‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient classiqueChapitre 230 sur 374 · Piraii, Tartis I, p. ti · texte numérisé non relu

Piraii, Tartis I, p. ti

t. Maiiette, Satire des principaux iitonumeitls, p. ÎG1, n" de ta Million de M. de Rougi, a- 113; Bair.s™, An der p. ltt-135; Petiis, Taniil, p. G.

3, Denin de Faui-her-Gudin, d'après une photographie d'Intinger. Outre la statue compl Musco de Gi/éh possède un torse de même jjrovo Mariée. J'ai cru reconnaître un portrait nouvcai même reine dans une belle statue en granit noir que le Musée de Marseille possède depuis ]( roencemenl de notre siècle (Hispeko, Catalogue du Musée égyptien de Marseille, a' G, p. S-fi).

dans le Khéphrèn, c'est encore l'homme qui domine en lui. Âmenemhâît 1er et ses successeurs semblent au contraire appartenir à une race plus haute : il y avait plus longtemps que Pharaon était dieu au moment où on les fit, et la nature divine avait presque éliminé chez lui la nature humaine. Volontairement ou non, les sculpteurs idéalisèrent son image et l'approchèrent à celles des divinités. La tête offre toujours un portrait ressemblant, mais adouci et parfois affadi. Non seulement les caractères de l'âge n'y prédominent point et les traits portent l'empreinte d'une jeunesse éternelle, mais les accidents de la physionomie, l'accentuation des sourcils, la saillie des pommettes, la projection de la lèvre inférieure et du menton, s'atténuent comme à plaisir, et disparaissent sous une expression uniforme de majesté tranquille. Un seul souverain, Âmenemhâît III, ne se résigna pas à subir cet effacement perpétuel, et se fit portraiturer tel qu'il était. Certes il a la figure ronde et pleine d'Amenemhâît ou d'Ousiriasen Ier, et l'air de famille est indéniable entre ses traits et ceux de ses ancêtres, mais on devine dès le premier coup d'oeil que l'artiste n'a rien fait pour flatter son modèle. Le front est bas, un peu fuyant, serré aux tempes, le nez vigoureux, arqué, large du bout, la bouche épaisse et dédaigneuse presse les lèvres et s'abaisse aux coins comme pour éviter le sourire familier au commun des statues égyptiennes, le menton lourd et charnu pointe en avant malgré le poids de la barbe postiche dont il est grevé; les yeux sont petits, étroits, clos de fortes paupières, les pommettes sont osseuses, proéminentes, les joues se creusent, les muscles qui cernent le nez et la bouche s'accusent puissamment. L'ensemble a quelque chose de si étrange qu'on s'est obstiné longtemps à regarder les œuvres qui présentent ce type comme les produits d'un art à demi égyptien seulement. Peut-être en effet les sphinx de Tanis sortaient-ils d'ateliers où l'enseignement et la pratique de la sculpture avaient déjà subi l'influence de quelque peuple asiatique : la crinière touffue qui s'épanouit autour de la face et les oreilles de lion qui s'en échappent ne se rencontrent que chez eux. Les statues purement humaines où l'on reconnaît la même physionomie n'ont aucune particularité de facture qu'on puisse attribuer à l'imitation d'un art étranger1. Si les maîtres anonymes auxquels nous les devons ont voulu réagir contre la

I. Les premiers monuments de ce type furent découverts en 1800 à Tanis, par Mariette, qui y crut reconnaître une influence étrangère, et les attribua aux rois Pasteurs, plus spécialement au dernier Apopi, dont les cartouches sont gravés sur l'épaule de plusieurs statues et de plusieurs sphinx (Mariette, Lettre à M. le Vicomte de Hougé sur les fouilles de Tanis, p. 8-15, et Notice des principaux Monuments, 1804, p. 233, n° il, et p. 204, n- 11-13). L'hypothèse adoptée généralement, malgré quelques cloutes soulevés par M. de Rougé dans une note qu'il ajouta à la lettre de Mariette, fut combat-

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technique un peu banale de leurs contemporains, ils n'allèrent rien chercher au dehors : les monuments de l'époque memphite leur fournirent tous les modèles qu'ils pouvaient souhaiter.

