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LES MAISONS, LE MOBILIER

Rouge — Doshirit, To Doshirou, — entre le Nil et la Mer : la pauvreté du pays les maintint toujours dans leur grossièreté native1. Les autres, descendus sur la Terre Noire, s'y policèrent progressivement.

Leurs maisons étaient, de môme que celles des fellahs d'aujourd'hui, des cahutes basses, en clayonnages enduits de terre battue ou en briques séchées au soleil.

Elles renfermaient une

chambre unique, oblongue ««omum niches vtius ■» ru» es p**u m hxtkUi*

ou carrée, sans ouverture

que la porte* : celles des plus riches étaient seules assez larges pour qu'on jugeât prudent d'en étayer le toit au moyen d'un ou plusieurs troncs d'arbre qui remplissaient l'office de colonnes'. Des vases en terre cuite tournés à la main", des nattes de jonc ou de paille tressée, deux pierres plates à broyer le grain*, quelques meubles en bois, escabeaux, chevets où appuyer la tête pendant la nuit7, en composaient tout le mobilier. Les hommes allaient à peu près nus, sauf les nobles, qui se paraient d'une peau de panthère, tantôt jetée sur les épaules*, tantôt serrée autour des reins et couvrant le bas-ventre, ainsi que plusieurs tableaux nous montrent plus tard les nègres du Haut-Nil ,

1. Le» Égyptiens, même des basses époques, n'avaient pas cependant oublié les lien» de commune origine >|ui le* rattachaient à ces trihus demeurée» à l'état barbare (Bair.si'H. Die t. geogr., \i. il"",),

t. XIX' dynastie; dettin de faurher-Gudin, d'aprtt Hosellim, Moimnienti itorici, pi. I.XXXV. Ce -ont des Nègres du Haut-Nil, prisonnier» de ftamscs II, à Ibsamhoul.

3. C'est ainsi que la représentent te» signes C"D, [ ] et leurs variantes, qui ont servi do toute antiquité à rendre, dan» l'écriture courante, l'idée de maison et d'habitation en général.

1. Les signes |YV |T| et leurs variantes montrent un kiosque étayé d'un tronc d'arbre fourchu.

".. On en a trouvé des fragments plus ou moins authentiques dans divers endroits de l'Egypte (Aiir.Ki.is, ludutlrie primitive en Egypte et en Syrie, p. **).

fi. Identiques à ('elles devant lesquelles les W\. u-.it. de j>rniri du musée de Ci?éh sont agenouillées (Mariette, Album photographique, pi. XX; X.isi>i:ttr), Guide du cititeur, p. iin. n" IIHi-1013).

"i. Uni, Sole tur les chetetë det aiirienx Èyyptirni et turlet affinité» ethnique* que mniiifetle leur emploi, dans les Etude» dédiée» à Leemaia, p. 3Ï-3I. Le rflle que le chevet Y joue comme délcrininatir des verbes exprimant l'idée de porter dans les textes de l'ancien empire, montre surabon dam ment la haute antiquité de son emploi (Xaspeio, Nota au jour le jour, § ifl, dans les Proceeding» de la Société d'Archéologie biblique, 1B«I-IS:'4. t. XIV, p. 3il-3*i|.

B. C'est la peau de panthère qu'on voit, entre autres, sur les épaules des prisonniers nègres à la XVIIf dynastie (Wilxissos, Maimert and Custoiut, f éd., t. 1, p. *59, n- (3 c, d); elle est de rigueur pour certains ordres de prêtres ou de personnages accomplissant des fonctions sacerdotales d'un ordre déterminé (Statues A GO, 6G. lt. 7fi du Louvre, E. ni KoircÉ, Kolice tomntnire de* Monument» de la Galerie égyptienne, 187*. p. 44, 36, 38, 311; Lepsus. Deuhn., Il, 18, 1D, Si, il, 30, 31 b, 3i. etc.; cf. WiLiiiisw, Manner» and Cuitomt, t' éd., t. I, p. 181-184 ; Enii, Mgypten, p. i8fi] Le enstume sacerdotal est ici, comme dans beaucoup d'autres cas, le costume passé de mode du chef de famille ou du noble en cérémonie. \.r« indhiilu* i[ui piisséilaieul nérrilil.iii-L'iiicnl. nu qui iraient obtenu le

