L'AGENCEMENT INTERIEUR DES PYRAMIDES SOUS LA XII* DYNASTIE
L'expérience avait appris aux Pharaons que ni les murs de granit, ni les herses doublées, ne garantissaient leurs momies contre les profanations : dès que les guerres civiles ou la faiblesse de l'administration relâchaient la surveillance, les voleurs entraient en campagne et, perçant à travers la maçonnerie de vraies galeries de taupes, se glissaient à force de patience jusqu'au caveau même pour dépouiller le mort de ses richesses. On multiplia les couloirs en cul-de-sac, les chambres sans issue visible, mais dont le plafond
déplacé livrait accès à d'autres salles et à d'autres corridors également mystérieux ; des puits forés dans les coins puis bouchés avec soin attiraient le sacrilège sur une piste fausse, et le menaient à la roche solide, après lui avoir fait perdre beaucoup de temps et de travail. Aujourd'hui l'eau du ÏNil emplit la cellule du centre et noie le sarcophage : je ne serais pas étonné que le cas eût été prévu, et qu'on n'eût compté sur les infiltrations comme sur un obstacle de plus qu'on opposait aux attaques du dehors1. La dureté du ciment qui soude la cuve au couvercle protège le cadavre contre l'humidité, et Pharaon brave encore sous plusieurs pieds d'eau la convoitise des voleurs ou des archéologues. La toute-puissance des rois tenait la féodalité en bride : elle ne l'avait
intin dr Boudin-, d'apr*» une photographie dhmile Brug'rhhnj priie en I8HA.
I faut remarquer en effet qu'à l'époque gréco-roin-iiin- i>« connaissait la présence de l'eau dans
rlain nombre de pyramides, et qu'on l'y croyait n«se* n*«ulièrc pour la supposer dans une de où elle n'avait jamais péiiétn-, la pynmids Ai- kii<.ir,« Hin Vote (11, cmrv) raconte, d'après
loignattc des drogmans qui le guidaient, qu'un canal souterrain apportait les e*nx du Nil juscaveau funéraire du Pharaon cl renfermait de lnuti> jurl. comme dans une Ile.
S22 LE PREMIER EMPIRE TllEBAlK.
point supprimée, et les familles seigneuriales continuaient non seulement à vivre, mais à prospérer grandement. Partout, à Êléphantine1, à Coptos1, à Thinîs*, dans Àphroditopolis', dans la plupart des cités du Said ou du
Delta, des princes siégeaient qui dérivaient leur origine des anciens barons ou même des Pharaons de l'époque Memphite, et qui le disputaient en noblesse aux membres de la famille régnante, s'ils ne l'emportaient pas sur eux. Les princes de Siout ne jouissaient plus d'une autorité égale à celle que leurs ancêtres avaient exercée sous les dynasties béracléopolitaines.mais il s conservaient une influence considérable : l'un d'eux, Hapizaoufi I", se creusa sous Ousirtasen 1'', non loin des hypogées de Khiti et de Tefabi, cet admirable tombeau qui, à moitié détruit par les moines coptes ou par les Arabes, attire encore les voyageurs et les remplit d'étonnement'. Les sîres de Shashotpou au sud1, ceux d'Hermopolis au nord avaient hérité en
I. On connaît a f.lcphantiiic Si ran pilou I" (cf. p. 493-494 do cette Histoire), sous Ousirtascn I" et sous AmcncmhAII II (Doi'HIakt, Us Tombeaux d'Assouâii, dans le Itecueii de Travail*, t. X,
î. C'est probablement n la principauté de Coptes qu'il convient de rattacher le Zaoutaqtr de deu» inscriptions relevées par Goluoscheff, Résultat* épigraphiquei d'une excursion au Ouady Hammamat, pi. Il, n" 4, pi. III, n" 3, cl traduites par Mjspf.so, Sur quelque/ iutrriplionê du temps d'Amenrmkiltt I" au Ouady Ilamnianial, p. 10 sqq.; cl\ p. 464 de celte Histoire.
3. l.c princi|ial des princes de Thinîs sont la XII' dynastie est l'Autour du la stèle C £6 du Louvre [0»tet, Stèles de ta XII- dynastie, pi. XIV-XXI1).