‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient classiqueChapitre 178 sur 374 · LE NOME MEMPHITE ET L EMPLACEMENT DES PYRAMIDES DE L'ANCIEN EMPIRE · texte numérisé non relu

LE NOME MEMPHITE ET L EMPLACEMENT DES PYRAMIDES DE L'ANCIEN EMPIRE

386 L'EMPIRE MEMPH1TE.

pyramides devaient présenter les faces aux quatre points cardinaux, comme les mastabas; mais, soit maladresse, soit négligence, la plupart ne sont pas orientées fort exactement, et plusieurs s'écartent sensiblement du nord vrai. La grande pyramide de Saqqarah ne décrit pas à la base un carré parfait, mais un rectangle allongé de Test à l'ouest : elle est à degrés, c'est-à-dire qu'elle se compose de six cubes à pans inclinés, d'inégale hauteur et en retraite l'un sur l'autre de deux mètres environ1. La plus haute des pyramides en pierre de Dahshour se penche de 54° 41' sur l'horizon à la partie inférieure, mais à mi-hauteur l'angle se resserre brusquement et se réduit à 42° 59'; on dirait un mastaba surchargé d'une mansarde gigantesque1. Tous ces monuments avaient leur mur d'enceinte, leur chapelle, leur collège sacerdotal qui y célébra longtemps les offices sacramentels en l'honneur du prince défunt, leurs biens de mainmorte administrés par le chef des prêtres de doi/ble ; tous recevaient un nom, la Fraîche, la Belle, la Divine en ses places*, qui leur conférait une personnalité et comme une âme vivante. Ils formaient à l'ouest du Mur-Blanc une longue chaîne dentelée, dont les extrémités se perdaient au sud comme au nord dans les lointains de l'horizon : Pharaon les apercevait des terrasses de son palais, du jardin de ses villas, de tous les points de la plaine où il promenait sa résidence, entre Héiiopolis et Méîdoum, comme un mémento constant du sort qui l'attendait en dépit de sa divinité. Le peuple étonné et inspiré par leur nombre, par la diversité de leur taille et de leur apparence, racontait de la plupart d'entre elles des histoires où le surnaturel jouait un rôle prépondérant. H savait évaluer à quelques onces près les monceaux d'or et d'argent, les bijoux, les pierres précieuses qui décoraient les momies royales ou qui encombraient les chambres funéraires; il n'ignorait aucune des précautions que les architectes avaient prises pour mettre ces richesses à l'abri des voleurs, et ne doutait pas que la magie n'y eût joint la sauvegarde plus efficace des talismans et des génies. 11 n'admettait pyramide si mesquine qu'elle n'abritât ses défenseurs mystérieux attachés à quelque amulette, le plus souvent une statue animée par le double du fondateur*. Les Arabes d'aujourd'hui les connaissent encore et les craignent par tradition. La grande pyramide recelait une image noire et blanche, assise sur un trône

\. Voir p. 242-244 de cette Histoire la description plus complète et la figure de cette pyramide.

2. Vyse, Opérations carried on at the Pyramids in 1837* t. III, p. 65-70.

3. La fraîche* Qobhou, était la pyramide de ShopsiskaC, dernier roi de la IVe dynastie (E. de Rocgè. Recherches sur les Monuments, p. 74), la Délie, Noria, celle de Dadkerf Assi (m/., p. 100), et la Divine en ses places, INoutir IsouItou (id.f p. 99), celle de Menkaouhorou, qui appartiennent à la V* dynastie.

4. Maspkro, Études de Mythologie et d'Archéologie Égyptiennes* t. 1, p. 77 sqq.

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