LA GRANDE PYRAMIDE DE GIZÉH
faisons nous-mêmes, moins sur le témoignage positif de leurs actes que sur la taille et sur le nombre de leurs monuments : ils mesurèrent la grandeur de Khéops aux dimensions de sa pyramide, et, tous les peuples suivant cet exemple, le nom de Khéops est demeuré l'un des trois ou quatre noms d'au-
trefois qui sonnent familiers à nos oreilles. Les collines de Gizéli se terminaient alors en un plateau nu, balayé par le vent. Quelques mastabas isolés s'y espaçaient, semblables à ceux qui couronnent encore de leurs ruines la montagne de Dahshour'. Le Sphinx, déjà enseveli jusqu'aux épaules, dressait sa tète à
dfaouvertt* dans le petit temple de la XXI" dynastie, situé à l'ouest de I» (iraurfe l'vrainiiie (Niiutrrf, te Straptum de MemphU, éd. Mispluo, t. I," |.. tfiMIHI), est conservée au musée de Cijsi-h (Miiitieits, Htiniimeiitx dirrn, pi. 33). Elle n'a pas été fabriquée île toutes pièces soi» la XXI* dynastie, comme l'a dit M. r'Iinders Pétrie il'yraniidii nf Gisrh, p, i!), (>!i sqq.), niais l'inscription à peine lisible gravée sur le plat de la plinthe indique qu'elle a été refaite par un roi d'époque salle, peutêtre par Saharon, alin lie remplacer une stèle antique de même teneur, qui tombait en poussière (K. oe KnicH, llecherche* sur 1rs momimeiitt, p. .t« sqq. ; JiASrBito, Guide du Visiteur, p. illi-ÎIIH),
1. Oemiii de Faueher-lludiu, d'après ta photographie publier dan* CUrdnanrr Surrcy, l'hniiiijriiph.t, t. III. pi. 5. A (laurhe, le Pharaon, debout, assomme un Honjti, devant le dieu Tliot à lête J'ibis; sur la droite, la scène est détruite et l'on n'aperçoit plus que les titres royaux, sans figures.
1. Personne n'n remarqué, je crois, que plusieurs des rm>slabas construits solcm Kbéops, autour de la pyramide, contiennent dans la maçonnerie des pierres provenant d'édifices anlérirnrs. Celles que j'ai vues portaient des sculptures île même style que les beaul mastabas de Dahshour (.1 nniu, Quatre Années de fouilla, dans les Mémoires de la Mitsio» du Caire, t. I, p. 14'J sqq.).
:Wi L'EMPIRE MEMPHITE.
mi-côte du versant oriental, vers le Sud1; le temple d'Osiris, maître de la nécropole, disparaissait presque entièrement sous le sable, à côte de lui ,
et, par derrière, de vieui hypogées délaissés s'ouvraient dans le roc3. Khéops choisit au rebord septentrional du plateau un site d'où la vue s'étendait à la fois sur la cité du Mur Blanc et sur la ville sainte d'Héliopolis*. On dégrossit rudement et on engloba dans la maçonnerie un petit tertre qui le dominait : on aplanit le reste pour v étaler le premier lit de pierres. La pyramide avait une hauteur de cent quarante-cinq mètres et une base de deux cent trente-trois, que l'injure du temps a rabattues respectivement à cent trente-sept et à deux cent vingt-sept mètres. Elle retint jusqu'à la conquête arabe son parement patiné, coloré par l'âge, et si subtilement agencé qu'on aurait dit un seul bloc du
I. La stèle du Sphinx porte, à la ligne 13, le cartouche de Khéplirèn au milieu d'une lacune (Vm- Pjumiim, Appaidix ta Oprratim,* rarrird an al the Pyraïuid* nf Ghth, I. III. pi. B. en fore la liage US; I.epsiis, Ûenhin.. lit", G3; Yuiw;, Ilieroglyphics. pi. I.KXX). Il y avait là. je crois, l'indication d'un déblaiement i!u Spliinv upéré sous ce prince, par suite, la preuve à peu près certaine que le Sphinx était ensablé déjli nu temps de Khéops el de ses prédécesseurs.
3, Mariette identifie le temple qu'il découvrit au sud du Sphinx avec le temple d'Osiris maître de la nécropole, qui est mentionné dans l'inscription de la fille de Khéops (lu Sérapéam de Nemphii, édit. Maspero, t. I, p. 39-1(111). Ile temple est placé de telle façon qu'il s'ensable nécessairement en mémo temps que le Sphinx : je crois donc que la restauration faite par Khéops, d'après l'inscription, n'était qu'un simple déblaiement, analogue a celui par lequel Khéphrèn parvint à dégager le Sphinx.
3. Ces hypogées, dont plusieurs sont ligures dans Mariette ((ej Mastabas dr l'Anririi Empirr. p. 5-13 sqq.). nu sont pas décorés pour la plupart. L'examen attentif auquel je les ai soumis en ItKLV 1MSU me porto à croire que beaucoup d'entre eux doivent être à peu près contemporains du Sphinx, c'est-à-dire qu'ils ont été creusés et occupés assez longtemps avant l'époque de la IV* dynastie.
1. Les pyramides ont inspiré toute une littérature dont je n'ai pas à dresser ici la bibliographie Klles ont été depuis le commencement du siècle étudiées par Groberl {lleseriplion dr* Pyrnmidn dr t'.hhé, de ta ville du Caire et dr ses rneirans, iSIM). par Jomard {lletcriplion générale de Memphi' et des Pyramide*, dans |« Drterïptiou de l'Egypte, t. V, p. ii!M-6S7), par Bcljoni (Sarralire nf thr Opérations and lièrent Disnwrrie* trilhin thr P,,r<tt>iids, etc., I8in. p. 4:i5-*8i), par Vwc et l'errinn [The Pgramidt af tliieh, lsiMJ-IHM, et Opérations rarrird on al thr Pyramide nf Giieh in 11131. IRlO-IRii), par Piazzi Smyth {Life and HW* al th.- i'.rrat Pyramid, IStî"). el enfin par Pétrie (Thr Pyrainids and Temples ofGhrh, 1HS3). qui n'a plus laissé grand chose à faire à ses successeurs.