LA CONDITION DES SEIGNEURS FEODAUX
du pouvoir royal. Tout lui appartenait dans les limites de cet État minuscule, les bois, les canaux, les champs, les sables même1 : comme Pharaon, il en exploitait une partie et répart issait le reste à ferme, parfois à fief, entre ceux de ses serviteurs qui lut inspiraient le plus de confiance ou d'amitié. H était prêtre ainsi que Pharaon et revêtu comme lui du sacerdoce de tous les dieux,
non pas cependant de tous ceux de l'Egypte, mais de tous ceux du nome. Il rendait la justice au civil et au criminel, recevait les plaintes de ses vassaux et de ses serfs à la porte de son palais et en décidait sans appel. 11 entretenait une flotte et levait sur ses domaines une armée en miniature dont il était le général en chef par devoir héréditaire. Il habitait un château fortifié quelquefois dans la capitale même de la principauté, quelquefois dans le
1, Grande Intcription de Iléni-Hnman, l. 46-53. L'étendue du pouvoir Féodal et l'organisation des nomes ont été définies pour la première foi« par Masfeho, la Grande Intcription de Bêni-Hauaii {Recueil, 1. 1, p. 179-181 ; cf. E»»ik, Mgypten, p. 135 sqq., En. Met», Gruhichte jEgyptent, p. 156 «qq.].
S. Detlin de Faucher-Gudin. ifaprri une photographie de Gauet ; cf. ftWino, le Tombeau de Natkti, dans les Mémoire» publie* par la Membre» de la Million frauçaite du Caire, 1. V, p. l&O.
voisinage, et qui reproduisait en moins grand les dispositions de la cité royale'. On y voyait, à côté des salles de réception, un harem où la femme légitime, souvent une princesse du sang solaire, jouait à la reine, entourée de concubines, de danseuses et d'esclaves. Les hôtels des différentes administrations se pressaient dans l'enceinte avec leurs directeurs, leurs régents, leurs scribes de toute classe, leurs gardiens, leurs manœuvres qui portaient
les mêmes titres que les employés correspondants des administrations d'Étal : l'Hôtel Blanc, l'Hôtel de l'Or, le Grenier, étaient parfois chez eux comme chez Pharaon le double Hôtel Blanc, le double Hôtel de l'Or, le double Grenier. Les plaisirs ne différaient point à la cour du suzerain ou à celle de son vassal : la chasse au désert, la chasse au marais, la pèche, l'inspection des travaux agricoles, les exercices militaires, puis les jeux, les chants, la danse, sans doute aussi les longues histoires et les séances de magie, jusqu'aux
1. Mtsptao, Sur le lens dct mali Kuutt et Bâti, dans \es Proeeediiigi de la Société d'Archéologie Biblique, I. XII, 18S9-18S0, p. 35Ï sqq.
4. Denirt de Fauchtr-Gudin, d'apret une photographie d'Emile Brugtch-Bey. Le tombeau d'Api a été découvert en 1881 à Snqqarah. II avait été démoli dans l'antiquité ot une tombe nouvelle rebâtie vers la XII* dynnilic sur los décombres; ce qui en reste esl déposé aujourd'hui au Musée de Citéh.