TAILLEURS DE PIERRE ACHEVANT DE PARER DES BLOCS DE CALCAIRE
— mais, s'il demeure assis au lever du soleil, — on lui lie les jambes au dos*.
— Le barbier qui rase jusqu'au soir, — quand il se met à manger, c'est sur le pouce*, — tout en courant de ruelle en ruelle pour chercher ses pratiques;
— s'il est brave [à l'œuvre], ses deux bras remplissent son ventre — de même que l'abeille mange selon son labeur. — Te dirai-je le maçon — combien le mal le goûte? — Exposé à tous les vents, — tandis qu'il bâtit sans vêtement qu'une ceinture — et que le bouquet de lotus [qu'on attache] aux maisons
1. La traduction mot pour mot donnerait : « L'artisan de toute sorte qui manie le ciseau, il est plus immobile que celui qui manie la houe. » Ici et dans plusieurs passages du môme petit poème satirique, j'ai dû parfois paraphraser le texte pour le rendre intelligible au lecteur moderne.
4. Dessin de Faucher-Gudin, d'après Rosellixi, Monument i civili, pi. XLV1I1, 2.
3. C'est une allusion à la façon cruelle dont les Égyptiens liaient leurs prisonniers comme en paquet, les jambes repliées le long du dos et attachées aux bras. La journée de travail commençait alors comme aujourd'hui au lever du soleil, et se prolongeait jusqu'au coucher, avec une courte interruption d'une heure ou deux vers le midi pour le repas et pour la sieste des ouvriers.
A. Litt. il se met $ur le coude. L'image me parait être tirée de la pratique même du métier : le ^arbier tient toujours le coude levé pour raser et ne le rabat qu'au moment où il mange.