LES EMPLOYÉS ET LES ARTISANS : LES CORPORATIONS. 3H
il en fixait la rançon et le rendait sans faute contre versement de la valeur convenue1. La plupart des ouvriers qui composaient un corps d'état logeaient ou du moins avaient leurs échoppes dans un même quartier ou dans une même rue, sous la haute direction de leur chef1. Us payaient, outre la capitation et l'impôt sur les maisons', une taxe spéciale, un droit de patente qu'ils acquit-
taient en produits de leur commerce ou de leur industrie1. Leur condition était assez dure, si nous devons en croire le tableau que les écrivains anciens nous ont laissé : « Je n'ai jamais vu forgeron en ambassade — ni fondeur en mission, — ■ mais ce que j'ai vu, c'est l'ouvrier en métal à ses travaux, — à la gueule du four de sa forge, — les doigts rugueux comme crocodiles — et puant plus que frai de poisson. — L'artisan de toute sorte qui manie le
I, Diodose de Sicile, I. I, Lim;cr. Air i.c-G elle, l. XI, eh. xmi, S 16, d'après 1c témoignage du jurisconsulte Ariston, haudqua i/vam indocti viri. D'après de Paiiw, hecherchei philoiaphiquet sur tri F.gyp- ( Uni et ittr le* Chinait (Berlin, l"3i), 1. Il, 4" part., p. 113 sqq., le règlement concernant le vol et les voleur» ne serait qu'une convention passée avec les Bédouins pour obtenir d'eux, moyennant rançon, la restitution des objets qu'ils avaient enlevé» au coars de leurs rallias.
i. A. BitLLsi, Difùiont et Adminittratiim dune VilU Kgyplirnnr. dan« le Recueil de Travaux, t. XI, p. 31-3B.
3. Ces deux impôts sont mentionnés expressément sous Amenolhé. Itl {DarCKi, Die AZgijptologie, p. i97-*!>u). Il y est Tait allusion dans plusieurs inscriptions du Moyen Empire.
i. Destin de Faucher-Gudin, d'aprit RwUU.il», Vonumenh riw'h, pi. i a: cf. Yisev, le Tombeau de Rekkmarâ, dans les Mémoire* de la Mution /rançon* du Caire, l. V. pi. XIII, XIV.
S. Les registres, en grande partie inédits, que renlt-tniroi les routée» de l'Europe, nous montrent en effet les pécheurs payant en poissons, les jardiniers en fleurs et en légumes, etc., les impôts ou les redevances qu'ils devaient aui seigneurs. Pour l'époque grecque, voir ce que dit Li'aaaoso, Economie politique de FÊgyple, p. 497 sqq. Dans la grande inscription d'Abydos (Mabiette, Abydo', t. 1, pi. VIII, I. 88), les tisserands attachés au temple île Séti I" acquittent leurs impositions en étoffes.
ciseau — ne se donne pas autant de mouvement que celui qui manie la houe1; — mais ses champs à lui c'est le bois, son affaire c'est le métal, — et la nuit, quand l'autre est libre, — lui, il fait œuvre de ses mains par-dessus ce qu'il a déjà fait, — car, la nuit, il travaille chez lui à la lampe. — Le tailleur de pierre qui cherche de la besogne en toute espèce de pierre durable, — quand il a fini par gagner quelque chose — et que ses deux bras sont usés, il s'arrête;