‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient classiqueChapitre 211 sur 374 · I.ES K01S l>E LA XI* DYNASTIE ET LEURS CuNSTI.lXTIOfJS · texte numérisé non relu

I.ES K01S l>E LA XI* DYNASTIE ET LEURS CuNSTI.lXTIOfJS

située au delà d'Assouàn jusqu'aux environs de Korosko demeurait en leur possession1. Les tribus du désert, Amamiou, Mazaiou, Ouaouaîou, gènaienl souvent les colons par l'imprévu de leurs incursions, mais, un canton pillé ils ne s'y installaient pas comme dans une conquête, et ils regagnaient rapidement le chemin de leurs montagnes. Les Thébaîns les continrent par des contre-razzias répétées, et renouvelèrent avec eux les anciennes conventions leur suzeraineté fut reconnue, aux termes traditionnels, dans la Grande Oasis à l'ouest*, et à l'est par les peuplades errantes de la Terre Divine.

Comme au temps d'Ouni, , .

les barbares fournissaient

aux armées un appoint de

soldats plus résistants à la

fatigue et plus exercés au

maniement des armes que —

les fellahs ordinaires : c'est -- 2. ~" T~ ~*"V -V ,.Kuo<.„

à l'énergie de leurs merce- . , , ,

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naires que plusieurs de ces

Pharaons obscurs, Monthotpou 1", Antouf III, durent les succès dont ils se vantent sur les Libyens et sur les Asiatiques*. Ils se gardèrent pourtant de s'écarter trop de la vallée : l'hgypte offrait à leur activité un champ assez vaste, et ils s'efforcèrent de leur mieux à réparer les maux dont elle souffrait depuis plusieurs siècles. Ils remirent les forts en état, ils restaurèrent les

I. .lion lliol pou ."iibholpotiri n'était fait représenter dans non temple de Gebéléln. frappant les Nubiens (Dasessï, Noltt et Remarqua, % imi, dans le Recueil de Traraus, I. XIV, p. tr.j, mais sans indiquer ceu\ des Nubiens qu'il prétendait avoir vaincus, lue inscription d'Ameiir-mhatl I" nous montre ce souverain maître inconlcslé des parties de la Nubie que possédaient les Pharaons de la VI* dynastie, et en faisant la baie de ses opérations contre les Ouaouaiou (BM'cki, f.etrhirble .€guptenà, p. 1 1".| IH, et Die Hegentàmmc der Vna-lnichrift, dans la Zeitichn / 1, JK8Î, p 3»). on peut en conclure qu'au moins les derniers rois de la XI' dynastie y avaient exercé déjà la même aulonle.

i. L'Oasis thobainc dépendait alors de la sircric d'Abvdos, comme le prouve le protocole du prince Antour, sur la stèle C ni du Louvre (Guet, Stelet de la XII- dynailie, pi. XIX) : les Timibou, que Monthotpou Nibliotpouri le vante d'avoir vaincus dans son temple de fiébélotn, sont probslilemc" comme les Timibou de la VI- dynastie (cf. p. 13Î de cette Histoire), les tribus berbères des (ta, thébaincs (Dasessi, Nota et Remarque*, g «»■■ dans le Recueil de Travaux, t. XIV. p. il.)

3, Iteiiin de Fauchtr-Gudiit, d'nprrt le croi/uit de Paisse "/Avenues, Itilloire de l'Art eggptie CeHe pyramide est aujourd'hui détruite entièrement.

i. Les cartouches d'Anloufâi (l'uni;, A Seaton in Egypt, n" 31(1), graves sur les rocher* d flépha line, marquent une visite de ce prince à Syènc, probablement a la suite de quelque raina, beaucoup d'inscription! analogues des Pharaons de la XII" dynastie ont été tracées en pareille circonstance Noub Lhopirrl Antour se vantait d'avoir battu les Amuu et les Soin (Bihch-Chim*, le Vapynu Ahbotl, dan< la Revue Archéologique, t" s., t. XVII, p. 267-iuX). Jionthoipou Nibhotpourl avait sculpté, sur un .' rochers de l'Ile, à l'Ile de Konosso, une sréne d'offrandes où les dieux lui accordent la vjrloire cou tous les peuples (C ma porno™. Monument* de l'Egypte et de la Nubie, pi. CCCVI, 3; Ltr-.ii -. fient,: 11, I.1II fr). Les restes du leinplc qu'il avait construit à Gebéléln le montrent conduisant aui du thébains des files de prisonniers qui appartiennent à ces contrées diverses (lltanssi. Noies et rem. que; £ mu et Liunt, dan» le Recueil de Travaux, t. XIV. p. Ï6, et t. XVI, p. 11).

