CHAPITRE VI
( CnNtflÉTL ut l'i BOIS IHËIAUtS.
\ principauté du Laurier-Rose — Nàrou — confinait vers le Nord au nome Memphite : la frontière courait de la rîvc gauche du Nil à la colline Libyenne, du voisinage de Rikkah à celui de Méidoum. Elle enfermait le territoire compris entre le Nil et le Bahr-Yousouf, de ces deux villages au canal d'Harabshent, — l'île Héracléopoli faine des géographes grecs, — et de plus le bassin entier du Fayoum, au couchant de la vallée. Elle se divisa très anciennement en trois circonscriptions, le Laurier-Rose Supérieur — Nàrou Khoniti, — le Laurier-Rose Inférieur — Nàrou l*ahoui — et la terre du Lac, — To-shit, qui, réunies d'ordinaire sous la suprématie d'un seul chef, constituaient comme un petit Etat dont Héracléopolis restait la capitale. Le sol était fertile, bien arrosé, bien cultivé, mais le revenu que les cantons resserrés entre les
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deux bras du Fleuve portaient à ses maîtres, n'approchait pas aux ressources que ceux-ci dérivaient des pays situés par-delà les monts1. On pénètre au Fayoum par une gorge étroite, sinueuse, longue d'une dizaine de kilomètres environ, dont le fond fut entaillé avant l'histoire et ravalé à main d'homme, pour permettre aux eaux du Nil d'y circuler aisément*. Le canal qui les amène se détache du Bahr-Yousouf à la hauteur d'Héracléopolis, franchit rapidement la chaîne Libyque, puis débouche dans un amphithéâtre immense, adossé à l'Egypte, dont les pentes descendent par ressauts jusqu'à plus de trente mètres au-dessous du niveau de la Méditerranée. Il jette à droite et à gauche deux grands bras, l'Ouady Tamiéh et l'Ouady Nazléh, qui filent d'abord au pied des hauteurs et, se rabattant l'un vers l'autre, tombent dans un grand lac déployé en croissant ou en corne, de l'Est à l'Ouest, le Mœris de Strabon, le Birkét-Kéroun des Arabes3. Une troisième branche pousse droit dans l'espace enclavé entre les premières, baigne au passage la ville de Shodou, et se décompose en une quantité de canaux et de rigoles dont les ramifications dessinent sur la carte un lacis semblable au réseau de nervures qui forme le squelette d'une feuille desséchée. Le lac se répandait alors plus loin qu'il ne fait aujourd'hui et submergeait des terrains desquels il s'est retiré*.
p. 8i-85, n° 730), dessine par Faucher-Gudin, d'après une photographie de GolénischefT (cf. Golkmschkfk, Amenemha III et les sphinx de San, pi. III, dans le Recueil de Travaux, t. XV, p. 136).
1. Brugsch (Die /Egypiologie, p. 447) Iil Im, Amou, le nom du norne; les variantes du nom de la capitale (Brugsch, Die t. Géogr., p. 315-316, 331) me paraissent prouver qu'il faut le lire Nâril ou Nârou. Le nome avait été d'abord méconnu et sa capitale identitîéc par Brugsch avec Bubastis (Mariette, Henseignement* sur les soixante-quatre Apis, dans le Bulletin Archéologique de FAlhénseum Français, 1856, p. 98, note 103), puis avec l'Oasis d'Ain on (Geogr. Ins., t. I, p. 292-294; cf. Chabas, les Papyrus hiératiques de Berlin, p. 17-36) : E. de Bougé démontra le premier qu'il s'agissait d'Héracléopolis Magna (Inscription historique de Pianchi-Meriamen, p. 19-20; cf. Itevue Archéologique, 1864, 2* série, t. VIII, p. 113-114). La lecture du nom de la ville est Hininsou (Daréssy, Remarquée et Notes, g XX, dans le Recueil de Travaux, t. XI, p. 80; Brugsch, Der ait âgyptische Name der Stadt Gross-Hcrakleopolis, dans la Zeitschrift, 1886, p. 75-76). Le nom de To-shit a été appliqué au Fayoum par Brigsch, Das alltegyptischc Seeland, dans la Zeitschrift, 1872, p. 89-91, qui, plus tard, en restreignit l'application au canton d'EI-Bats, le pays qui court d'HIahoun vers Tamiéh, le long de la chaîne Libyque (der Môris-Sce, dans la Zeitschrift, t. XXX, p. 73 sqq.). Les limites du nome Héracléopolite ont été parfaitement définies par Joraard à l'aide de données empruntées aux géographes grecs (Description de Vllcptanomide, dans la Description de l'Egypte, t. IV, p. 400 sqq.).