Bubastis n'eut pas moins à se louer que Tanis de la générosité des Pharaons thébains. Le temple de Bastît que Khéops et Khéphrèn avaient décoré existait encore' : Amenemhàit I"r, Ousirtasen l"r et leurs successeurs immédiats se bornèrent à y restaurer plusieurs chambres puis à ériger leurs statues1, mais Ousirtasen IH ajouta un édifice nouveau, qui devait le disputer aux plus beaux monuments de l'Egypte. II croyait sans doute avoir des obligations particulières à la déesse lionne de la cité et lui attribuait, on ne sait pour quel motif, quelques-uns de ses succès

en Nubie : c'est, semhle-t-il, avec le butin d'une campagne contre le pays de Houà qu'il dota une partie du sanctuaire nouveau'. On n'en retrouve plus guère que des fragments d'architraves et des colonnes on granit, remployés par les Pharaons qui le réparèrent ou l'agrandirent pins tard. Quelques-unes

lue par Maspcro {Caille du ïititeur an Nuire île limitai/, p. i\i-tV'., ri" 10T), qui allrihua ces ligure» il I mole locale de Ta ni» el déclara qu'elles appartenaient à l'uni- de» djnaslîes antérieures aux l'ns-

leura (Arrltfntogie Égyptienne, p. Ïlli-ÏIT). H. Golénischcfl" oui ré qu'elles représentent le Pharaon

Àinenenihalt III {Auieiiemha III el tel Sphhtf lie San, dans le limait de Travaux , I. XV, p. 131-13(1).

1. Sur le» restes des constructions de Khéops et de khepbrcn .1 Ituuasti». déroutcrla |«ir Hivillh, Itubailie, p. 3, 5*, III. et pi. VIII, XXXII tt-b, et. les page- 861. 871 de r:-1te Histoire.

î. Inscription d'Amencinhiill I", érigeant une de ses nia lui s tj ni mère lla-iii ri réparant une porte (NtviLLU, llubailii, p. 8 el pi. XXXIII a); reste* d'une proe.-ie.ri .!■■ Nil-, la première que l'on rennaise, et qui fut consacrée par Ousirtasen 1- (Nmili.e, ttubotti; f> K-1r cl pi XWIV, ft. r.)

3. Denin de Faucher -tiiidin. d'aprè* une photographe dt.milr U-»gtrh llrg , prit ru 18KI (cf. D.timLLi>ltunrf, Album photographique de ta mimiou de M, de Itougè. n™ Hn-lîi) l.e «phirix porte sur la poitrine le cartourhe d'un l'haraon lanite de la XXI* djnttlie, P.ioulhanoo

l- le fragment trouvé par «avilie (Itubaitit, p. 9-1 1 el pi. XXXIV, A) appartenait à une insr.iplion gravie sur un mur : les i;iierrUB que l'on commémorait dan* ur> temple étaient choisies toujours parmi celles dont le butin avait été consacré en loul ou en partie au bénéfice de la divinité locale.

