‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient classiqueChapitre 242 sur 374 · En termes moins concis · texte numérisé non relu

En termes moins concis

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ta main, la parole de ta bouche durera et ton commandement ne rencontrera point d'opposition. Nul des dieux ne transgressera ta loi, mais où l'on décorera un sanctuaire des dieux, la place où ils rendront leurs oracles sera ta place1. Mardouk, c'est toi notre vengeur! Nous te décernons la royauté; l'ensemble de tout ce qui existe, tu l'as, et partout sera exaltée ta parole. Tes armes ne pourront être détournées, elles frapperont ton ennemi : ô maître, qui se fie en toi épargne sa vie, mais le dieu qui fait le mal verse sa vie comme une eau. » Ils revêtirent leur champion d'un habit, puis ils s'adressèrent eux-mêmes à Mardouk : « Ta volonté, maître, sera celle des dieux. Un mot et dis : « Que ce soit! » ce sera. Ainsi, ouvre la bouche, ce 'vêtement disparaîtra ; dis-lui : « Reviens! » et le vêtement sera là. » 11 parla de sa bouche, le vêtement disparut; « Reviens! » lui dit-il, et le vêtement se reconstitua*. » Mardouk une fois convaincu par cet exemple qu'il avait le don de tout faire et de tout défaire à son gré, les dieux lui remirent le sceptre, le trône, la couronne, les insignes de la domination suprême et le saluèrent de leurs acclamations : « Sois roi ! — Va, tranche la vie de Tiâmat et que le vent emporte son sang aux extrémités cachées de l'univers3! » 11 s'équipa soigneusement pour la lutte. « Il fabriqua un arc, y apposa sa marque*; il fit apporter une haste, il y ajusta une pointe : le dieu souleva la lance, la brandit de la main droite, puis l'arc et le carquois, il les pendit à son côté. 11 plaça un éclair devant lui, se remplit le corps d'une flamme dévorante, puis il fabriqua un filet pour prendre la tumultueuse Tiàmat; il posta les quatre vents de façon qu'elle ne pût échapper, sud et nord, est et ouest, et de sa propre main leur apporta le filet, don de son père Anou. 11 créa la bourrasque, le vent mauvais, l'orage, la tempête, les quatre vents, les sept vents, la trombe, le vent sans second, puis il lança les vents qu'il avait créés, tous les sept, pour étourdir la tumultueuse Tiâmat, en chargeant derrière lui. Et le maître de la trombe leva haut sa grande arme, il monta sur son char, ouvrage sans pareil,

1. Le sens n'est pas certain. La phrase paraît vouloir dire que désormais Mardouk sera chez lui dans tous les temples que l'on construira pour les autres dieux.

2. Tablette IV, l. /-V6' ; cf. Sayce, The Âssyrian Story of the Création, dans les Records of the Past, 2°4 Ser., p. 136-137, et Jenskn, Die Kosmologie der Babylonier, p. 278-281.

3. Sayce a, le premier, je crois {The. Assyrian Story of the Création, dans les Hecords of the Past, 20- Sor., t. I, p. 141, note 2), rappelé à propos de cet ordre mystérieux le passage où Bérose raconte (Fr. Le.norma.nt, Essai de Commentaire des fragments cosmogonigues de Bérose, p. 9, 12) que les dieux créèrent les hommes d'un peu de limon pétri avec le sang du dieu Bèlos. Ici on semble craindre que le sang de Tiàmat, se mêlant à la boue, ne produise une poussée de monstres analogues à ceux que la déesse avait déjà façonnés; le sang, transporté au Nord, dans le domaine de la nuit, y perdra sa vertu créatrice, ou les monstres qui en naîtront demeureront étrangers au monde des dieux et des hommes.

4. Litt. : • il fit connaître son arme » ; peut-être vaudrait-il mieux comprendre : * et il fit connaître que Tare serait désormais son arme distinct! ve ».

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