LA RECHERCHE DE L'ARBRE DE VIE, LES HOMMES SCORPIONS
et le rendît un objet d'horreur pour ses admirateurs de la veille. Une existence de douleur, puis une mort affreuse, celui-là seul y échappait qui avait le courage d'aller chercher aux limites du monde la source de Jouvence et l'arbre de vie qu'on y disait cachés1; mais la route était âpre, inconnue, semée de périls, et nul n'était jamais revenu de ceux qui avaient osé s'y engager. Gilgamès, résolu à braver tout plutôt que de se résigner à son destin, propose cette nouvelle aventure à son fidèle fia ban i, et celui-ci consent à l'accompagner, malgré de funèbres pressentiments. En chemin ils tuent encore un tigre ; mais Ëabani est frappé mortellement dans un combat qu'ils livrent aux environs de Nipour, et rend l'âme après une agonie de douze jours. * Gilgamès pleura sur Ëabani son ami, amèrement, vautré sur la terre nue. n La peur égoïste de la mort le disputait en son âme au regret d'avoir perdu un compagnon ai cher, éprouvé dans LES mntMamnwa m aimK „ wlmm, tant de rencontres. « Moi,
je ne veux pas mourir comme Ëabani : la douleur a pénétré mon cœur, l'effroi du trépas m'a envahi et je me suis jeté à terre. Mais j'irai à pas rapides vers le fort Shamashnapishtîm, fils d'Oubaratoutous, » pour apprendre de lui comment on devient immortel. Il quitte les plaines de l'Euphrate, il s'enfonce hardiment dans le désert, il s'égare tout un jour au milieu de solitudes affreuses. « J'atteignis à la nuit un ravin de la montagne, j'aperçus des lions et je tremblai, mais je levai ma tète vers le dieu Lune et je priai : ma supplication monta jusqu'au père des dieux, et il étendit sur moi sa protection*. » Un songe descendu d'en haut lui révèle la route qu'il doit suivre. La hache et le poignard aux mains, il gagne l'entrée d'un passage ténébreux
I. S.ircesdeui conceptions de l'Arbre de vie cl de la fontaine de Jouvence cliei les Babyloniens, cf. A. J [sinus, Oie Habyloniich-AiiyrÎBchen Yontcltungen mm Leticu nach dem Tmle, ]>, N9-W3; la Chaldéc est certainement an île pniiils d'm'i (.'Iles se snnt répandues sur le monde.
i. Dénia de Faucher-Gudin, d'après une inlaitle aiiyrienne |l.*usn, Introduction à t'élude du Culte public et det Mytterei de Mitltra en Orient et en Onidrnt, pi. XXVIII, 11), Plusieurs autres représentations du même sujet dans Menant, Hecherchei êur la lliyplii/ue orientait, t. 1, p. OT-UB.