HaïIT, Bai Babylonischc Nimrode/ioi. p. 9, I. 8-lî
4. Les prêtresses d'ishtar étaient rie jeunes et belles femmes qui ciumarrairnl leur rorps au service de la déesse cl au plaisir des dévols qui visitaient son temple. Elles partaient, outre le titre général de qadithtou, hiérodule, des noms divers, kiiirtti, euhâti, harint/lti (\ Jmmm. hdubar-Nimrod, p. 59 sqq.); l'hiérodule qui accompagne Saîdou dans son entreprise e»! «ne ouftor
RISI. ANC. iib l'uiiexi. — T. i. "3
578 LA CHALDËE PRIMITIVE.
Quand les bêtes viendront à l'abreuvoir, qu'elle arrache son vêtement et dévoile sa beauté : lui la verra, il s'approchera d'elle, et ses bêtes, qui font troupe autour de lui, se disperseront1. » Le veneur alla, il emmena l'hiérodule avec lui, il prit la droite route ; le troisième jour, ils arrivèrent à la plaine fatale. Le veneur et l'hiérodule s'assirent pour reposer; un jour, deux jours, ils s'assirent à l'entrée de l'abreuvoir dont Ëabani buvait l'eau avec les animaux, où il s'ébattait avec les bêtes de l'eau*.
« Lorsqu'Éabani survint, lui qui habite dans les montagnes, et qu'il se mit à paître les herbes avec les gazelles, qu'il but avec les animaux, qu'il s'ébattit avec les bêtes de l'eau, l'hiérodule vit le satyre. » Elle s'effraya et rougit, mais le veneur la rappela à son devoir. « C'est lui, hiérodule. Dénoue ta ceinture, ouvre ton sein pour qu'il s'éprenne de ta beauté; n'aie pas honte, mais dérobe-lui son âme. Il t'aperçoit, il s'élance vers toi, pose ton vêtement; il se rue sur toi, accueille-le avec tout l'art des femmes; ses bêtes se disperseront qui sont en troupe autour de lui, et il te pressera contre sa poitrine. » L'hiérodule dénoua sa ceinture, ouvrit son sein, défit sa jupe; elle n'eut pas honte et déroba l'âme d'Ëabani. Elle dépouilla son vêtement et il se rua sur elle; elle l'accueillit avec tout l'art des femmes et il la pressa contre sa poitrine. Six jours et sept nuits, Ëabani se tint près de l'hiérodule, sa bien-aimée. Quand il se fut rassasié de plaisir, il tourna la face vers son bétail, et il vit que les gazelles s'étaient détournées, et que les bêtes des champs s'étaient enfuies loin de lui. Ëabani s'effraya, il tomba en pâmoison, ses genoux se raidirent, parce que son bétail avait fui. Tandis qu'il était là comme mort, il entendit la voix de l'hiérodule; il reprit ses sens, il revint à lui plein d'amour, il s'assit aux pieds de l'hiérodule, il regarda l'hiérodule au visage, et, tandis que l'hiérodule parlait, ses oreilles entendirent. Car c'est à lui que l'hiérodule parlait, lui Ëabani : « Toi qui es superbe, Ëabani, comme un dieu, pourquoi habites-tu parmi les bêtes des champs? Viens, je t'amènerai vers Ourouk la bien gardée, vers la maison radieuse, la demeure d'Ànou et d'ishtar, aux lieux où se tient Gilgamès dont la vigueur est suprême, et qui, tel un unis, surpasse les héros en vigueur. » Tandis qu'elle lui parle ainsi, il épie ses paroles, lui le sage en son cœur, il pressent un
1. Autant qu'on peut en juger à travers les lacunes qui interrompent le récit, le pouvoir qu'Kabani exerce sur les animaux des champs est lié intimement à sa continence. Du jour qu'il cesse d'être chaste, les bétes le fuient comme elles feraient un simple mortel; il n'a plus alors d'autre ressource que de quitter la solitude et d'aller vivre dans les villes, auprès des hommes. C'est ce qui explique le moyen que Shamash emploie contre lui : cf. dans les Mille et Une Nuits l'histoire de Shehabeddin.
2. Haupt, Das Rabylonitchc Nimrodepos, p. 10, 1. 40, p. 11, 1. 1.