‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient classiqueChapitre 215 sur 374 · Papyrus Salliev n° 2, pi. I, I · texte numérisé non relu

Papyrus Salliev n° 2, pi. I, I

2. Le texte nous en est parvenu sur deux papyrus du British Muséum, Sallier n° 1 et n° 2, sur le Papyrus Millingen (Recueil de Travaux, t. II, p. 70 et planches) et sur les Oslraca 5629-5638 du British Muséum. Il a été traduit par Maspero (The Instructions of Amenemhat I unto his son liseriasen /, dans les Records of the Past, \n édit., t. II, p. 9-16), par Schack (Die Vnterweisungen des Konigs Amenemhat I) et par Amélineau (Étude sur les préceptes d' Amenemhat lvr, dans le Hecueil de Travaux, t. X, p. 98-121, et t. XI, p. 100-116) en entier, partiellement par Diïmichen (Rericht ûber eine Haremverschwôrung unter Amenemha I, dans la Zcitschrift, 1874, p. 30-3») et par Birch (Egyptian Textst p. 16-20). Le détail nous échappe parfois, mais le sens général est clair.

3. On a des stèles où les années d'Ousirtasen sont indiquées seules, de l'an VII (Maspero, Notes sur quelques points de Grammaire et d'Histoire, dans la Zcitschrift, 1881, p. 116 sqq.), de l'an IX (C 2 du Louvre, dans Pierret, Recueil d'Inscriptions inédites, t. II, p. 107 sqq.; Gayet, Stèles de la XII* dynastie, pi. II; Piehl, Inscriptions, t. I, pi. 11; C S du Louvre, dans Maspero, Sur une formule funéraire des Stèles de la XII* dynastie. Mémoires du Congrès des Orientalistes à Lyon, t. I, planche; Pierret, Recueil d'Inscriptions, t. II, p. 104 sqq. ; Gayet, Stèles de la XII* dynastietp\. IV), de l'an X (Mariette, Abydos, t. II, pi. XXVI, et Catalogue Général, p. 128, n° 592; E. et J. de Roitgé, Inscriptions recueillies en Egypte, pi. IX). La date de l'an III, qui nous est indiquée par le manuscrit de Berlin pour la reconstruction du temple d'Héliopolis (cf. 504-508 de cette Histoire), appartient au début de ce double règne, bien qu'Ousirtasen Ier y soit nommé seul.

4. Il mourut l'an XXX, le second mois de Shaft, le 7, et ce qui se passa au moment de sa mort nous est conté tout au début des Aventures de Sinouhît (Maspero, les Premières Lignes des Mémoires de Sinouhit, restituées d'après l'Ostracon 27 419 du Musée de Boulaq, dans les Mémoires de l'Institut Égyptien, t. II, p. 3 sqq.; Gripfith, Fragments of Old Egyptian Stories, dans les Proceedings de la Société d'Archéologie Biblique, 1891-1892, t. XIV, p. 452-458; cf. Maspero, les Contes populaires de l'Egypte Ancienne, 2" éd., p. 96-97), où l'auteur paraît s'être borné à enregistrer une série de faits réels.

s'adjoignit son fi Is Amenemhàît II en l'an XLII\ et celui-ci, trente-deux ans plus tard, appela Uusirtasen 11 au pouvoir1; Amenemhàît 111 et Amenemhàît IV partagèrent le trône pendant longtemps3. Les seuls de ces princes pour lesquels nous n'avons encore aucune preuve du fait sont Ousirtasen III et la reine Sovknofriourî, avec laquelle la dynastie s'éteignit.

Elle dura deux cent treize ans, un mois et vingt-sept jours', et c'est de

toutes les familles qui dominèrent l'Egypte celle dont l'histoire offre le plus de certitude et le plus d'unité. Sans doute, nous sommes loin de soupçonner la plupart des grandes choses qu'elle accomplit : la biographie de ses huit souverains et le détail de leurs guerres incessantes nous sont connus fort incomplètement. Du moins peut-on suivre sans interruption le développement de leur politique au dehors et au dedans. Pas plus que leurs prédécesseurs de l'époque memphite, l'Asie ne les attira : ils semblent avoir éprouvé un

1. Strie de Lryde V t. datée de l'an XLIV d'Ousirtascn I" et de l'an 11 d'Amen cm hall II (Lmwa^s. Lettre à Françoit Salvolini, p. 34-3tl cl pi. IV, 3". puis Description rationnée dei monumtuU égyptiens du Mutée de l.eydc, p. ÎÇi; I.tpslus, Auticahl lirr wichtigtten Urkulidea, pi. X).

ï. l'roscyncmc d'Assouan, daté de l'an XXXV d' Amenemhàît II cl de l'An III d'Ousirtaseii II (Yoi'SG, Hieroglyphics, pi. I.X1 ; I.wsirs, AuKWahl der wiekligtten Urkunden, pi. X. et Denkm., II, Ii3 e).

3. K. uk ItoriGÉ, Lettre à M. Leentaiit, dans la It/vue Archéologique. 1™ série, t. VI, p. S"3 : il nous reste plusieurs roomiTQeots de leur double règne (I.fpsiis, Autwahl rier u-irlitigitra Urkunden, pi. X, el Denkm., 11. 141) J"), mais sans dote qui permette do déterminer le moment de l'Association .

