‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient classiqueChapitre 185 sur 374 · LES PROVERBES DE PHTAHHOTPOU · texte numérisé non relu

LES PROVERBES DE PHTAHHOTPOU

système à ses dépens, mais dans l'espoir de. réformer ce que sa nature a d'imparfait, et de lui montrer le chemin de la fortune. Aussi Phtahhotpou ne se met-il pas en frais d'invention et de déductions. 11 note les réflexions qui lui viennent à l'esprit, telles qu'elles lui viennent, sans les grouper et sans en tirer la moindre conclusion d'ensemble. La science est utile pour arriver à une bonne place; il recommande la science1. La douceur envers les subalternes est bien vue et de bonne éducation; il fait l'éloge de la douceur*. Il entremêle le tout de conseils sur la conduite à tenir dans les diverses circonstances de la vie, quand on est introduit en présence d'un homme impérieux et colère3, quand on va dans le monde, quand on dine chez un grand4, quand on se marie. « Si tu es sage, tu monteras ta maison et tu aimeras ta femme chez elle, tu empliras son ventre de nourriture, tu habilleras son dos; tout ce qui enveloppe ses membres, ses parfums, est la joie de sa vie, tant que tu seras là, elle est un champ qui profite à son maître5. » Analyser en détail un tel ouvrage est impossible; le traduire entièrement, plus impossible encore. La nature du sujet, l'étrangeté de certains préceptes, la tournure du style, tout concourt à dérouter le lecteur et à l'égarer dans ses interprétations. Dès les temps les plus reculés, la morale a été considérée comme une matière saine et louable en elle-même, mais tellement rebattue qu'on ne peut la rajeunir que par la forme. Phtahhotpou a subi les nécessités du genre qu'il avait choisi. D'autres avaient exprimé déjà les vérités qu'il avait à dire : il dut chercher des formules imprévues et piquantes pour réveiller l'attention du lecteur. Dans certains cas, il a donné tant de subtilité à sa pensée que le sens de la phrase nous échappe sous le cliquetis des mots.

L'art des dynasties Memphites a souffert des siècles autant que la littérature, mais ici du moins les fragments sont nombreux et accessibles à tous. Ces vieux rois bâtissaient dans leurs cités, et, sans parler de la chapelle du Sphinx, les débris qui restent de leurs temples6 nous révèlent des chambres de granit, d'albâtre et de calcaire, les unes nues, les autres revêtues de tableaux religieux comme aux époques plus récentes. Battus

1. Papyrus Prisse, pi. XV, l. 8; pi. XVI, l. 1 ; cf. Virey, Études sur te Papyrus Prisie, p. 91-95. 4. Idem, pi. VI, 1. 3; p. 10; pi. VII, 1. 5-7; cf. Virey, op. /., p. 59-41, 45-47.

3. Idem, pi. V, 1. 10; pi. VI, 1. 3; pi. VIII, 1. 7-9, etc.; cf. Virey, op. t., p. 35-38, 47-49.

4. Idem, pi. VI, 1. II; pi. VU, 1. 3; pi. XIV, 1. 6; cf. Virey, op. t., p. 41-44, 85-87. Voir également pi. I, 1. 3 sqq., et Virey, op. t., p. 16 sqq.

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