2. Pour la géographie du Fayoum, cf. Jomard, Description des Antiquités du nome Arsinoïte, dans la Description de l'Egypte, t. IV, p. 486-440, et Mémoire sur le lac Mœris, dans la Description de l'Egypte, t. VI, p. 157-162; Chklu, le Nil, le Soudan, VÉgyple, p. 381 sqq., et, tout récemment, le mémoire du major 11. II. Brown, the Fayûm and Lake Mœris, 1892.
3. Strabon, XVII, p. 809-811 ; Jomard, Mémoire sur le lac de Mœris, dans la Description, t. VI, p. 164.
4. La plupart des savants qui se sont occupés du Fayoum en dernier lieu ont exagéré grandement l'étendue du Birkét-Kéroun à la période historique. M. Pétrie (Hatrcra, Biakmu and Arsiuoc, p. 1-2) déclare qu'il couvrait le Fayoum actuel en son entier, pendant la durée de l'empire Mcinphite, et qu'une toute petite partie en fut desséchée pour la première fois par Amenemhàlt I'% et M. Brown, adoptant cette théorie, pense que ce fut sous Amenemhàlt III que le grand lac du Fayoum fut transformé en une sorte de réservoir artificiel qui serait le Mœris d'Hérodote (The Fayûm and Lake Mœris, p. 69 sqq.). La ville de Shodou, Shadou, Shadît, capitale du Fayoum. et son dieu Sovkou sont mentionnés déjà dans les textes des Pyramides (Maspero, ta Pyramide de Pépi 11, dans le Recueil de travaux, t. XIV, p. 151, lignes 1359-1360) : le district oriental du Fayoum
LA PRINCIPAUTÉ D'HËRACLËOPOLIS.
L'excédent des eaux s'y dégorgeait dans les années où la crue surabonde ; quand elle était insuffisante, on reversait à la vallée par le même chemin ce qui n'en avait pas été absorbé par les terres, et le Bahr-Yousouf le roulait vers la partie occidentale du Delta, pour y renforcer l'inondation. Le Nil avait tout créé dans ce pays et c'était à des dieux humides que les habitants
des trois nomes rendaient hommage. Héracléopolis adorait le bélier Harshafitou, auquel elle associait l'Osiris de Naroudouf comme roi des morts1; les habitants de l'autre partie du Laurier-Rose révéraient un second bélier, Khnoumou de Hàsmonitou*, et le Fayoum entier pratiquait le culte de Sovkou, le crocodile8. Les Pharaons des lignées anciennes, attirés par la richesse du sol, avaient résidé parfois aux environs d'Héracléopolis ou dans Héracléopolis
est nommé dans l'inscription d'Aroten, sous la III* dynastie (Maspero, Éludée Égyptiennes, t. II, p. 187-188; cf. p. 293 de cette Histoire).
1. On consultera sur le dieu Harshafftou, Lamzone, Dizionario di Mitologia, p. 552-557 (cf. p. 98-99 de cette Histoire), et sur l'Osiris de Naroudouf, Brigsch, Dictionnaire Géographique, p. 345.
2. Ilâ-Smonîtou ou Smonft est aujourd'hui Ismend (Brigsch, Geographische Inschriflen, t. 1, p. 232).
3. Brugsch, Iteligioii und Mythologie der aiten Mgypter, p. 156 sqq.; cf. p. 103-104 de cette Histoire.
même, et l'un d'eux, Snotroui, avait bâti sa pyramide à Méidoum, près la frontière du nome'. A mesure que la puissance des Memphites s'amoindrissait, les princes du Laurier-Rose devenaient plus forts et plus entreprenants; quand elle s'éclipsa, ils remplacèrent leurs maîtres de la veille et s'assirent « sur le siège d'Horus o.
