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LES OISEAUX

quantité d'oiseaux erratiques, de passereaux, de palmipèdes qui s'y donnent rendez-vous de tous les points de la Méditerranée : nos hirondelles d'Europe, nos cailles, nos oies et nos- canards sauvages, nos hérons, pour ne citer que les plus connus, y viennent passer l'hiv l'abri du froid et des intempéries. Et la plupart des espèces sédentaires ne sont, à vrai dire, que des étrangers acclimatés par un long séjour. Les unes fondent avec nos races européennes, 1; terelle, la pie, le martin-pécheur, la p le moineau; les autres trahissent par cité de leurs couleurs leur origine équa ibis blancs et noirs', les flamants rose les cormorans égayent les eaux du fleuv fourrés du Delta de leurs variétés infir rangés en longues files sur les banc sable, péchant et digérant au soleil : dain, une panique s'empare de la band

s'enlève lourdement et va se poser plus loin. L-lva t'fcmii,

L'aigle et le faucon, le milan, le vautour à

tète chauve, l'émouchet, l'épervier doré trouvent dans les creux de la montagne des retraites inaccessibles d'où ils fondent sur la plaine, comme autant de barons pillards et puissamment armés. Mille petits oiseaux babillards viennent le soir percher en bandes sur les branches grêles des acacias et des tamarisques. Beaucoup de poissons de mer montent frayer en eau douce, les dupées, les mugils, les perches, le labre, et poussent leurs excursions très haut dans le Saïd1. Les espèces qui ne sortent pas de la Méditerranée sont arrivées du fond de l'Ethiopie, et en arrivent encore chaque année avec la crue, le raschal, le rai, la tortue molle, le doemac, les mor-

l.oret a proposé quelques identilications fort ingénieuses cnlrc les nom» graves sur les monuments anciens, et diverses espèces modernes {Piolet tur la Faune pharaonique, dans la Zcitichrift, I. XXX, p. M-30).

1. Les faits relatifs à l'ibis ont été recueillis par CutIu, Mémoire lur l'ibit dei ancien' Egyptien*. dans les Annalei du Mutéum d'hitlaire naturelle, 180*. t. IV, p. lift sqq., et par J.-C. Saihhii, Jlitloire naturelle et mythologique de l'ibit, dont un extrait est reproduit dans la Description de l'Egypte. t. XXIII, p. 435 sqq. On pense qu'une des espèces antiques a disparu de l'Egypte et ne se rencontre plus que vers les régions du Ilaut-MI; il se pourrait qu'il en subsistât quelques familles dans les grands fourrés d'eau qui encombrent la partie occidentale du lac Memaléh.

t. Bénin de Faueker-Gudin, d'aprtt la Commiition d'Egypte, Oisbiui, pi. Vil, 1.

3. HitiovoTi, 11, ICIU, dont Isidore CeofTmv Rilnt-lllliire a corrigé les erreurs dans la Deirrîptioa de l'Egypte. I. XXIV. p. ISS.

3<i LE NIL ET L'EGYPTE.

myres'. Plusieurs atteignent une taille gigantesque, le bayad et la tortue' près de 1 mètre, le latus jusqu'à 3 mètres1; d'autres se distinguent par leurs

propriétés électriques, comme le silure trembleur*. La nature semble avoir

créé le fahaka dans un moment de bonne humeur. C'est un poisson allongé,

"ui naît au delà des cataractes.

Le Nil l'entraîne d'autant plus

fc aisément qu'il a la faculté

de s'emplir d'air et de se

gonfler à volonté : quand il est

;ndu outre mesure, il bascule

LB tiBAtl et file à la dérive, le ventre au vent

et tout semé d'épines qui lui prêtent

l'apparence d'un hérisson. Pendant l'inondation, il roule de canal en

canal au gré du courant; les eaux en se retirant l'abandonnent dans les

champs limoneux, où il devient la proie des oiseaux ou des chacals et sert

de jouet aux enfants1.

Tout se règle donc sur le fleuve, le sol, ses productions, l'espèce des animaux qu'il porte et des oiseaux qu'il nourrit : les Egyptiens l'avaient rangé au nombre de leurs dieux'. Us lui attribuaient la figure d'un homme

1. Isidork Gfiorrcor StiST-HiniiiE, llittoire naturelle dei paillons du NU, dans la Dttcription rie l'Egypte, l. XXIV, p. 101, 335, pic.

t. Trùmyx /Egyptiacus;el, Loret, Note* eur la Faaue pharaonique, dans la Zeitsrhrifl, t. XXX, p. Î5.

3. Isidiwl Gkokeroi Siifti-lliuiBi, llittoire naturelle ilei poissons du Nil, dans la Description, 1. XXIV, |j. à'», 346-347. I.e lalus s'appelait en égyptien ûliou, le guerrier (Pktrie, Medum, pi. XII et p. 38) :on en voit un exemplaire de grande taille dans la vignette do la pape 87.

4. Le nârou dos anciens figyplieiiB (Maspebo. Éludée égyptienne*. I. II. p. 75, il. 4), décrit par lniikirv Geoffroy Saint-Ililairc- [Histoire naturelle de* poiitoit* du Ml, dans la Description, l. XXIV, p. 390-3117).

5. Ceofkhov Saint-Hiiairr, llittoire naturelle de* poiison* du Nil. dans ta Description, t. XXIV. p. 176-ÏI7. La liste la plus complète que je connaisse des poissons du Nil est celle d'A.-B. Clot-Bki. Aperçu général *ur [Egypte, I. I, |>. 431-Ï34, mais les noms arabes y sont fort délivrés.

fi. Jabloiiski a réuni, dans son l'unlheon tâgyptiorum, t. Il, p. 138-1711, il-t-iM, i3l-ï5H, les ren-

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