Haupt, Dos Babylonitche Nimrodepos, p
o. Smith, le premier à ma connaissance, a comparé sa figure à celle des satyres ou des faunes (The Chaldœan Account of Gencsis, p. 196); ce rapprochement présente d'autant plus de vraisemblance qu'aujourd'hui encore les habitants de la Chaldée croient à l'existence de monstres semblables (Rich, Voyage aux ruines de Babylonc, trad. Raymond, p. 75-76, 79, 210). A. Jeremias (Die Babylonisch-Asêyriêchen Vorstellungen vom Leben nach de m Todey p. 83, note 4) place Êabani à côté de Priape, qui est généralement un dieu des champs et un devin habile. Dans un ordre d'idées analogues, on peut rapprocher notre Éabani du Protée gréco-romain, qu'il faut pourchasser et prendre par la force ou par la ruse pour lui arracher des oracles, et qui paît les troupeaux de la mer.
LA SÉDUCTION D'ÉABAHI. 577
Satdou, le veneur, afin d'étudier les habitudes du monstre et de rechercher les moyens qu'il conviendrait employer pour le décider à descendre pacifiquement dans Ourouk. « Saîdou, le veneur, marcha au devant d'Eabani vers l'entrée de l'abreuvoir. Un jour, deux jours, trois jours, Êabani le rencontra vers l'entrée de l'abreuvoir, Saîdou, il l'aperçut et sa face s'assombrit; il entra dans l'enceinte, il s'affligea, il gémit, il cria bien haut, son cœur se serra, sa face se décomposa, les sanglots lui brisèrent la poitrine. Le veneur vit de loin que sa face s'enflammait de colère1 •, et, jugeant plus prudent
de ne point pousser l'épreuve, revint faire part à son dieu de ce qu'il avait observé. « J'ai eu peur, dit-il en terminant son discours, et je ne l'ai pas abordé. Il a comblé ia fosse que j'avais creusée pour le prendre, il a rompu les lacs que j'avais tendus, il a délivré de mes mains le bétail et les animaux des champs, il ne m'a point laissé battre la plaine3. » Shamash pensa qu'où l'homme le plus robuste échouerait par la force, une femme réussirait peut-être par la volupté : il ordonna à Saîdou de courir vers Ourouk et d'y choisir la plus belle parmi les prêtresses d'Ishtar*. Le veneur se présenta devant Gilgamès, lui conta l'aventure et lui demanda l'autorisation d'emmener l'une des courtisanes sacrées. « Va, mon veneur, prends l'hiérodule,
1. Hun, Bat Babyloniirlie Kaurodepot, p. 9, l. 4Î-50. Le commencement de chaque ligne est détruit, el la traduction de l'ensemble ne peut être donnée que par ù-peu-près,
î. Be»in de Faucher-Gudiu, d'aprei une inlaittr ehaldéenne du Mutée de la Haye (Menait, Catalogue de» cylindre» orientaux du Cabinet royal de» IHétlailles. pi. I, n* I, et fteeherehei mr ta Glyptique orientale, t. I, pi. Il, n" 3; cl\ Lutin, Introduction A l'élude du rutte publie et de* ilutfi-rei de Mit/ira en Orient el en Occident, pi. XXVII. 9). L'original mesure ftmran "-.»« de hauteur.