LES PHARAONS OE LA XII' DYNASTIE AU FAYOUM
gasinait on automne. Mille filets d'eau s'en détachaient, non seulement des canaux et des rigoles semblables à celles qu'on rencontre dans la vallée, mais de véritables ruisseaux vivants, murmurants, dévalant à grand train entre les arbres, étalés en nappes sur les pentes, et tombant par endroits en petites chutes comme les ruisseaux de nos contrées, mais appauvris en che-
min par des saignées fréquentes et le plus souvent absorbés par le sol avant d'arriver au lac : ils entraînent dans leur course une partie du terreau accumulé par les inondations, et contribuent ainsi à l'exhaussement des fonds. Le Itirkéh se gontle ou diminue selon les saisons'. M s'étendait autrefois plus loin qu'il ne fait maintenant, et la moitié des cantons qui l'avoisinent furent recouverts par ses flots. Ses rives septentrionales, solitaires et incultes aujourd'hui, participaient alors aux bienfaits de l'inondation et nourrissaient
t. Dcm'n de Fanclirr-Gudin. d'opret un* photographie du major Biwrn (cf. The Fayùm and l,ake Nœrii, pi. XV).
1. On trouvera la descriplion des bords du lac dans JomRD. Mémoire lur le lac Maru (dans la Description de t'Êgijptr, l. VI. p. IC*-104). et StlWlUTliTE, Jteite in dat DejirCttioifgebict, p. 31 a^q.
une population civilisée. On y rencontre encore sur bien des points les restes de villages et de murs en pierres sèches; même un petit temple a échappé à la ruine et persiste à peu près intact au milieu du désert, comme pour indiquer la limite extrême du territoire Égyptien. On n'y lit aucune inscription, mais la beauté des matériaux et la perfection du travail nous portent à en attribuer la construction à quelque prince de la XII* dynastie. Une chaussée antique mène de son parvis à l'endroit où le lac affleurait peut-être jadis1.
L'affaissement continu du niveau a laissé ce monument isolé sur la corniche du plateau libyque, et toute la vie s'est retirée de la région qu'il commande pour se concentrer sur les rives méridionales. Là, les rives sont basses et s'immergent par une dépression presque insensible. Les eaux découvrent en hiver de longues plages, durcies d'une croûte de sel très blanche, sous laquelle des abîmes de boue et des sables mouvants se dissimulent de loin en loin. Sitôt après l'inondation, elles regagnent en quelques jours tout le champ qu'elles avaient perdu : elles envahissent les buissons de tamarisques qui croissent sur les bords, et mettent autour de la province une ceinture de
1. Ce temple a été découvert ji.-ir Schv-einfurth on IHKt (cf. Ileise in dot Depretiionigebiel im Vinkrritr de* Fajums im Januar iSKS. eslrait <lc In '/.eitichrift fiir (letelUrhaft fur F.rdkunde ;u Berlin, 1XKI1, |>. 48 »qt|.) ; il a clé visité depuis lors par Kl. l'uni e, Trn Year* Digging in Egypl, p. 104-tuu, et par le Major Bnow., The Fayùm and Lakc Mari*, p. 5Î-M et pi. XIV-XYI.
t. Ileitin de lloudier. tfaprè* une photographie de Gotr~ni*cheff.