‹ Histoire ancienne des peuples de l'Orient classiqueChapitre 273 sur 374 · LE RETOUR DE GILGAMÈS À OUROUK LA BIEN GARDÉE · texte numérisé non relu

LE RETOUR DE GILGAMÈS À OUROUK LA BIEN GARDÉE

couvert d'ulcères, les croûtes lépreuses ont perdu l'agrément de son corps. Prends-le, Arad-Ëa, mène-le à la place de purification, qu'il lave ses ulcères dans l'eau nets comme neige, qu'il se débarrasse de ses croûtes et que la mer les emporte, tant qu'enfin son corps apparaisse sain. 11 changera alors la bandelette qui ceint sa tête, et le pagne qui cache sa nudité; jusqu'à ce qu'il retourne en son pays, jusqu'à ce qu'il soit au bout de son chemin, qu'il ne dépouille point le pagne frippé, là seulement il en aura toujours un propre. » Alors Arad-Éa le prit, le mena à la place de purification; il lava ses ulcères dans l'eau nets comme neige, il se débarrassa de ses croûtes et la mer les emporta, tant qu'enfin son corps apparut sain. 11 changea la bandelette qui ceignait sa tête, le pagne qui cachait sa nudité : jusqu'à ce qu'il fût au bout de son chemin, il ne devait pas dépouiller le pagne fripé, là seulement il devait en avoir un propre1. » La guérison opérée, Gilgamès remonte sur la barque et revient à l'endroit où Shamashnapishtim l'attendait.

Celui-ci ne voulut pas renvoyer son petit-fils au pays des vivants sans lui octroyer un cadeau princier. « Sa femme lui parla, à lui Shamashnapishtim, l'habitant des terres lointaines : « Gilgamès est venu, il est consolé, il est « guéri; que lui donneras-tu maintenant qu'il va rentrer dans son pays? » 11 prit les rames, Gilgamès, il amena la barque proche la rive, et Shamashnapishtim lui parla, à Gilgamès : « Gilgamès, tu t'en vas d'ici consolé, que te donnerai-je « maintenant que tu vas rentrer dans ton pays? Je vais, Gilgamès, te révéler « un secret, et le décret des dieux je vais te le dire. 11 existe une plante sem- « blable à l'aubépine par la fleur et dont les aiguilles piquent comme la vipère. « Si ta main peut saisir cette plante sans être déchirée, brises-en un rameau et « emporte-le avec toi : il t'assure une jeunesse éternelle*. » Gilgamès cueille le rameau, et dans sa joie il combine avec Arad-Éa des projets d'avenir : « Arad- Éa, cette plante est la plante du renouveau par laquelle un homme obtient la vie; je l'emporterai dans Ourouk la bien-gardée, j'en cultiverai un buisson, j'en couperai, et son nom sera le vieillard se rajeunit par elle ; j'en mangerai et je reviendrai à la vigueur de ma jeunesse3. » Il comptait sans les dieux, dont l'âme jalouse ne peut souffrir que les hommes participent à leurs privilèges. Le premier endroit où il débarque, « il aperçoit un puits d'eau fraîche,

1. Haupt, Dos Babylonltche yimrodcpos, p. 145-146, 1. 249-271. Cf. dans le Lévitique (XIII, 6, XIV, 8, 10) la recommandation faite au malade guéri de changer ses vieux habits contre du linge frais : la législation relative à la lèpre était probablement commune à tout le monde oriental.

2. Haupt, Das Babylonische Nimrodepos, p. 146-1 47, 1. 274-286. La fin du discours est trop mutilée pour supporter la traduction : j'ai dû me borner à en résumer le sens probable en quelques mots.

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