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LA NUBIE ET SES TRIBUS: LES OUAOUAIOU ET LES MÀZAIOU

des Màazéli, et la contrée d'Iritit faisait vis-à-vis au territoire des Ouaouaiou1 . Aucun de ces peuples barbares n'était sujet de l'Egypte, mais ifs reconnaissaient tous sa suzeraineté, une suzeraineté de nature assez douteuse, analogue à celle que les khédives

exercent de nos jours sur 4

leurs descendants. Le désert ne leur fournit point de quoi vivre : les pâturages amaigris de leurs Ouadys nourrissent quelques troupeaux de moutons, des bœufs en petite quantité, des ânes, mais les cultures qu'ils essayent au voisinage des sources ne leur rendent que des récoltes insignifiantes de légumes ou de dourah'. Ils mourraient littéralement de faim s'ils ne pouvaient venir se ravitailler aux bords du Nil. D'autre part, la tentation est forte pour

eux de tomber à l'impro- u sdmi m n*t de l'eipme ««imite.

viste sur les villages ou sur

les habitations isolées à la lisière des terres fertiles, et d'en enlever les bestiaux, les grains, les esclaves hommes ou femmes; car ils auraient presque toujours le temps de regagner la montagne avec leur butin et de s'y mettre a l'abri des poursuites, avant que la nouvelle n'en parvînt au poste de gendar-

que le Soleil rencontre dana sa course à coté de cette région (Bavcscii, Die Scgertlâmme der Una Ituehrift, dans la Zeitickrift, 188Ï, p. 35); ils touchaient au littoral de la mer Rouge comme les Uuaouaiou (Bruckh, Die £ltàggptùche Vôlkertafel, dans les Ahhandlungeii de» 5'" Internationale» Orientatitten-Congresies, t. H, p. 61). el peut-itre la ville de Massaouah conserve-l-elle leur nom.

1. Sur la position de ces peuples, voir IHaspsbo, Sur le payi de Silou, dans le Recueil de Travaux, I. XV, p. loi. Les Ouaouaiou, les Nâzaiou, tes gens de l'Amamlt et de l'Iriltl avaient fini pur former dans l'esprit des Égyptiens un ensemble indécomposable, qu'on appelait sous la XII' dynastie Ici quatre peupla étrangers {liucription a" Amoni-Amenemhûit à Beiii-Haman, 1. S).

î. Le récit d'une razzia d'Ousirtasen III décrit ces contrées (Lersius, Dritkm., Il, 136 A. I. 14-113) : a Je pris leurs femmes, j'emmenai leurs serfs, sortant vers leurs puits, chassant leurs bœufs, gâtant leurs moissoni et y mettant le feu », Un des princes du peuple d'\mami donne des ânes a llirkhouf pour sa caravane (Scbiipabeili, Una tomba Egiziana iaedita délia VI' dinaitia, p. 33).

merie le plus proche. Des traités conclus avec les maîtres du pays les autorisent à descendre dans la plaine, pour y échanger pacifiquement contre du blé et de la dourah le bois d'acacia de leurs forets, le charbon qu'ils en fabri-

quent, des gommes, du gibier, des peaux de bête, l'or et les pierres prélieuses qu'ils extraient de leurs mines : ils s'engagent en revanche à ne commettre aucun acte de brigandage et à faire la police du désert moyennant une solde. Il en était déjà ainsi dans les temps anciens1. Les tribus se louaient à Pharaon. Elles lui apportaient des poutres de sont à la première réquisition, quand il avait besoin de matériaux pour se construire une flotte au delà de la première cataracte*. Elles lui prêtaient des bandes tout équipées, lorsqu'une campagne contre les Libyens ou contre les Asiatiques le forçait à recruter ses armées8 : les Mâzaiou entraient si nombreux au service de l'Egypte que leur nom servit à désigner les soldats d'une manière générale, comme on donne au Caire celui de Berbérins aux portiers et aux veilleurs de nuit4. Parfois le naturel prévalait chez ces gens sur le respect de la foi jurée, et ils se laissaient entraîner à piller les cantons qu'ils étaient convenus de défendre : les colons de Nubie avaient souvent à se plaindre de leurs exactions. Quand elles dépassaient par trop la mesure et qu'il devenait impossible de fermer les yeux plus longtemps, on expédiait contre eux des troupes légères qui les contraignaient promptement à la raison. C'étaient, comme au Sinai, des victoires faciles. On recouvrait en une fois ce que les Ouaouaiou avaient volé en dix de troupeaux et de fellahs, et le général heureux perpétuait le souvenir de ses exploits, en gravant au retour le nom de Pharaon sur quelque rocher de Syène ou d'Éléphantine : nous pouvons soupçonner ainsi qu'Ousirkaf, Nofiririkerî et Ounas soutinrent des guerres en Nubie8. Leurs armées ne devaient jamais dépasser la seconde cataracte, si même elles l'atteignirent : plus loin vers le sud, on ne connaissait le pays que par le témoignage des indigènes ou des rares marchands qui y avaient pénétré. Au delà des Mâzaiou, toujours entre le Nil et la mer Rouge, on rencontrait la contrée de Pouanit, riche en ivoire et en ébène, en or et en métaux, en gommes et en résines odorantes6 :

i. Voir à ce sujet Du Boys-Aymé, Mémoire sur les Tribus arabes des déserts de VÉgyjtte, dans In Description de ï Egypte, t. XII, p. 330-332, et Mémoire sur la ville de Qocéyr, dans la Description de UÊgypte, t. XI, p. 389-390.

2. Inscription d'Ouni, 1. 46-47. Sur l'acacia sont, voira la page 30, note 4, de cette Histoire.

3. Inscription d'Ouni, 1. 15-16, 18, où les opérations du recrutement sont indiquées; cf. p. 419-420.

4. Le mot Mali, Matoi, qui en copte signifie simplement soldat, est une forme dérivée régulièrement du nom de la tribu Mazai, au pluriel MAiaiou (Brugsch, Dictionnaire Hiéroglyphique, p. 631).

5. Proscynèraes d'Ousirkaf (Mariette, Monuments divers, pi. LIV e), de Nofiririkerî (Id., pi. LIV/*) et d'Ounas (Pétrie, A Season in Egypt, p. 7 et pi. XII, n° 212) dans l'île d'Éléphantine.

6. Le Pouanît était le pays situé entre le Nil et la mer Rouge (Krall, Dos Land Punt, dans les

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