Le fondateur de la IX' dynastie fut peut-être Khîti 1" Miribri, l'Akhthoès
des Grecs". Son autorité s'exerça dans l'Egypte entière, et l'on a déchiffré son nom sur les rochers de la première cataracte*. Un conte de l'époque des Ramessides mentionne ses guerres contre les Bédouins, à l'Orient du Delta*, et ce que Manéthon nous dit de sa mort n'est qu'un roman dont l'auteur le traitait de tyran ou de sacrilège, comme Khéops et Khêphrèn : le crocodile, vengeur attitré des dieux qu'on offense, l'entraînait au fond des eaux et le dévorait*. Ses successeurs paraissent avoir régné sans éclat pendant un peu plus d'un siècle7. Nous ne connaissons rien de leurs actions, mais on plaçait
I. Cf, sur la pyramide de Métdoumel sur ia résideucedcSnoufroui, les [li.jiu^. :j-iH-3t".Ll de cette Histoire.
t. Destin de Faucher-Oudin, d'après l'original tomeivif au Mutée du Louvre. Cf. Mispena, fioles au jour le jour, g 11], dans les Procecdings de la Société d'Archéologie Biblique. I. XIII, p. 119-1311.
3. Le nom de Khîti, prononcé rapidement Khti, a pris une voyelle initiale et est devenu Akhti. comme Sni cal devenu Esnch, Thou Edfou. Khmounou Ashmounétn, etc. Le rapprochement de Khîti, Khltou, et d'Akhthoès est dû à M. GMFM7H, F.gypt Exploration Fund, Report of General Meeting, 1888-1889, p. 18 note, et Notes on some Royal .Vamn and Famitîcs, dans les Proceedings de la Sociélé d'Archéolonie Biblique, t. XIV, p. 10. Sur la coupe en brome de ce souverain acquise par le Musée du Louvre, cl sur les scarabées qui porlent son prénom de Mirihrt, cf. les observations de M*s«so, yoles au jour le jour, % 10, dans les Proceedings, t. Xïll, p. 129-131.
1, Il nété signalé dans ces parages par Sayce {The Atadcmy, IMS, I. Il, p. 33Î).
;;. GoLtWMWt, le Papyrus n- I de Saint-Petrrsbourg, dans la Zeiltclirifl, 1876, p. 1U9.
fi. M.speao, les Coules populaires de l'Egypte Ancienne. ï- éd., p. 59-lîi; cf. ce qui a élé dit du crocodile vengeur des dieux à la page !3li, note 3, et d'Akhthoès à la page «Il de celle Histoire.
7. Le chiffre le plus vraisemblable pour la durée de celte première dynastie Ilénicléopolttainr cl
KHlTI 1" ET LES DYNASTIES HEKACLEOPOLITAINES. «9
sous l'un d'eux, Nibkaouri, l'aventure d'un fellah en voyage qui, dépouillé de son pécule par un artisan, venait à Héracléopolis réclamer justice auprès du maître ou le charmer par l'éloquence de ses plaintes et par la variété de ses métaphores1. Sans doute il serait puéril de vouloir retrouver dans ce fabliau le souvenir d'un événement véritable, mais le peuple ne se rappelle • guère le nom des princes insignifiants, et la ténacité avec laquelle il con-
serva la mémoire de plusieurs des Héracléopolitains prouve suffisamment qu'ils avaient su frapper son imagination en bien ou en mal. L'histoire de cette époque, autant qu'on la devine à travers les brouillards du passé, semble une mêlée confuse; du nord au midi, la guerre sévit sans trêve, guerre des Pharaons contre leurs vassaux rebelles, guerres des nobles entre eux, ou moins que des guerres, des maraudes poussées en tout sens par des bandes pillardes, trop faibles pour menacer sérieusement les grandes cités, assez nombreuses ou menées assez vigoureusement pour rendre les campagnes
«lui de ceni dix-neuf ans que Lcpsius [Kôiiigthuelt, p. :iti-li~,) avait adopté avec doute (cf. Maspbro, (Juatre Année! de fouillei, dans les Mémoire, de la Mi-ion du Caire, t. I, p. S4lt). Le nombre le plus vraisemblable des rois est de quatre.
