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Inscription d'Ouni

3. Abhatt est peut-être Mahallah, en face de Sehel, où Ton trouve des filons de granit gris assez puissants (Maspero, De quelques termes d'architecture égyptienne, p. 8, note 1, dans les Proceedings de la Société d'Archéologie Biblique, t. XI, p. 311). M. Schiaparelli (la Catena Orientale delV Egitlo, p. 31, note 2) identifie cette localité avec un pays d'Abhaît qui est placé au voisinage de l'Ouady Hammamàt, en plein désert : l'inscription d'Ouni constate (I. 41-42) que l'Abhalt d'Ouni était accessible aux bateaux, comme Éléphantine elle-même, ce qui permet d'écarter cette hypothèse.

4. Inscription d'Ouni, 1. 37-45. M. Pétrie (A Season in Egypt, 1887, p. 19-21) a essayé de prouver, par le passage relatif au transport, que l'époque du règne de Papi lur devait être 3240 av. J.-C, à soixante ans près : la date est, je crois, de quatre siècles au moins trop rapprochée de nous. C'est peut-être à ce voyage d'Ouni que se rapporte l'inscription de l'an V de Métésouphis 1er recueillie par BlackdeN'Frazbr, Collection of Hier a tic Graffiti front the Alabasler Quarry of Hatnub, pi. XV, 2.

4M L'EMPIRE MEMPH1TE.

chantier, construisit en un an trois galères et deux grands chalands ; pendant

ce temps, les riverains avaient dégagé cinq chenaux par où la flottille défila et

s'achemina vers Memphis avec son lest de granit'. Ce fut le dernier exploit

d'Ouni : il mourut peu après et fut enterré

au cimetière d'Abydoa, dans le sarcophage que

Papi 1" lui avait donné*.

Était-ce seulement dans l'intérêt de la pyramide qu'il avait rétabli la voie d'eau entre l'Egypte et la Nubie? Les Égyptiens gagnaient chaque jour du terrain vers le sud, et la ville d'Éléphantine devenait entre leurs mains l'entrepôt du commerce avec le Soudau'. Elle n'occupait pourtant que la moindre partie d'une île, longue, mince, mignonne, assise sur plusieurs blocs de granit, que des bancs de sable avaient soudés progressivement l'un à l'autre, et pardessus lesquels le Nil avait jeté de temps immémorial une couche épaisse de son limon. Des acacias, des mûriers, des dattiers, des palmiersdoums l'ombragent, ici alignés en haies au bord des sentiers, là semés par groupes au milieu des champs. Une demi-douzaine de sakièhs, rangées en batterie sur la rive, montent l'eau nuit et jour, sans presque interrompre leur grincement monotone. Les habitants ne perdent pas un pouce de leur étroit domaine ; ils ont aménagé partout où ils ont pu de petites pièces de dourah et d'orge, des plants de bersim, des carrés de légumes. Quelques buffles et quelques vaches paissent discrètement dans des coins, des poulets et des pigeons innombrables s'en vont par bandes à la maraude. C'est un monde en miniature, tranquille et doux, où la vie

1. Iiucriplioii d'Ouni, I. 4S-S0. Sur les traïaui de canalisation exécutés par Ouni dam la première cataracte, cf. la note de Maspero dans le Recueil de Traçait*. t. XIII, p. 403-104.

ï. Papî 11 Piolirkert n'est nommé nulle part dans l'inscription, ce qui montre qu'Ount ne vit pis son règne. Le tombeau d'Ouni était construit en forme de Mastaba : il se dressait au sommet de la rollinc qui domine ce que Mariette appelait la nécropole du Centre (Huietti, Catalogue Général, p. SI. il" 5«). La stèle d'Ouni est au Musée de Gizch {Mariette, Catalogue (.entrai, p. 90, n> 519).

3. L'importance croissanlc d'f.lép nanti ne csl attestée et par les dimensions des tombes que sepririri's fe tirent construire, et par le nombre de uraftiti commémorant des visites de prince et de fonctionnaires qui nous restent de celte époque (Petme, A Seal on jn Eggpt. pi. XII, n» 309, 311-31*).

4. Plan dretsé par Thuiilier. d'aprèi ta Carte de ta Comminion d'Egypte [Aat., t. I, pi. 31) comparée aux relevât opérât par M. de Morgan pendant l'hiver de IS9S.

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