‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient classiqueChapitre 155 sur 374 · DionoRe de Sicile, I · texte numérisé non relu

DionoRe de Sicile, I

3. Les corvées de l'époque ptolémaïque étaient dirigées par les vieillards, ol itpe<x6ÛTEpot (Papyrus 66 du Louvre, I. 21), c'est-à-dire par des shéîkhs, et par les roudouou, c'est-à-dire par les nazi»', ainsi que par les àa asiliou ou réis des travaux (Maspero, Études Égyptiennes, t. H, p. 4i-45). Les chaauiche* de nos jours sont les rabdophores ou rhabdistes de l'époque grecque [Papyrus 66 du Louvre, I. li»; Schow, Charta papyracea, § 4, 1. 11-12), chargés de stimuler les ouvriers à coups de bâton.

4. Dans le papyrus publié par Schow, on remarque, à coté d'esclaves, des paysans (I. 7,1. 15. f 1,1. 18% des bouviers et des bergers (3, I. 16, 5, 1. 1-2), des âniers (2, I. 16) et des ouvriers de divers métiers, potiers (6, 1. 21-22), fabricants de nattes (11, I. 8), foulons (7, 1. 26), maçons (10, I. 4), barbiers (3. 1. 26).

de les embarquer et de les convoyer à destination1. Ou bien le prince s'était fait tailler une statue gigantesque et réquisitionnait quelques centaines d'hommes qui la halaient jusqu'à l'endroit où il désirait la dresser*. L'opération se terminait par une fête, sans doute aussi par une distribution de vivres et de liqueurs : les pauvres diables qu'on avait ramassés afin de l'exécuter ne devaient pas trouver toujours qu'une journée d'ivresse et de réjouissances les payât suffisamment du temps précieux qu'ils avaient perdu.

Toutes ces corvées étaient-elles également légitimes? Certaines ne l'eussent pas été que le paysan sur lequel elles tombaient n'aurait trouvé aucun moyen de s'en défendre ou d'exiger une réparation judiciaire pour le dommage qu'elles lui causaient. La justice, en Egypte et dans tout le monde oriental, émane nécessairement de l'autorité politique, et n'est qu'une branche de l'administration confondue avec les autres dans les mains du maître et de ses délégués5. Il n'y avait nulle part des magistrats de carrière, des hommes élevés à l'étude des lois et chargés d'en assurer l'observance en dehors de tout autre métier, mais les mêmes qui commandaient les armées, qui offraient les sacrifices, qui répartissaient et encaissaient l'impôt, examinaient les procès des simples citoyens ou tranchaient les différends qui s'élevaient entre ceux-ci et les représentants du seigneur ou de Pharaon. Dans chaque ville et dans chaque village, tous ceux qui exerçaient par naissance ou par faveur le droit de gouverner étaient investis par le fait du droit de juger. Ils siégeaient un certain nombre de jours dans le mois, à la porte de la ville ou de l'édifice qui leur servait de résidence, et quiconque dans le pays ou dans la localité possédait un titre, un emploi, une fortune, le haut sacerdoce des temples, les scribes gradés ou vieillis dans les affaires, les commandants de la milice et de la gendarmerie, les chefs de quartiers ou de corporations, les qonbîtiou, les gens de l'angle, pouvaient prendre place à côté d'eux, si bon leur semblait, et expédier avec eux les affaires courantes*. La police était faite le

1. C'est ainsi que procède le roi Smcndcs de la XXI* dynastie pour faire reconstruire promptement et à peu de frais une portion du temple de Karnak, minée par les eaux et menaçant ruine (G. Daressi. les Carrières de Géhéléin et te roi Smendès, dans le Recueil de Travaux, t. X, p. 133-138, et Maspeio, A Stèle ofKing Smendes, dans les Records of the Past, 2"a Séries, t. V, p. 17-24).

2. Ainsi dans le tombeau de Thothotpou à Bcrshéh (Wilkinson, A Popular Account of the Ancieul Egyptians, 1854, frontispice du t. II, et dans G. Rawlinson, Herodotus, t. II, p. 151 ; Lepsigs, Denkm., II, pi. CXXXIV, cf. Chabas, Mélanges Égyplologiques, III* série, t. II, p. 103-119; Maspero, Etudes de Mythologie et d'Archéologie Égyptiennes, t. I, p. 55-61; Brugst.ii, Die JZgyplologie, p. 293-294).

3. Sur la valeur réelle de certaines fonctions comme celle de Sot mou âoushou ni isit mâit, et de Sabou, où Ton voulait reconnaître des emplois judiciaires, cf. Maspero, Rapport à M. Jules Ferry, Ministre de V Instruction publique, sur une Mission en Italie, dans le Recueil de Travaux, t. II. p. 159-166, et Études Égyptiennes, t. II, p. 143-148; cf. B rit. se h, Die jEgyplologie, p. 301 sqq.. W. Spiegelberc, Studien uni Materialien zum Rechlswesen des Pharaonenreiches, p. 60-63.

4. Le nom de ces personnages, lu tait, taitou, au début, un peu à l'aventure, a été déchiffré

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