1. On a cru d'abord que c'était le second roi de la III* dynastie (Masfepio, la Coules populaire! de l'Egypte antienne, *• éd., p. il, noie 1), ou un pharaon inconnu de la X' (i:h*«is, les l'apyrui Hiératique! de Berlin, p. 13). Comme le lieu do la scène est placé dans Héracléopolis Magna, ainsi que la résidence du roi. M, CriOith a certainement raison de ranger Nibkaouri dans la IX' dynastie [Eggpt Exploration Fané, Ucporlof thi Tliird gênerai Meeting, IBH8-1889, p. Ï8H; fragment! of old jSgypliait Storiet, dans tes Procerdingi de la Société d'Archéologie Biblique, IH91-18'JS, t. XIV, p. 169, noie t). Sur l'histoire de ce paysan, cf. ce qui est dit aux pages ÏO'J-310 du présent volume.
t. Dettin de Boudirr, d'aprdt une photographie de firéhaut. Au milieu, une brèche à l'endroit oii s'élevait la porte ; à droite et à gauche, on distingue nettement la courbure des lits de briques.
inhabitables et pour ruiner la prospérité du pays1. Les bords du Nil étaient hérissés déjà de citadelles où les princes des nomes résidaient et d'où ils surveillaient les régions soumises à leur autorité* : d'autres s'installèrent partout où l'on crut discerner une position favorable, sur les passes du fleuve» vers l'entrée des gorges qui vont au désert. Le même plan leur servit à toutes, et, si elles diffèrent entre elles, c'est uniquement par l'ampleur de l'aire qu'elles enfermaient ou par l'épaisseur de leur enceinte. Elles dessinent sur le sol un long parallélogramme, dont les murailles se partagent assez souvent en panneaux verticaux, aisément reconnaissables à l'agencement des matériaux. A EI-Kab et dans plus d'un endroit, les lits de briques sèches sont légèrement concaves et simulent un arc renversé, très ouvert, dont l'extrados s'appuie sur le sol3. Ailleurs les panneaux en assises courbes alternent régulièrement avec d'autres où elles sont rigoureusement horizontales. La raison de cet arrangement demeure encore obscure : on croit pourtant que les édifices où il a été employé résistent mieux aux tremblements de terre. La plus vieille forteresse d'Abydos, celle dont les ruines se cachent sous la butte du Kom-es- Sultan, était ainsi construite4. Envahie par les tombeaux dès la VIe dynastie, on la remplaça bientôt, à quelque cent mètres au sud-est, par un fort de même taille qui est l'un des modèles les mieux conservés de l'architecture militaire, pour les temps immédiatement antérieurs à l'avènement du premier empire thébain6. Le tracé n'en présente ni tours, ni saillants d'aucune sorte : il se compose de quatre fronts parallèles deux à deux, qui mesurent 131 mètres de long à l'est et à l'ouest, 78 mètres au nord et au sud. Le gros œuvre consiste en assises horizontales; il est plein, légèrement incliné en arrière, décoré à l'extérieur de rainures verticales qui en diversifient la surface par des jeux d'ombre et de lumière sans cesse renouvelés à toutes les heures du jour. Complet, il ne devait guère s'élever à plus de 12 mètres; le chemin de ronde se couronnait d'un parapet mince, assez bas, à nierions arrondis, et
1. Ces faits résultent des expressions employées dans les textes qui nous sont parvenus des premiers temps de la XII0 dynastie, dans la Grande Inscription de Béni-Hassan (I. 36 sqq.), dans les Instructions d'Amenemhâit (pi. 1, 1. 7-9; cf. p. -464 de cette Histoire), mais surtout dans les panégyriques des princes de Siout analysés ou traduits plus bas, aux pages 456-468 de cette Histoire.
2. Il a déjà été question de ces Châteaux, de ces résidences fortifiées dans lesquelles les grands seigneurs égyptiens passaient leur vie, aux pages 297-298 de cette Histoire.
3. A EI-Kab, le front sud présentait la même disposition qu'on rencontre au Kom-es-Sultàn; c'est seulement sur les fronts nord et est que les lits sont ondulés régulièrement d'un bout à l'autre.
4. Cf. ce qui a été dit de cette première forteresse d'Abydos à la page 232 de cette Histoire.
5. Maspero, Archéologie Egyptienne, p. 22-28; Dikilafoy, l'Acropole de Suse, p. 163-166. J'avais d'abord pensé que la seconde forteresse avait été édifiée vers la XVIII* dynastie au plus tdt, peut-être k la XXe (Archéologie Egyptienne, p. 23). Les détails de la construction et de l'ornementation me portent maintenant à l'attribuer aux périodes intermédiaires entre la VI" et la Xll* dynastie.
