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LES PLACES POUR LA RENTKÉE DE L'IMPÔT

La même hiérarchie présidait aux services de la province, et les inscriptions nous y signalent le même personnel que dans la cité royale. Tous les fonctionnaires se contrôlaient du haut en bas de l'échelle et répondaient solidairement du dépôt. Une irrégularité dans les écritures entraînait la bastonnade;

on punissait les concussionnaires d'emprisonnement, de mutilation, ou de

mort, selon la gravité des cas. Ceux que la maladie ou la vieillesse mettaient

hors d'état de travailler touchaient une retraite jusqu'à la fin de leurs jours*. .

L'écrivain* ou, comme nous disons, le scribe est le ressort qui meut la

1. DetiindeFauckrr-t}udiit,d'aprèiLr.rfivt, Dcnkm., III, !>'i. Il est emprunté à l'un des tombeaux de

Tcll-Amarna. L'hûlel se compose de quatre corps de bâtiments, isolés par deux avenues plantées d'arbres, se coupant en croix. Derrière la porte d'entrée s'élève, dans une petite cour, un kiosque où le maître se tenait pour recevoir les approvisionnements ou pour en surveiller la distribution; les deux bras de la croix sont hordes du portiques sous lesquels s'ouvrent les chambra (ait) aux provisions, remplie» de jarres de vin, de coffrets a linge, de poissons sèches, et d'autres objets.

t. Voir un exemple d'un employé pensionné pour infirmités au Papyrm Allaitait «• IV sous In XIX' dynastie (Maspeko, Xotei au jour te jour. § 8, dans les Procardirigi, 1890-1891, p. 413-4M).

3. StSH*r est le titre courant du scribe ordinaire, lim |>;imit être réservé au scribe de haut rang.du moins sous l'empire Mcmphîte, selon la remarque de K. de Rui-ct {Court du Collège de France, I8S9) ; plus lard la distinction s'affaiblit, et le mot ânou disparut devant aakhnu, takh, dérivé de tathai.

machine entière. On le rencontre à tous les degrés de la hiérarchie : un petit employé aux bœufs, un commis au double Hôtel Blanc, déguenillés, vulgaires, mal payés sont scribes comme le seigneur, le prêtre ou le fils de roi1. Aussi le titre de scribe ne vaut rien par lui-même, et ne désigne point nécessairement, comme on se plait l'imaginer, un docteur sorti d'une école de haute culture ou un homme du monde instruit aux sciences et à la littérature de son temps' : était scribe qui savait lire, écrire, chiffrer, manier tant bien que mal le formulaire administratif, appliquer couramment les règles élémentaires de la comptabilité. Il n'y avait aucune école publique où Ton préparât le scribe à son métier futur ; mais, dès qu'un enfant avait acquis les premiers rudiments des lettres auprès de quelque vieux pédagogue, son père l'emmenait avec lui au bureau ou le confiait à un ami qui voulait bien se charger de son éducation. L'apprenti observait ce qui se passait autour de lui, imitait la façon de procéder des employés, copiait entre temps de vieilles paperasses, lettres, comptes, suppliques en langage fleuri, rapports, compliments à l'adresse des supérieurs ou de Pharaon, que son patron examinait et corrigeait, indiquant à la marge les lettres ou les mots mal tracés, retouchant le style, redressant les formules altérées ou les complétant*. Dès qu'il pouvait aligner sans broncher une certaine quantité de phrases et de calculs, on lui laissait le soin de rédiger des billets ou de surveiller seul des opérations de trésorerie dont on augmentait graduellement le nombre et la difficulté : quand on jugeait qu'il possédait suffisamment la routine des affaires courantes, on déclarait son éducation terminée, et on lui ménageait une place soit dans l'endroit même où il avait commencé son stage, soit dans un bureau voisin*. Le jeune homme ainsi dressé

1. Les trois fils de Khâfrtànkhou, petits-fils de roi, sont figures devant leur père, dans l'exercice de leurs fonctions de scribe, la tablette à la main gauche, le calame derrière l'oreille (Lepsirs, Denkm., II, 11) : de même le fils aîné d'Ankhaftouka, <imi, commandant le palais sous les premiers rois de la V* dynastie (Mariette, les Mastabas, p. 305-309); de même le frère de Tapoumônkhou («#., p. 193) et plusieurs des fils de Sakhemphtah (id.y p. 2;>3), vers la même époque.

t. C'est le type qu'on trouve représenté le plus souvent dans les ouvrages modernes sur l'Egypte. . dans les romans de G. Ebers, par exemple, ainsi le Pentaur et le Nefersekhet à'Uarda: c'est aussi celui que l'on conçoit le plus aisément d'après les papyrus littéraires de la XIX" et de la XX* dynastie, où la profession du scribe est exaltée au détriment des autres métiers (cf. l'éloge du scribe dans le Papyrus Anastasi «• /, pi. 1-X1II; Chabas, le Voyage d'un Egyptien, p. 31-47).

3. Nous possédons encore pour la XIX# et la XX* dynastie des cahiers d'écoliers, ainsi le Papyrus Anastasi «• IV et le Papyrus Anastasi n* P, où l'on rencontre pêle-mêle des pièces de tout style et de toute nature, des lettres d'affaire, des demandes de congé, des compliments poétiques à l'adresse d'un chef, probablement un recueil d'exercices compilé par quelque professeur et que ses élèves copiaient pour achever leur éducation de scribe : les corrections du maître sont tracées rapidement en haut et en bas des pages, d'une main habile et ferme, très différente de celle de l'écolier, bien que celle-ci soit ordinairement plus facile à lire pour nous (Select Papyri, t. I, pi. LXXXUI-CXXI).

A. C'est ce qui paraît résulter de toutes les biographies de scribes que nous connaissons, de celle d'Amten, par exemple; c'est du reste ce qui se passait par l'Egypte entière jusque dans ces derniers temps, et ce qui s'y passe encore probablement, dans les parties où l'influence des mœurs européennes ne se fait pas encore sentir trop vivement (Maspkro, Études Egyptiennes, t. U, p. 123-lifi).

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