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LA MARINE ET LE COMMERCE MARITIME DES EGYPTIENS

bre, sapin, cyprès, cèdres, ils le tiraient des forêts du Liban ou de l'Amanos. On trouve encore des perles d'ambre près d'Abydos, dans les tombes

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bronze lui-même, prenaient sans doute les mêmes voies que l'ambre*. Les Iribus de race inconnue qui peuplaient alors les cotes de la mer Egée, les recevaient en dernier lieu et les transmettaient soit directement aux Égyptiens, soit à des intermédiaires asiatiques qui les transportaient en Egypte. L'Asie Mineure avait d'ailleurs ses richesses en métaux comme en bois, son cuivre, son plomb, son fer que certaines nations de mineurs et de forgerons exploi-

I. J'ai ramas».? dans les tombes de la VI* dynastie, au Kom-cs-Sullan. et dans la partie de la nécropole d'Abydos où se trouvent les tombes des XI* et Xlt* dynasties, quantité de perles en ambre, fort petit» pour la plupart. Mariette, qui en avait trouvé un certain nombre au même endroit, et qui les avait déposées au Musée de Boulaq, le» avait prises pour des perles de verre jaune ou brun, tlérninposées. Les propriétés électriques qu'elles conservaient encore ont prouvé l'identité de la matière.

3. Je rappelle que l'analyse de quelque» objet» découverts à Méldoum par M. Pétrie a prouvé qu'ils étaient fabriqués en brome, renfermant 9,1 pour 100 d'étain (J.-ll. GLAMtOM, On tnelaitir Copper, Tin mut Anlinionij fnttu Aiiririil Eaypt. dans les Proceedingt de la Société d'Archéologie Biblique, 189Î, t. XIV. p. ÏÎ3-S4G) : on employait donc dès la IV* dynastie le brome a coté du cuivre pur.

3. Drnin de Fanrhe.r-Giidin, d'apr/1! une photographie d'Emile Brug>eh-Bey : le tableau est emprunté à une des parois du tombeau d'Api, découvert & Saqqarah et aujourd'hui conservé au Musée de r.izéli (VI' dynastie]. L'homme debout sur la proue est le pilote d'avant, chargé de sonder le

i. Suoao» Buxach, t'Étain eelliqur. dans V Anthropologie, 1894, p. 280, noie il (cf. Ihe Babyioninn and Oriental Hfcord, l, VI. p. 139, note I). et le Mirage oriental (entrait de l'Anthropologie, 1891. p. 39 <qq.). où sont evprimées des idées analogues i celle» que j'expose dans le texte de cette Hittoire.

304 L'EMPIRE MEVPHITE.

tèrent de toute antiquité. Les caravanes faisaient la navette entre l'Egypte et les contrées de civilisation chaldéenne. à travers la Syrie et la Mésopotamie, peut-être même par la voie plus courte du désert jusqu'à Ourou et jusqu'à Babvlone. Les relations de peuple à peuple étaient fréquentes dés lors et très fructueuses, mais on les sent et on en devine l'importance plus qu'on ne les saisit sur le fait ou qu'on n'en constate les résultats positifs. Elles demeuraient encore pacifiques, et, le Sinai excepté, Pharaon ne songeait pas à quitter sa vallée pour s'en aller au loin piller ou subjuguer les pays d'où lui arrivaient tant de richesses. Le désert et la mer qui protégeaient l'Egypte contre la convoitise des Asiatiques au nord et à l'est, protégeaient aussi efficacement les Asiatiques contre les convoitises de l'Egypte.

Vers le midi au contraire, le Nil offrait une voie toute tracée à qui voulait pénétrer au cœur de l'Afrique. Les Égyptiens n'avaient possédé au début que l'extrémité septentrionale de la vallée, de la mer au défilé de Silsiléh, puis ils s'étaient avancés à la première cataracte, et Syène avait marqué pendant quelque temps la limite extrême de leur empire1. A quelle époque avaient-ils franchi cette seconde frontière et repris leur marche vers le sud, comme pour remonter au berceau de leur race ? Ils avaient gagné de proche en proche jusqu'au grand coude que le fleuve décrit près du village actuel de Korosko*, mais le territoire conquis de la sorte n'avait pas encore sous la Ve dynastie de nom, ni d'organisation particulière : il se rattachait à ia baronnie d'Éléphantine et mouvait directement de ses princes. Ceux des indigènes qui habitaient la berge même paraissent n'avoir pas opposé une résistance opiniâtre aux envahisseurs : les peuplades du désert se montrèrent plus difficiles à réduire. Le Nil les séparait en deux masses distinctes. A droite, la confédération des Ouaouaiou s'étendait dans la direction de la mer Rouge, des parages d'Ombos à ceux de Korosko, dans les vallées que les Ababdéhs occupent aujourd'hui3; elle confinait vers le sud aux tribus des Mâzaiou, de qui nos Mâazéh contemporains descendent probablement4. Les Amamiou campaient sur la rive gauche en face

1. Voir p. 44-45, 74 de cette Histoire ce qui est dit des frontières primitives de l'Egypte au Sud.

2. Cela Hemblc résulter d'un passage de l'inscription d'Ouni. Ce ministre lève des troupes et demande des bois de construction chez des tribus du désert dont les territoires se touchent vers ce point de la vallée : la façon dont les réquisitions s'opèrent (I. 15-15, 18, 45-47) montre qu'il s'agissait là non pas d'une exigence nouvelle, mais d'une opération familière, par suite que les peuples énumérés étaient liés par des traités réguliers avec les Egyptiens, depuis quelque temps au moins.

3. La position des Ouaouaiou a été déterminée exactement par Brugsch {Die JSegerstnmme der Una Inschrift, dans la Zeittchrift, 1884, p. 31). Leur nom a été assimilé par les Égyptiens à la racine nuanua, crier, piailler, et a été compris les criailleurs, les piailleurs, plus tard les gens qui crient, qui conspirent contre Horus le jeune, et qui soutiennent Sit, le meurtrier d'Osiris.

4. Les Mnzaiou, d'après les renseignements que fournissent les inscriptions d'Ouni et de Hirkhouf, confinent au Nord avec les Ouaouaiou. Ils sont rais en rapport avec le Pouanft, et c'est leur pays

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