‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient classiqueChapitre 162 sur 374 · LES HABITANTS DU DESERT D'ARABIE · texte numérisé non relu

LES HABITANTS DU DESERT D'ARABIE

manquaient1. La vue des richesses accumulées dans la plaine orientale, de Tanis à Bubaste, surexcitait leurs instincts pillards et soulevait en eux des convoitises inextinguibles : les annales égyptiennes mentionnaient leurs incursions dés avant l'histoire, et prétendaient que les dieux euxmêmes avaient du se prémunir contre elles. Le golfe de Suez et le rempart montagneux du Gebel GénefFé au sud, les marais de Péluse au nord, couvraient le front du Delta presque en entier; mais l'Ouady Tournilàt menait tes envahisseurs droit au cœur du pays, lies Pharaons des dynasties divines', puis ceux des dynasties humaines, avaient barré cette brèche naturelle, les uns disent d'une muraille continue, les autres d'une rangée de postes qui s'appuyaient sur le golfe1.

Snofroui restaura ou fonda . ,

plusieurs châteaux qui perpétuaient son nom dans ces parages longtemps après sa mort". Ils avaient la forme carrée ou rectangulaire des citadelles dont on voit les ruines aux bords

1. Ce sont, ii peu de chose près, les produits que le» Bédouins de ces parages apportaient encore régulièrement sur les marchés d'Egypte au commencement de noire siècle (J. M. J. IIoiiiei.lk, Obirrratinimur ta topographie de ta prenqu'ile du Sinai, dans la Drtniplivii de f Egypte, t. XVI, p. 18;i-lS7).

4. Voir p. 170 de celte Hittoirece qui est dit des Torts construits par le dieu Kà, à l'Orient du Delta.

g. L'existence du mur ou de la ligne de postes est Tort ancienne, car le nom de Klm-Olrll est déjà suivi de l'hiéroglyphe de la muraille {Papi J", I. 47; Mlriiiii, I. 38; Teti, I. tli), ou de celui de l'enceinte forliliëe (Miniiri, I. 114) dans les textes des Pyramides. Les pression Klm-Olrtt, fa trrt Xoire, s'applique à la partie septentrionale de la mer Hougo, par parallélisme avec Ouaï-OIrit, Uuailt- Mrll, la Irèë Verte, la Méditerranée (Kam*. Xur Erklm-ung der Pyramidrnteite. clans la ieitsrhrift, I. XXIX, p. 11-15; ef. Mit HClles, Asien und Eurapa nach Alliïgyptiirhen DenkmnUrn, |> lUaqq.); une ville, bâtie probablement à peu de distance du l.ourg actuel de Maghftr, avait pris te nom du (folle sur lequel elle élait située, et s'appelait également klm-Oirll.

4. Denin de Fauthrr-Gudin , d'aprè* une photographie de Pétrie. L'original est de l'époque de INeclanébo et se trouve à Karnak; je l'ai reproduit de préférence aux ligules du temps de l'Ancien Empire, qui sont moins bien conservées, et dont il n'est que la reproduction traditionnelle.

5. Papyrut de Berlin n" /, I. 16-17 (ef. C.ii.ibh, te' Papyrus hiératique/ de Berlin, p. 38-3(1), et P.tpyrut if I de SaiuUPftertbourg, cité cl analysé par Colénisclieiï dans la Zeit/chrift, 1878, p. Mil: tn/rription d'Outil, I. 11. Dans ce dernier lente, Snofroui csl désigné seulement par son nom d'Horus, Horou uib mdlt (cf. Su»:, Sin nruer lloru/name, dans la Zeit/chrift, t. XXX, p. Si).

du Nil : les sentinelles, debout nuit et jour derrière tes créneaux, scrutaient le désert du regard, prêtes à donner l'alarme au moindre mouvement suspect. Les maraudeurs profitaient de tous les accidents de terrain pour s'approcher inaperçus, et réussissaient souvent à forcer le cordon1 : ils se dispersaient dans la campagne, surprenaient un ou deux villages, entraînaient quelques femmes et quelques enfants, s'emparaient des troupeaux, et, sans pousser plus loin l'aventure, se dépêchaient de regagner leurs solitudes avant que le

bruit de leurs exploits se fût trop répandu. Dès que leurs courses se multipliaient, le commandant de ta Marche Orientale ou Pharaon lui-même se mettait à la tète d'une petite armée et entreprenait contre eux une campagne de représailles. Ils n'attendaient pas le choc de pied ferme, mais ils se réfugiaient dans des abris préparés à l'avance sur certains points de leur territoire. Ils érigeaient çà et là, sur la crête de quelque colline escarpée, ou vers le confluent de plusieurs Ouadys, des tours en pierre sèche, groupées en nombre inégal, par trois, par dix, par trente, arrondies au sommet comme autant de ruches : ils s'y entassaient tant bien que mal et s'y défendaient désespérément, dans l'espoir que le manque d'eau ou de vivres forcerait l'assaillant à se retirer bientôt9. Ailleurs, ils possédaient des douars fortifiés où

I. On lit dan» le l'apymi de Berlin n° 1, l. 1G aqq. (Mjspf.ro, let Conta populaire*. î" éd., p. 99). la description d'un de ces forte, ut la façon dont Sinouhlt dérohe g* marche aux veilleurs : il reste tapi dans les buissons du voisinage pendant tout le jour et ne reprend son chemin qu'à 11 nuit close.

S. Deuin de Favchrr-Gudin, d'aprft la vignette de F.. H. Pilhes. the Detert of the Exodut.p. 31;.

3. Les membres de la commission anglaise n'hésitent pas à faire remonter ces tours jusqu'à la plus

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