temples ou les agrandirent : Coptos', Gébéléin, El-Kab*, Abydos3 conservent le souvenir de leurs constructions. La ville même de Thèbes a été trop souvent bouleversée par la suite pour qu'on y distingue la trace des travaux qu'ils entreprirent au temple d'Amon ; mais la nécropole est pleine encore de leurs demeures éternelle». Ils les avaient échelonnées dans la plaine, en face de Karnak, à Drah abou'l-Neggah et sur les versants septentrionaux du vallon de Déir-el-Baharî. Les unes s'enfonçaient dans la montagne et présentaient au dehors une façade carrée, bâtie en pierre de taille, surmontée d'un toit pointu en forme de pyramide4. Les autres étaient de véritables pyramides précédées parfois d'une paire d'obélisques ainsi qu'un temple8. Elles n'approchaient jamais aux dimensions des tombes memphites, car le royaume du Sud ne pouvait égaler avec ses seules ressources des monuments dont l'érection avait exigé le concours de l'Egypte entière6 : il utilisait la brique où Ton avait préféré la pierre plus coûteuse, une brique crue, noire, sans mélange de paille ou de gravier. Ces pyramides à bon marché se dressaient sur un socle rectangulaire, haut de deux mètres au plus; elles ne dépassaient jamais dix mètres, du sol au sommet, et se contentaient d'un revêtement de pisé badigeonné à la chaux. Une sorte de chambre ou plutôt de four, voûté en encorbellement, occupait ordinairement le centre et abritait la momie; souvent aussi on pratiquait le caveau partie dans le socle, partie dans les fondations, et le vide supérieur ne servait qu'à alléger la maçonnerie. La chapelle extérieure n'existait pas toujours, mais une stèle posée sur le soubassement ou encastrée extérieurement dans une des faces marquait l'endroit où l'on devait apporter l'offrande au mort : quelquefois pourtant on ajoutait en avancée un vestibule carré, où les cérémonies commémoratives s'accomplissaient aux

1. M. Harris a signalé dans la maçonnerie du pont de Coptos des blocs portant les cartouches de Noubkhopirri Antouf (Birch-Charas, le Papyrus Abbott, dans la Hevue Archéotogif/uc, in s., t. XVI, p. 267).

2. Monlhotpou Ier 3ibhotpouri y construisit, sur le rocher où s'élève aujourd'hui la Konbbnh du Shëikh Mousa, un petit temple mis au jour par M. G rehaut (Daressy, Notes et Hemarques, § i.xxxyii, dans le Hecueil de Travaux, t. XVI, p. 42; J. de Morgan, Sotice des fouilles et déblaiements exécute"* pendant l'année fH93, p. 8; G. Wili.oit.hby Frazf.r, El-Kab and Geltclén, dans les Proceedings de la Société d'Archéologie Biblique, t. XV, 1892-1893, p. 497 et pi. III, n» xv).

3. Mariette, Catalogue Général des monuments d' Aby dos, p. 96-97, nw 514-515; et Mariette-Maspero, Monuments Divers, pi. XI.1X, p. 15.

4. C'est à cette catégorie qu'appartient le tombeau du premier A nt ouf, celui qui n'était pas encore roi, et dont la stèle est conservée aujourd'hui au Musée de Gizéh; je l'ai reproduite plus haut, à la page 115 de cette Histoire.

5. Des deux obélisques qui précédaient la tombe de Noubkhopirrî Antouf, l'un mesurait 3m,50, l'autre 3m,70 de hauteur (M \riktte-M\spkro, Monuments Divers, pi. L a et p. 15-16; cf. Vii.uers-Stiart, Mie Clearings, p. 273-27 4, pi. XXX111: : ils ont été détruits récemment l'un et l'autre.

6. Aucune des pyramides de Thèbes ne subsiste aujourd'hui; mais Mariette découvrit en 1860 les substructions de deux d'entre elles, celles de Noubkhopirri Antouf et d'Anàa (Mariette, Lettre à M.fe Vicomte de liougé, p. 16-17), qui étaient identiques pour la construction aux pyramides d'Abydos (Mariette, Abydos, t. Il, p. 42-14, pi. LXVI-LXVII; Mispeho, Archéologie Egyptienne, p. 139-142).

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