Vf. Fl. Pétrie. Medunt, pi. XXXIII, I. 8-10. et p
3. Klle a été découverte par M. Pétrie, Medum> p. 8-10, pi. IV, et Tcn Years Digging in Egypt. p. 140-141; M. Pétrie l'a remblayée en quittant les lieux pour la sauver des Arabes et des touristes.
LES MASTABAS DE MÉluOUM. 364
reposer auprès de lui, selon l'usage, et lui faire une cour dans l'autre monde comme dans celui-ci. La domesticité occupe des fosses grossières, souvent à même le sol, sans cercueils ni sarcophages. Le cadavre n'y est pas étendu sur le dos tout de son long, dans l'attitude du repos; il gît le plus souvent sur le flanc gauche, la tète au nord, la face à l'est, les jambes pliées, le bras
droit ramené contre la poitrine, le bras gauche appliqué au ras du buste et des jambes1. Peut-être les gens qu'on enterrait dans une posture si différente de celles que nous connaissons aux momies ordinaires appartenaient-ils à une race étrangère, qui avait conservé jusqu'après la mort quelques-unes des coutumes de son pays d'origine. Les Pharaons peuplaient souvent leurs cités royales avec des prisonniers de guerre relevés sur les champs de bataille ou ramassés dans une course à travers les contrées ennemies : Snofroui a pu emplir la sienne de Libyens ou de Monitou captifs3. Le corps descendu, les
I. Deisin de FatKhcr-Gvdin d'aprii le eroquit de t'i. Pétrie, Itn Yeart' Digging in F.gypl, p. 141.
î. W. Kl. Petrle, Medum, p. tt-tt. Plusieurs de ces momies étaient, mutilées, une jambe manquant à l'une, un bras ou une main à l'autre; c'étaient peut-être des ouvriers tombés victimes d'un accident pendant la construction <\<\ In (îyru riiickv Ibns la [ilujinrl (les cas, les partie dclsirhi-cs avaient été déposées soigneusement avec le corps, bien rei'laiei'eient alin que le double les retrouvât dan» l'autre monde et pûl s'; compléter à volonté pour les besoins de son existence nouvelle.
3. Pétrie pense que le* gens enterres dons la posture contractée appartiennent à la race aborigène
36*2 L'EMPIRE MEMPIHTE.
parents qui avaient conduit le deuil entassaient dans un trou voisin le mobilier funéraire, des outils en silex, des aiguilles en cuivre, une vaisselle de poupée en terre rude et mal cuite, du pain, des dattes et des provisions de bouche dans des plats empaquetés de toile1. Les nobles ont rangé leurs mastabas sur une seule ligne au nord de la pyramide; ce sont des masses de forte taille et de belle apparence, mais vides pour la plupart et inachevées*. Snofroui disparu, Khéops, qui lui succéda, abandonna la place, et les courtisans, renonçant à leurs tombes, allèrent s'en construire d'autres autour de celle de leur maître nouveau. On ne rencontre guère à Méîdoum d'hypogées finis et habités que ceux des personnages morts avant Pharaon ou peu de temps après lui3. La momie de Rânofir, l'un d'eux, nous montre combien les Égyptiens avaient poussé loin l'art de l'embaumeur dès cette époque. Le corps en est bien conservé, mais très réduit ; on l'avait habillé d'une étoffe mince, puis enduit d'une couche de résine qu'un sculpteur habile avait façonnée en une image ressemblante du défunt, puis roulé dans trois ou quatre tours d'une sorte de gaze ténue et presque transparente4. La plus importante des tombes, qui appartenait au prince Nofirmâît et à sa femme Atiti, est décorée de basreliefs d'une facture particulière : les figures se découpent en silhouette dans le calcaire, et le creux en est comblé d'une mosaïque de pâtes teintées qui accusent le modelé et la couleur des parties8. Partout ailleurs on a employé les procédés ordinaires delà sculpture, le bas-relief rehaussé de couleurs éclatantes, d'un style très naïf et très fin : les figures d'hommes et d'animaux y prennent une vivacité d'allures qui étonne, et les objets, même les hiéroglyphes, sont rendus avec une minutie qui ne laisse échapper aucun détail8. Les statues de Râhotpou et de la dame Nofrit, découvertes dans un mastaba à demi ruiné, ont eu la bonne fortune d'arriver jusqu'à nous sans éprouver le moindre dommage, presque sans rien perdre de leur fraîcheur primitive7 : on
de la vallée, réduite en vasselage par une race qui serait venue d'Asie et qui aurait établi le royaume d'Egypte : celle-ci serait représentée par les momies de posture allongée (if edum, p. 21).