4, C'est le total que le papyrus de Turin donne pour elle (Lepsii-s, Aumvaht der irirhtigiten Vrkunden, pi. VII. fra^ui. "*, I- 3)- Plusieurs égyptolouues ont pensé que Jlanéthon y avait compris les iiniii'es des ilimlilus récries et ont proposé de réduire la durée de la dynastie h 163 ans (BirtucK, Gcschirhle JF.gyplent, p. 114-1 1.1), à IBII (Liear.fcis, Recherche! êiir ta Chronologie Égyptienne, p. "fi-83), a 1 tfi (Eu. Mi:iu, Getchirhte des Alterthumi, t. I. p. 14i, et Cr'chkhte des altrn Mgypten; p. l't, note I). Le plus simple est d'inl mettre que le rédacteur du Papyrus ne s'est pas trompé; nous ne savons pas le temps qu'ont duré les règnes d'Ousirtascn 11, d'Ousirtascn III, d 'Amenemhàît III, el ce sont les années encore inconnues de ces princes qui complètent les deux cent treize ans.

!i. Dettin de Faueher-dudîtt. d'aprin la chromolithographie de I.epsii:*. Jlenkm., SI, ISS.

LES ASIATIQUES ES EGYPTE. 4fi9

certain effroi pour les races belliqueuses qui l'habitaient et n'avoir eu d'autre souci que de repousser leurs attaques. Amenemhâît P1' avait consolidé la ligne

de forteresses qui courait à travers l'isthme', et ses descendants l'entretinrent avec soin. Ils n'ambitionnaient point la domination directe sur les tribus du

désert, mais tant que les Maîtres des Sables consentaient à respecter la frontière, ils évitaient de s'immiscer dans leurs affaires intérieures1. Les rapports de commerce n'en étaient que plus fréquents et plus surs. Les riverains du Delta voyaient à chaque instant arriver dans leurs villes tantôt des individus

1. L'e\istence de ta ligne de forteresses à celle époque résullo du passage des Arruliirei de SilioukU où le héros décrit la frontière orientale du Délia (Papyrtti de Berlin n" /, I. 16-19).

î. Flous ne possédons jusqu'à présent de mentions d'une guerre contre tes Mailret det Salilei que «oui Ameneinhall 1" (dans la stèle C I du Louvre, cf. p. Mi, note 3, de celle HUtoire) et sous Ousirlasen I" (Slelc de MoMhntpou, I. Il), dans Mimi.n.:, Abydot, t. Il, pi. XX11I).

isolés ou des bandes entières qui, chassées de la terre natale par la misère ou par les révolutions, imploraient un asile à l'ombre du trône de Pharaon, tantôt des caravanes qui leur vendaient les denrées les plus rares de l'Orient ou du Nord lointains. Un tableau célèbre d'une des tombes de Béni-Hassan nous montre comment les choses se passaient à l'ordinaire. On ne sait quelle aventure entraîna trente-sept Asiatiques, hommes, femmes et enfants, à franchir la mer Rouge, puis le désert Arabique et les montagnes en l'an VI d'Ousirtasen II ' : ils tombèrent à l'improviste dans le nome de la Gazelle, où le surintendant des chasses Khîti les reçut et les conduisit, comme c'était son devoir, au prince Khnoumhotpou. Ils lui présentèrent du fard vert, de la poudre d'antimoine, deux bouquetins vivants, afin de se concilier sa bienveillance, et lui, pour éterniser la mémoire de leur visite, les consigna en peinture aux murailles de son tombeau. Ils ont, comme les Égyptiens, l'arc, la javeline, la hache, la massue, de longues robes ou des pagnes étroits bridant sur la hanche; tout en marchant, l'un d'eux joue d'un instrument qui rappelle par l'aspect les lyres du vieux style grec. La forme de leurs armes, l'éclat et le bon goût des étoffes frangées et bariolées dont ils sont vêtus, l'élégance de la plupart des objets qu'ils traînent avec eux, témoignent d'une civilisation avancée, égale à celle de l'Egypte. C'était déjà d'Asie que Pharaon tirait les esclaves, certains parfums, le bois et les essences du cèdre, les vases émaillés, les pierreries, le lapis-lazuli, les lainages brodés ou teints dont la Chaldée se réserva le monopole jusqu'au temps des Romains1. Les marchands du Delta bravaient les bêtes féroces et les voleurs embusqués au coin de chaque vallée pour exporter au delà de l'isthme les produits des manufactures nationales3, les toiles fines, les bijoux ciselés et cloisonnés, les poteries vernissées, les amulettes en pâte de verre ou en métal. Les gens à l'esprit hasardeux qui jugeaient la vie monotone aux bords du Nil, ceux qui avaient commis un crime ou qui se sentaient suspects au maître pour des raisons de politique, les conspirateurs, les transfuges, les bannis rencontraient bon accueil dans les tribus et gageaient parfois la faveur des shéîkhs : dès la XIIe dynastie, la Syrie méridionale, le pays des Maîtres des Sables, le royaume

1. Ce bas-relief Tut signalé et décrit pour la première fois par Champollion (Monuments de l'Egypte, pi. CCCLXÏ-CCCLXII), qui prit les immigrants pour des Grecs de l'époque archaïque (filtres écrites d'Egypte, p. 76-77, et Monuments, t. II, p. 410-414). D'autres voulurent y reconnaître l'arrivée en Egypte d'Abraham, des fils de Jacob, ou tout au moins d'une bande de Juifs, et cette hypothèse lui a valu l'honneur d'être souvent reproduit : Rosellixi, Monument i Slorici, pi. XXVIH-XXIX ; Lkpshjs, Denkm., Il, 131, 132, 133: Brigsch, Histoire d'Egypte, p. 63; Newberry, Béni llasan, t. I. pi. XXX-XXXI.

2. Cf. à ce propos le livre cTKrf.rs, JEgypten und die Diïcher Moues, p. 288 sqq.

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