des colonnes appartiennent au type lotiforme. Le fût en est composé de huit tiges triangulaires, qui jaillissent d'un bouquet de feuilles disposées symétriquement, et qui sont liées au sommet par un ruban tourné trois fois autour du faisceau ; le chapiteau résulte de la réunion des huit boutons que surmonte un dé carré où l'architrave s'appuie. D'autres colonnes se terminent en têtes d'Hàthor, opposées nuque à nuque et coiffées du bonnet bas, garni d'uraeus. La face, un peu plate quand on la considère de près, se relève et s'anime dès qu'on s'éloigne d'elle : la saillie en a été calculée pour produire son effet à hauteur convenable, lorsqu'on la regarde d'en bas1. Le pays situé entre Tanis et Bubaste était comme semé de monuments embellis ou édifiés par les Àmenemhâît et par les Ousirtasen : partout où la pioche frappe, à Fakous*, à Tell-Nebishéh3, les débris ressortent de terre, statues, stèles, tables d'offrandes, lambeaux de dédicaces et d'inscriptions historiques. Ces Pharaons travaillèrent dans le temple de Phtah, à Memphis4, et Héliopolis attira leur attention. Le temple de Râ ou ne suffisait plus aux besoins du culte ou n était plus en bon état. Ousirtasen III décida de le reprendre en sous-œuvre, l'an III de son règne5. Ce fut, semble-t-il, une fête pour l'Egypte entière et le souvenir s'en perpétua longtemps après l'événement : on recopiait encore à Thèbes, vers la fin de la XVIIIe dynastie, le récit passablement emphatique des cérémonies qui l'avaient signalée8. On y montrait le roi montant sur son trône, un jour de conseil, puis recevant selon l'usage l'éloge des amis uniques et des courtisans qui l'entouraient : « Voici, leur dit-il, que Ma Majesté prescrit des ouvrages qui rappelleront mes actions dignes et nobles à la postérité. Je fais un monument, j'établis des décrets durables en faveur d'Harmakhis, car il m'a mis au

1. Tous ces monuments ont été mis au jour par Navillc, et publiés dans Bubastis,p. 9-14 et pi. V,

vi, vu, ix, xxhm, xxiv b, xxxiii b-f% xxxiv b-e.

2. A Tell Qirqafah, porte en granit bâtie par Atncnemhàtt Ier, restaurée par Ousirtasen III ; à Tell Abou-Felous, une statuette en granit noir de la reine Sonit; à Dahdamoun, une table d'offrandes au nom d'Amencmhàit II (Maspero, Notes sur différents points de Grammaire et d'Histoire, § LXXV. dans la Zeitschrift, 1885, p. 11-13; Navillb, Goshen and the Shrine of Saft et-Henneh, p. 22 et pi. IX A-B). Toutes ces localités sont groupées dans un rayon assez restreint autour de Fakous.

3. Table d'offrandes au nom d'Araenemhâit II (Pétrie, Nebeshch, pi. IX, 1) ; statue assise d'Ousirtascn III (/</., pi. IX, 2 a-b, et p. 13).

4. Table d'offrandes au nom d'Amenemhàit III, découverte à Qorn el-Qalàah sur remplacement antique de Memphis (Mariette, Monuments Divers, pl. XXXIV f); bloc d'Ousirtasen II (Id., pi. XXVII a).

5. Le manuscrit sur cuir qui nous a conservé le récit de ces événements est conservé au Musée de Derlin. Il a été découvert et publié par L. Stern, Urkunde ûber den Bau des Sonnentcmpets zu On (dans la Zeitschrift, 1874, p. 85-90), qui crut y constater la présence simultanée d'Amencmhàit I*p et d'Ousirtascn Ier. En fait, Ousirtasen \vr est mentionné seul et préside seul aux cérémonies, ainsi qu'il en avait l'habitude (cf. p. 465-467 de cette Histoire), bien que la date de Tan III fasse tomber la reconstruction du temple pendant le temps où il partageait le pouvoir avec son père.

6. Le manuscrit porte un compte daté de l'an V d'Amenôthès IV (Stern, Urkunde, dans la Zeitschrift, 1874, p. 8ti). On lit dans un Papyrus de Berlin (Lepsiis, Den km., VI. 121 r, 1. 17-18) une formule mystique, gravée, disait-on, sur le mur du temple d'Ousirtasen Ier, à Héliopolis (Maspbro,AW<*« sur différents points de Grammaire et d'Histoire, § IX, dans la Zeitschrift, 1879, p. 83).

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