Idem, pi. X, 1. 8-10; cf. Virey, op. t., p
6. l'ai découvert dans la maçonnerie d'une des pyramides de Lisht les restes d'un temple bâti par Khéphrèn (Maspero, Études de Mythologie et d'Archéologie Égyptiennes, t. I, p. 148-149), et Naville a signalé à Bubastis les fragments d'un autre temple décoré par le même roi et par Khéops, son prédécesseur (Naville, Bubastis, pi. XXXII, a-b, p. 3, 5-6, 10).
402 L'EMPIRE MEMPH1TE.
en brèche par les invasions ou par les guerres civiles, retouchés, agrandis, restaurés vingt fois d'âge en âge, leurs monuments publics ont péri tous, ou peu s'en faut; mais les tombeaux subsistent et font foi de l'habileté constante avec laquelle les architectes devisaient un plan et l'exécutaient1. Beaucoup des mastabas qui s'échelonnent de Gizéh à Méîdoum ont été édifiés à la hâte, sans soin, par des gens pressés d'en finir ou qui visaient à l'économie; on y rencontre toutes les négligences et toutes les imperfections, toutes les ruses de métier qu'un entrepreneur hàtif et peu scrupuleux se permettait alors comme aujourd'hui, afin d'abaisser le prix de revient et de contenter l'esprit de parcimonie naturel à ses clients sans trop diminuer ses gains1. Où le maître-maçon n'a pas été gêné par l'obligation de travailler vite ou à bon marché, il a agi en conscience, et le choix des matériaux, la régularité des lits, l'homogénéité de la construction ne laissent rien à Souhaiter; les blocs s'ajustent avec tant de précision que les joints en disparaissent, et le mortier a été répandu entre eux d'une main si exercée qu'il y forme partout une couche égale d'épaisseur presque inappréciable3. La masse longue, basse, plate, que le tombeau terminé présente à l'œil, manque de grâce, mais on y perçoit le caractère de force et d'indestructibilité qui convient à une maison éternelle. La façade n'était pas dépourvue d'ailleurs d'une certaine élégance sévère : les jeux d'ombre que les stèles, les niches, la baie profonde des portes y distribuent d'espace en espace, en varient l'aspect pendant le jour sans diminuer l'impression qu'elles donnent de la grandeur et d'une sérénité que rien ne trouble. Les pyramides elles-mêmes ne sont point, comme on pourrait le croire, la réalisation brutale et irréfléchie d'une figure mathématique grossie démesurément. L'architecte qui chiffra les devis pour celle de Khéops dut peser longtemps la valeur relative des éléments que le problème à résoudre comportait, la hauteur verticale du sommet, la longueur des côtés au ras de terre, l'ouverture des angles montants, l'inclinaison des arêtes et des faces latérales, avant de découvrir les proportions particulières et l'agencement de lignes qui font de son monument une œuvre d'art véri-
1. Voir l'étude de MM. Perrot et Chipiez sur les mastabas (Histoire de l'Ait, t. I, p. 168-194).
i. La similitude des procédés techniques, des matériaux, de la décoration, me paraît prouver qu'à Memphis, sous l'Ancien Empire, comme à Thèbes, pendant le nouveau, la plupart des tombeaux ont été construits par un petit nombre d'entrepreneurs ou de corporations, prêtres ou laïques.
3. Parlant de la grande pyramide et de son revêtement, M. Pétrie dit : « Though the stones were broughl as close as ~ inch, or, in Tact, into contact, and the mean opening of the joint vas but -6'ô inch, yet the builders managed to fill the joint with cément, despite the great area of it, and the weight of the stone to be moved — some 16 tons. To merely place such stones in exact contact at the aides would be careful work; but to do so with cernent in the joint seems almost impossible. » [The Pyramide and Temples of Gheh, p. 4-i.)