LES FORTERESSES FEODALES : EL-KAÏt ET ABYDOS. 43i
l'on y montait par des escaliers discrètement ménagés dans la maçonnerie. Une chemise crénelée, haute de 5 mètres ou environ, courait à 3 mètres en avant et enveloppait le corps de la place. Deux portes livraient accès à l'intérieur, et des poternes, réservées dans les intervalles, facilitaient les sorties de la garnison. L'entrée principale se dissimulait dans un massif épais, à l'extrémité orientale du front est. Une coupure étroite, barrée de solides battants en bois, lui correspondait dans lavant-mur; par derrière, une petite place
d'armes s'étendait, au fond de laquelle on avait pratiqué une seconde porte aussi resserrée que la première, puis une cour oblongue étouffée entre les remparts extérieurs et deux contreforts qui s'en détachaient à angle droit, enfin une dernière porte reléguée à dessein dans le recoin le plus éloigné. C'en était assez pour résister victorieusement aux moyens d'action dont les meilleures armées d'alors pouvaient disposer. Elles n'en connaissaient que trois pour enlever une place de vive force : l'escalade, la sape, le bris des portes. La hauteur des murailles empêchait l'escalade. La braie tenait les pionniers ;'i distance; quand ils l'avaient percée, des hourds charpentés en dehors des crénelages permettaient aux assiégés d'accabler de pierres et de javelines l'ennemi qui approchait le pied du mur et de rendre le travail de la sape presque impossible. La première porte finissait-elle par céder, les assaillants s'engouffraient dans la cour comme dans une sorte de puits où ils ne pénétraient qu'en très petit nombre : il leur fallait aussitôt courir, attaquer
I. Iteiëiii de Boudin; d'après ont photographie d'Emile Itiutjsch-Kcij. Les Arabes t'appellent anjour d'hui la Shountl Fi-Ze'btti. le grenier ries raisins sors (cf.. pour une origine possible de ce nom, nocHMiMMi, VEarrr* direrta, p. SU) ; le plan en es! donné dans Mahictti, AUydot, t. Il, pi. C».
la seconde porte, sous une pluie de projectiles, et s'ils la jetaient bas, c'était Dieu sait au prix de quels sacrifices. Les peuples du Nil ignoraient le bélier suspendu, et le bélier manœuvré à bras ne figure nulle part dans les tableaux : c'est à coups de hache ou en mettant le feu aux vantaux que Ton devait se frayer un chemin au cœur de la place. Pendant que les sapeurs travaillaient de leur mieux, les archers essayaient de nettoyer la courtine et d'en écarter les ennemis par la précision de leur tir; des soldats abrités derrière des mantelets mouvants s'ingéniaient à écrêter les défenses ou k
l/ATTAQI'E d'IMK FORTERESSE ÉGYPTIENNE PAR DES TROl PES DR DIVERSES ARMES1.
désemparer les hourds avec des lances gigantesques pourvues d'une pointe métallique. Aucun de ces procédés n'était efficace lorsqu'on avait affaire à une garnison résolue : on ne venait à bout de sa résistance qu'en la bloquant de près, en l'affamant, ou en provoquant la trahison parmi les habitants.
L'équipement manquait d'uniformité et l'on voyait côte à côte des miliciens armés de la fronde ou de l'arc, de la pique, du sabre en bois, du casse-tête, de la hache en pierre ou en métal. Des bonnets rembourrés protégeaient la tête; des écus de petite taille pour l'infanterie légère, d'un module énorme pour l'infanterie de ligne, abritaient le corps. Le succès des batailles se décidait par une succession de combats singuliers entre adversaires de mêmes armes : les piquiers seuls paraissent avoir chargé en ligne derrière leurs grands pavois. Les blessures étaient en général assez légères : on se couvrait du bouclier avec tant d'adresse qu'on ne risquait guère d'être atteint dans les parties vives. Quelquefois pourtant une lance poussée à fond crevait une poitrine; un sabre ou une massue vigoureusement maniés fendaient un crâne, étourdissaient un homme, retendaient à terre évanoui. On ne faisait guère d'autres prisonniers que ces blessés incapables de fuite, et le terme
1. Destin de Faucher-Gudin. d'apre* une peinture du tombeau d' Amoni-AmenemhAit à Réni-Hasêan (cf. Newberry, Iteni-Hasan, t. I, pi. XIV).