la queue de l'animal leur trainait sur les talons*. Je pense bien qu'au début ils s'enduisaient tous les membres de graisse ou d'huile1 et qu'ils se tatouaient, au moins en partie, la face et le corps, mais la pratique ne s'en conserva que dans les classes inférieures3. En revanche, on ne cessa jamais de se farder. Pour que la toilette du visage fût complète, il fallait qu'un trait de poudre d'antimoine accentuât l'arc des sourcils, cernât en noir le tour des veux et se prolongeât en s'évasant légèrement jusqu'au milieu de la tempe; une couche de couleur verte empâtait le dessous de la paupière inférieure*, de l'ocre et du carmin avivaient le ton des joues et des lèvres5. La chevelure nattée, bouclée, huilée, feutrée de graisse, formait un édifice aussi compliqué chez l'homme que chez la femme. Était-elle trop courte? on lui substituait une perruque noire ou bleue dressée avec beaucoup d'habileté* : des plumes d'autruche se balançaient sur la tête des guerriers7, et une grosse tresse, plaquée derrière l'oreille droite, distinguait les chefs militaires ou religieux de leurs subordonnés*. Quand l'art de tisser se fut répandu, la ceinture et le pagne en

droit de revêtir à l'occasion la peau de panthère, recevaient sous l'ancien empire le titre de Olrou bousil, « grande de la fourrure » (Mariette, les Mastabas, p. 252, 253, 254, 275, etc.).

1. Wilki.nson, Manners and Customs, 2* éd., t. I, p. 259, n° 84, 9-13, et p. 272, n° 88.

2. Les fellahs de la Haute-Egypte et les Nubiens se Trottent encore aujourd'hui le corps de l'huile qu'ils extraient du ricin commun : elle les préserve contre les moustiques et empêche leur peau de se gercer au soleil. L'huile de ricin est l'huile de kiki, dont parle Hérodote (II, xciv). Elle s'appelait saqnounou, en transcription grecque psagdas avec l'article masculin p de l'égyptien ; la forme simple, sans article, Xotyfia; se rencontre chez Hésychius.

3. Champoi.lio.n, Monuments, t. I, pi. CCCLXXX1 bis, A; Rosellini, Monumenti ciuili, pi. XLI, texte, t. II, p. 21-22, où l'on voit des femmes tatouées au sein. Encore sur la plupart des bas-reliefs des temples de Philae et d'Ombos, les déesses et les reines ont le sein tailladé de longues incisions qui, partant de la circonférence, se rejoignent à la base du mamelon comme en un centre. Les cartonnages d'Akhmim montrent qu'à l'époque des Sévères, le tatouage était aussi commun qu'il l'est aujourd'hui chez la petite bourgeoisie de province et chez les fellahs (Maspero, Études de Mythologie et d'Archéologie égyptiennes, t. I, p. 218; cf. Bulletin de l'Institut égyptien, 2* sér., t. VI, p. 89).

4. Le vert (ouùztt) et la poudre noire de charbon végétal ou d'antimoine (maszimil) comptent parmi les offrandes indispensables au mort; mais, dès le temps des Pyramides, le vert semble avoir été chez les vivants une affectation d'archaïsme, et on ne le rencontre que sur un petit nombre de monuments, tels que les statues de Sapi au Louvre (E. de Rougé, Notice sommaire, p. 50, A, 36, 37, 28) et la stèle de Hathdrnofirhotpou à Gizéh (Maspero, Guide du visiteur, p. 212-213, noa 991 et 1000). L'usage du kohol noir passait dès lors, comme aujourd'hui, pour guérir ou même pour prévenir les ophtalmies, et l'œil fardé ^^ s'appelait ouzaît, le bien portant, nom qui s'applique couramment aux yeux du ciel, le soleil et la lune (Maspero, Notes au jour le jour, § 25, dans les Proceedings de la Société d'Archéologie biblique, 1891-1892, t. XIV, p. 313-316).

5. Les deux momies de Honittooui et de Nsitanibashrou (Maspero, les Momies royales de Détr el- Hahari, dans les Mémoires de la Mission française, t. I, p. 577, 579) avaient été peignées et leur visage fardé au moment de l'ensevelissement : les fards de couleur diverse qu'elles portent encore en couche épaisse se composent d 'ocre, de brique pilée ou de carmin incorporés à une graisse animale

6. Les perruques figurent, dès la haute antiquité, dans les listes d'offrandes; l'usage en est commun chez beaucoup des peuples sauvages de l'Afrique contemporaine. La perruque bleue a été découverte chez quelques-unes des tribus qui dépendent de l'Abyssinie, et des spécimens en ont été rapportés à Paris par Jules Borelli; on peut les étudier au Musée d'Ethnographie du Trocadéro.

7. On les voit sur la tête du petit signe |L££i f^* jsA&, qui représente les fantassins dans récriture courante; plus tard, elles ne furent plus conservées que parles mercenaires d'origine libyenne.

8. A l'époque historique, les enfants seuls portent communément la tresse : chez les hommes faits elle demeure la marque des princes de famille royale ou l'indice de certaines hautes fonctions sacerdotales (WiLkiNsoN, Manners and Customs, 2e éd., t. I, p. 162, 163, 182).

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