‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient classiqueChapitre 141 sur 374 · LES MISÈRES DES GENS DE METIER · texte numérisé non relu

LES MISÈRES DES GENS DE METIER

[terminées) — est encore loin de sa portée1, — ses deux bras s'usent au travail; ses provisions sont pèle-mèle avec toutes ses ordures, — il se mange lui-même, car il n'a de pains que ses doigts, — etil se lasse tout à la fois. — Il s'épuise beaucoup et fort, — car il v a [sans cesse] un bloc [à trainerj dans cet édifice-ci ou dans celui-là, — un bloc de dix coudées sur six, — il y a [sans cesse] un bloc [à traîner] dans ce mois-ci ou dans celui-là [jusqu'aux] mâts [où l'on attache] les lotus des maisons [terminées]. — Quand le travail

est tout achevé, — s'il a du pain, il retourne à la maison, — et ses enfants ont été roués de coupsjpendant son absence]1. — Le tisserand dans les maisons,

— il y est mal plus que femme; — accroupi les genoux à l'estomac, — il ne respire pas. — Si, pendant le jour, il ralentit le tissage, — ïl est lié comme les lotus de l'étang; — et c'est en donnant du pain aux gardiens des portes, que celui-ci lui permet de voir la lumière*. — Le teinturier, ses doigts puent

— et leur odeur est celle du frai de poisson; — ses deux yeux sont battus de fatigue, — sa main n'arrête pas, — et, comme il passe son temps à tailler des loques — il a les vêtements en horreur5. — Le cordonnier est très malheureux ;

— il geint éternellement, — sa santé est la santé du poisson qui fraie, — et

I. Le passage est traduit par conjecture. Je suppose que les maçons égyptiens avaient un usage analogue à celui des nôtres et attachaient un bouquet de lotus au plus haut de l'édifice qu'ils venaient de terminer : c'est là toutefois une conjecture i[UC rien n'est venu confirmer encore.

1. Deain de Faucher-Gudin, d'nprei Gna>MLlIM>, MonumenU de l'Egypte et de la Nubie, pi. cliii, 3; cf. Bosillini, Mo nu menti civili, pi. LX1V, 1 ; Vihet,/c Tombeau de Hekhmarti, dans les Mémoire* publie"! par Ut Membre» delà Million du Caire, t. V, pi. XIII. XV. Ce tableau est de la XVII I» dynastie, mais les. sandales qui y sont figurées ne diffèrent point de celles qu'on voit sur les monuments plus anciens.

3. Papyrui Sallier n- //, pi. IV, I. 6, pi. V, I. 5; cf. Mastmo, du Genre EpUtolaire ehei te! Ancien! Hgyptitni de t'époque pharaonique, p. 50-51 ; Lauth, Die altâgyptitehc Hoehtchule :u Chennu, dan» les Compte» rendu» de l'Académie des Sciences de Munich, 1 874, I. I, p. 37 sqq.

*. Papyrui Sallier n» //, pi. VI, I. 1-3; cf. Maspero. du Genre Épiitotaire, p. 53-55, et C«a»as Recherche» pour irrvir à l'hiitoire de la XIX' dynastie égyptienne, p. 141-1 t!i.

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