LE DIEU ML
aux traits réguliers, au corps vigoureux et chargé d'embonpoint, ainsi qu'il convient un homme riche et de haute race. Ses seins, développés comme ceux d'une femme, mais moins fermes, pendent lourdement sur une poitrine large et plissée de graisse. Une ceinture étroite, dont les bouts lui flottent sur les cuisses, soutient la masse de son ventre : des sandales aux pieds, sur la tête un bonnet collant, surmonté à l'ordinaire d'une couronne de plantes aquatiques, complètent son ajustement. Quelquefois l'eau jaillit de sa mamelle ; il présente une grenouille ou des vases à libations', il tient un paquet
de croix ansées*, symboles de duii ricmsrn niuct » utci qu'ils mwiin h nuxp»3. vie, il porte une table plate
couverte d'offrandes, des bottes de fleurs, des épis, des paquets de poissons et d'oies attachées par les pattes. Les inscriptions l'appellent « Hàpi, le père des dieux, te maître des aliments, qui fait naître les subsistances et inonde les deux Êgyptes de ses produits, qui donne la vie, chasse la misère, et remplit les greniers à regorger' ». Il se dédouble en deux personnes, colorées parfois l'une en rouge, l'autre en bleu : la première, qui a sur la tête un bouquet de lotus, préside à l'Egypte du sud, la seconde est coiffée d'une touffe de papyrus et veille au Delta". A ces deux Hàpi correspondaient deux déesses, Mirit Qimàit, la berge méridionale, Mirit Mîhit, la berge septentrionale, qui personnifient les deux rives : on les voit souvent debout, les bras levés
seignemeDta que les écrivains classiques nous avaient légués «ut le dieu Nil. On trouvera l»s principaux textes hiérogljphiquei relatifs à cette divinité dans AnusDALt-Bmioxi-Binui, Gattery af Antiguitien nelerted from the BrilUh Muieum, p. ir.-tc, pi. XIII : YYiliumm, Mannert and lluitomt, V éd., t. III. pi. XLIV.p. îtlft-ilO; Bxvesr.u.Gcogr. Intchrifttn, l. I, p. 77-7H, el Religion und Mythologie lier altr.ii .Egypter, p. B38-G*l ; LiMMi, Diiionario di Mitologia Eghia, p. Sl-t-SSS, pi, CXCVI1I-CXCIX.
I. CMkHPoLUim.Monnnuntt de l'Egypte, p\.f.\\XUl, ! ; IIoselli.m, JUoiiuniend'dei Culto, pi. XXV, XXVII
I. WiLiraoN, Materia (Ser. Il), pi. XLII, n* 3. et Vannera ami Cuilnmt, f éd., I. RI, pi. XLIV, n- 3
II. Dettin de Faucher-Gudin, d'aprèt une peinture de Mëidoum. — Pire», Medûm. pi. XII.
t AmniHALE-Boxavi-BiRCN, Gattery of Antiquitirt, pi. 13 ; [.mus. Auswtiht derieichligilen iirkunden dit A'.gyptitchen AltAerthum», pi. XV e.
S. Cm» pull ion, Monument», pi. CGC: Rosf.li.isi, Moaumenti storici. pi. XXXIX: Lr.Kirs. Denlim., III, ï. Wilkïnson (Mannert and C.uttonu. f éd., t. III, p. Ï09) est le premier qui se soit avitc do reconnaître dans le dieu peint en rouge le Nil haut, le Nil rouge, et dans le dieu peint en bleu le Nil a l'étiage. Cette opinion a été généralement Adoptée Hcpiiii (Rmellisi, Mon. ttiir., P" 1\ p. ii!l, o.t; AavKtuLE-Bunnifi-BiacH, l'.atlery, p. ï!>); elle me paraît être moins certaine qu'on ne l'a cru. I.a couleur n'est là, comme ailleurs, qu'un moyen de différencier au\ veu\ ilem perMiririnjji's.
LE !fIL ET L'EGYPTE.
comme pour demander l'eau qui doit les rendre fécondes1. Le Nil avait chaque canton sa chapelle et ses prêtres, auxquels le droit revenait d'ensevelir tous les cadavres d'hommes ou d'animaux que le courant rejetait sur les rives : le dieu les avait pris, ils appartenaient à ses serviteurs2. Plusieurs villes lui étaient * i consacrées, Hàthâpi, Nouît-
W Hâpi, NilopolisV En Thé-
baïde, on disait qu'il habitait dans l'île de Bigèh une grotte, une châsse (tophit), de laquelle il sortait à l'inondation : c'était une tradition du temps où l'on croyait que la cataracte coulait aux bornes du monde et amenait le fleuve
dans
LA DÉKSSK HIRIT COirrftK DU BOI'QIET DR PAPYRUS.
divin du ciel sur notre terre 4. Deux gouffres (qorîtï), béants au pied des deux falaises de gra-
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