présentait pas souvent et une reine descendue du trône conservait peu de chances d'y remonter. Ses titres, ses emplois, sa suprématie sur le reste de la famille, passaient à une rivale plus jeune : jadis compagne active du roi, elle n'était plus que l'épouse nominale du dieu5, et son rôle se terminait le jour où le dieu dont elle était la déesse, quittant son corps, s'envolait au ciel pour rejoindre son père le Soleil dans les profondeurs de l'horizon*.

1. Les vertus magiques du sistre sont signalées par l'auteur du De hide et Osiride, § 63 (édit. Parthey, p. 111-112); on les trouve indiquées fréquemment dans les inscriptions de Dendérah.

â. Le rôle de la reine à côté du roi a été parfaitement défini par les premiers Égyptologues. On trouvera, dans l'Egypte ancienne de Champollion-Figeac (p. 56 sqq.), l'exposition des idées de Champollion le Jeune à ce sujet; sur le rôle d'Isis, régente de l'Egypte, cf. p. 173-173 de cette Histoire.

3. L'exemple le plus connu de ces règnes de femmes est celui que la minorité de Thoutmosis 111 nous fournit, vers le milieu de la XVIII* dynastie. La reine Touaou paraît avoir également exercé la régence pour son fils llamsès II, durant les premières guerres de celui-ci en Syrie (Lepsips, Notice sur deux statues égyptiennes représentant l'une la mère du roi liamsès-Sr'sostris, l'autre le roi Amasis, Extr. du volume IX des Annales de l'Institut de Correspondance archéologique, p. 5 sqq.).

4. M. de Kougé a été le premier à mettre ce fait en lumière dans ses Hecherc/ies sur les monuments qu'on peut attribuer aux six premières dynasties de Manéthon, p. 36-38. Mirtîttefsi vécut aussi dans le harem de Khéphrén, mais le titre qui la rattache a ce roi — Amakhît, la féale — prouve qu'elle n'y figurait plus en qualité d'épouse active : elle était probablement alors, comme M. de Rougé l'a dit, trop avancée en âge pour demeurer la favorite d'un troisième Pharaon.

f». Le titre &épou*c divine n'est connu jusqu'à présent qu'à partir de la XVIIIe dynastie. Il s'appliquait à la femme du roi vivant et lui restait après la mort de celui-ci; le dieu auquel il faisait allusion n'était autre que le roi lui-même. Cf. Krman, dans le mémoire de Schweinfirth, Alte Baureste und Hieroglyphische Inschriften im Vadi Gasûs, p. 17 sqq. (Académie des sciences de Berlin, Phi' lol.-Hist. Abhandlungcn nicht zur Akademic gehôr. Gclehrtcr, 1885, t. II).

6. Ce sont les expressions même dont se servent les textes égyptiens pour parler de la mort des

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